L’urine humaine, un nouvel engrais prometteur ?

L’urine humaine pourrait bien devenir un nouvel engrais, moins polluant pour l’environnement que les engrais de synthèse.

L’urine, une alternative écologique

Les engrais chimiques polluent l’environnement lorsqu’ils sont utilisés de façon excessive. Des chercheurs ont donc étudié le sujet et trouvé une solution alternative plutôt insolite. En effet, l’urine humaine pourrait être un engrais très efficace pour les plantes, et beaucoup moins polluant.

Le chercheur Fabien Esculier, ingénieur et coordinateur du programme de recherche OCAPI en France explique que « les plantes ont besoin de nutriments, de l’azote, du phosphore et du potassium ». Or, nous ingérons ces nutriments dans notre alimentation, que nous expulsons ensuite par l’urine. Par ailleurs, pendant longtemps les excréments des villes servaient d’engrais aux champs agricoles.

Mais pour arriver à utiliser l’urine comme engrais, il faudrait déjà être en mesure de la récolter. Or, nos modèles de toilettes actuels ne le permettent pas, puisque nous urinons dans l’eau. Des toilettes à séparation d’urines ont déjà été testées dans les années 90 dans plusieurs pays. Mais sans grand succès, en raison de leur inesthétisme, leur manque de praticité ou encore les mauvaises odeurs liées au système. Cependant, la société suisse Laufen et l’institut Eawag ont mis au point un nouveau modèle en prenant compte des précédents freins.

« Introduire des innovations écologiques prend du temps, en particulier une innovation radicale comme la séparation des urines », analyse Tove Larsen, chercheuse à Eawag. Mais, « on commence à comprendre à quel point l’eau est précieuse. Il devient inadmissible de faire ses besoins dedans » indique Marine Legrand, membre du réseau Ocapi.

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Autre question fondamentale, les consommateurs accepteront-ils de manger des aliments fertilisés à base d’urine ? D’après une étude, certains pays sont plus réfractaires que d’autres. Ainsi, la Chine, la France ou l’Ouganda sont favorables à cette pratique. Tandis que le Portugal ou encore la Jordanie sont réticents.

Par ailleurs, récolter l’urine n’est pas le seul problème. Ensuite faut-il la transporter dans les champs, ce qui a un certain coût. Mais il existe différentes solutions pour simplifier le transport. Comme réduire son volume en la concentrant et la déshydratant. L’Organisation mondiale de la santé recommande également de la laisser reposer avant de l’utiliser. Cela permet d’éviter la contamination de maladie, même si l’urine en contient très peu. Il est également possible de la pasteuriser, pour éviter tout risque.

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