Facebook accusé d’avoir bloqué du contenu gouvernemental pour faire pression sur le Parlement australien

Le groupe Meta est accusé d’avoir supprimé des pages d’informations en février 2021, afin de faire pression sur le gouvernement australien. 

Le mécontentement de Meta face à une loi en Australie

« Facebook a non seulement menti au grand public, mais aussi à ses employés », accuse la présidente de Whistleblower Aid. L’organisation de lanceurs d’alerte et le Wall Street Journal ont accusé ce jeudi 5 mai la compagnie Meta concernant sa censure de 2021, d’avoir opéré une manipulation politique en Australie. Dans le cadre d’un blocage des contenus journalistiques sur Facebook, la plateforme avait en effet supprimé des pages d’informations gouvernementales. Même si elle s’était défendue d’un geste « involontaire », ce n’est pas l’avis des lanceurs d’alertes qui y voient une manipulation politique contre la loi de régulation australienne. Le pays voulait alors mettre en place un système de rémunération systématique des médias par les plateformes numériques. 

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C’est au 17 février 2021 que la plateforme Facebook a annoncé retirer les pages générant du contenu journalistique. Il s’agissait d’une réaction à cette loi, votée la veille par le gouvernement australien. Elle visait à réguler « dynamique de pouvoir inégale entre les médias d’information et les plateformes digitales ». En protestation, le groupe Meta avait annoncé dans un communiqué la décision radicale de supprimer les pages publiant du contenu journalistique. Or, dans un excès de zèle, l’algorithme avait radié les comptes présentant 60% d’information. Ce qui comprenait les comptes gouvernementaux et d’information sanitaire notamment. De la page Facebook des Urgences à celle du Conseil pour sans-abris, une quantité de contenu officiel s’est retrouvé banni de la plateforme. 

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Un processus intentionnel 

Le problème, alors qualifié « [d’]involontaire » par la compagnie, s’est généralisé à tous les utilisateurs qui n’avaient plus accès aux comptes gouvernementaux. La situation a contraint l’Australie à aménager la loi à la suite de quoi la plateforme a immédiatement levé son bannissement. « Nous sommes heureux d’annoncer avoir réussi à convenir d’un arrangement avec le gouvernement australien », annonçait un communiqué. Pourtant, selon les lanceurs d’alerte et le Wall Street Journal, rien dans cette situation n’était fortuit. Libby Liu, présidente de Whistleblower Aid, a averti que Facebook détenait un pouvoir « considérable » sur l’information. Elle considère en effet que ces problèmes « avaient été créés par Facebook eux-mêmes ».

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Elle dénonce un algorithme « brutal » qui aurait généré ces blocages, mais aussi l’implication d’un comité chargé d’empêcher que les employés de Meta ne puissent les résoudre. Au cours de leur enquête les lanceurs d’alerte ont également obtenu des documents internes de la compagnie. Ils attestent notamment d’un échange entre Mark Zuckerberg et le responsable des partenariats médiatiques, Campbell Brown. Ce dernier évoquait le succès d’une opération qui les aurait mené « exactement là où [ils] le souhait[aient] ». Toutefois, malgré une accumulation de documents et de témoignages d’anciens salariés, Meta réfute. « Nous avons été dans l’incapacité de [régler le problème] en raison d’une erreur technique. Nous avons présenté nos excuses et avons fait le nécessaire pour le corriger. Toute affirmation qui suggère le contraire est, de toute évidence, fausse. » avait déclaré la compagnie dans un communiqué.