Japon : la pilule abortive autorisée uniquement avec l’accord du partenaire

Le Japon va autoriser la pilule abortive. Cependant, les femmes enceintes ne pourront l’utiliser qu’avec l’accord de leur partenaire.

L’accord du conjoint nécessaire à l’IVG

Le Japon va finalement autoriser la pilule abortive qui permet d’interrompre un début de grossesse de façon chimique. Cependant, pour l’utiliser, les femmes enceintes devront avoir l’accord de leur partenaire. En effet, le Japon fait partie des onze pays au monde où l’avortement chirurgical est soumis à l’accord d’un tiers.

Une pratique pointée du doigt par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a demandé plusieurs fois au Japon de cesser cette pratique. Des associations militantes somment le gouvernement d’arrêter de bafouer le droit des femmes. « Le ‘consentement du conjoint’ devient un problème lorsqu’il y a un désaccord avec ce dernier. Ou que le conjoint oblige la femme à donner naissance contre son gré », a indiqué Kumi Tsukahara, membre fondatrice de l’association Action for Safe Abortion Japan. Avant d’ajouter : « Être forcée à poursuivre une grossesse non désirée est une violence et une forme de torture. »

La France a adopté la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), dite loi Veil, en 1975. Quant à la pilule abortive, cette dernière est disponible depuis 1982.

La pilule abortive coûte 730 euros

Cette violence faite aux femmes est fortement dénoncée par le parti de l’opposition. « Les femmes ne sont pas la propriété des hommes » a déclaré Mizuho Fukushima, députée de l’opposition, et membre du Parti social-démocrate. « Leurs droits doivent être protégés. Pourquoi une femme devrait-elle avoir besoin de l’approbation de son partenaire ? C’est de son corps qu’il s’agit. »

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Mais en plus de contraindre les femmes à l’accord de leur partenaire, la pilule abortive risque d’être difficile à obtenir. En effet, l’assurance maladie ne remboursera pas l’IVG médicamenteuse. De plus, le médicament coûtera 100 000 yens, soit l’équivalent de 730 euros. Une somme conséquente que de nombreuses femmes ne pourront pas se permettre.

« Pour certaines femmes, l’avortement est impossible pour des raisons financières » a analysé Chiaki Shirai, professeur de sciences sociales à l’Université de Shizuoka. « La contraception, l’avortement, la grossesse et l’accouchement devraient tous être financés par l’État. »

Résultat, certaines femmes devront malgré tout mener à terme des grossesses non désirées. Une obligation qui pousse certaines femmes à commettre le pire. En effet, au Japon, une jeune femme de 21 ans a été condamnée à une peine de prison, après avoir abandonné son bébé dans un parc.

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