La Russie simule des tirs de missiles à capacité nucléaire

La Russie a annoncé avoir simulé des lancements de missiles à capacité nucléaire. Quelle portée pour ces missiles ? Doit-on s’en inquiéter ?

L’exercice militaire de la Russie

Le mercredi 4 mai, soit 70 jours après le début de l’invasion en Ukraine, la Russie a annoncé que son armée a simulé des tirs de missiles à capacité nucléaire. Les essaies ont eu lieu dans l’enclave russe de Kalingrad, dans la mer Baltique, proche de la Pologne et de la Lituanie.

Il s’agit de lancements électroniques de systèmes de missiles balistiques mobiles Iskander à capacité nucléaire selon le ministère russe. Concrètement aucun missile n’a quitté le sol. Il s’agit plutôt de lancements fictifs à distance, pour tester leur capacité de ciblage. Ils ont donc visé des aérodromes, équipements militaires ou encore des postes de commandement d’un ennemi fictif afin de déterminer leur précision. Ces missiles sont mobiles puisqu’ils sont placés sur des camions.

En termes de capacité de frappe, l’Iskander mesurant plus de sept mètres de haut, cela représente une petite bombe nucléaire. Une fois tiré, il monte dans le ciel puis redescend s’écraser sur la cible prédéfinie. « Ces missiles peuvent être réglés pour tirer jusqu’à Paris, c’est justement pour ça que Vladimir Poutine les a installés au plus près », précise Vincent Desportes, professeur de stratégie à HEC et Sciences Po.

Et en plus de ces essais fictifs, la Russie a procédé à des entrainements militaires. En effet, une centaine de soldats russes a simulé un changement de position en urgence pour éviter « une éventuelle frappe en représailles », d’après le ministère de la Défense. Par ailleurs, l’armée a testé sa capacité de résistance. Et ce grâce à des « opérations dans des conditions de radiation et de contamination chimique ».

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Vladimir Poutine compte-t-il utiliser les armes nucléaires ?

C’est la question qui fait frémir l’Europe depuis le début de la guerre en Ukraine. Vladimir Poutine ayant clairement indiqué que des représailles « rapides comme l’éclair » auraient lieu si l’Occident intervenait dans le conflit. Jusqu’ici l’Europe se contente de fournir l’Ukraine en arme pour se défendre. Parallèlement, la télévision russe semble préparer la population à l’utilisation des armes nucléaires. Pour rendre cette idée acceptable aux russes.

« Depuis deux semaines, nous entendons à la télévision que les silos nucléaires devraient être ouverts », a indiqué Dimitri Muratov, rédacteur en chef d’un journal russe.

« L’avion de l’apocalypse » a même survolé Moscou le 4 mai dernier.

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