Partygate : des sanctions historiques pour Boris Johnson

À l’issue de l’enquête menée par la Police nationale britannique, le chef de l’État et le chancelier ont reçu des amendes pour avoir enfreint les règles sanitaires pendant le confinement. 

Des amendes pour non respect des mesures sanitaires

« C’est la première fois dans l’histoire de notre pays que le premier ministre commet une transgression de la loi. Et qu’il ment à plusieurs reprises à ce sujet. » a déclaré à la BBC Sir Keir Starmer, chef du parti travailliste et opposant à Boris Johnson. Mardi 12 avril, la Police nationale britannique a envoyé une amende au Premier ministre à l’issue du « Partygate » qui a causé scandale plus tôt dans l’année. Sa femme Carrie Johnson et le Chancelier de l’Échiquier (ministre des Finances) Rishi Sunak ont également été condamnés. De telles sanctions sont inédites pour un Premier ministre en exercice, et entachent encore un peu la réputation de Boris Johnson vis-à-vis des Britanniques.

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C’est fin janvier 2022 que le scandale a éclaté. La police nationale Scotland Yard a lancé une investigation quant à des fêtes qui auraient eu lieu à Downing Street en 2020, en pleine période de confinement. Elle a souligné 12 rassemblements dans des bâtiments gouvernementaux, alors interdits. Boris Johnson a été accusé d’avoir participé à au moins trois de ces rassemblements en intérieur, en dépit du protocole sanitaire. « Comme j’ai pu l’assurer à plusieurs reprises, il n’y avait pas eu de fête, pas plus qu’il n’y a eu de transgression aux règles sanitaires », affirmait-il au début de l’enquête. Preuve faite de sa présence, notamment pour fêter son 56ème anniversaire, il est revenu par la suite sur son discours. 

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Une indignation généralisée

À la suite de ces sanctions délivrées par la police, Boris Johnson a déclaré ne pas s’être « rendu compte » qu’il était en infraction. Il a également ajouté « respecte(r) totalement l’issue de leur enquête ». Le Chancelier Rishi Sunak, également présent lors de ces fêtes a à son tour publié un communiqué à ce sujet, confirmant le règlement de son amende. « Je regrette profondément la frustration et la colère que j’ai causé et je m’en excuse » avait-il déclaré. « Je suis conscient qu’en tant que représentants du gouvernement nous devons scrupuleusement appliquer les règles afin de maintenir une relation de confiance avec l’opinion publique ». Le Premier ministre et le Chancelier de l’Échiquier sont les deux plus hauts postes du gouvernement, et les deux ont enfreint la loi mise en place par ce même gouvernement. 

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Cette situation génère une vague de mécontentement au sein de l’opinion publique. Soutenu par son parti, Boris Johnson a assuré qu’il ne démissionnerait pas. Mais sur dans les médias, les Britanniques dénoncent son « hypocrisie » et son inconscience, notamment vis-à-vis de ceux qui ont perdu des proches à cause du COVID-19. Quant à ses collègues du Parlement, la BBC a rapporté une profonde indignation de la part des opposants à son parti. « Qu’il démissionne, et qu’il emmène son chancelier déconnecté avec lui ». De fait, Rishi Sunak en plus de l’affaire du Partygate s’est retrouvé pris dans un scandale sur le statut fiscal de sa femme Akshata Murthy. 

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