Ukraine : bientôt une attaque nucléaire ou une fin de conflit ? Un expert répond

Dans un entretien pour 20 Minutes, l’expert Cyrille Bret a répondu à des internautes. Voici ce que ce professeur de Science Po a analysé du déroulement de la crise ukrainienne. 

Les racines du conflit

Cela fait maintenant 22 jours depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le conflit soulève beaucoup de questions pour le reste du monde, et Cyrille Bret y a répondu avec 20 Minutes. Chercheur à l’Institut Jacques Delors et professeur à Science Po, il rappelle que ce conflit trouve des origines historiques et diplomatiques. L’Ukraine a fait partie du royaume soviétique pendant 400 ans, et la Russie se refuse à reconnaître son indépendance, ni l’existence d’un peuple ukrainien.Le Kremlin perçoit cette idée comme une « aberration », selon les mots de Cyrille Bret. Le chercheur rappelle également l’ultimatum lancé par la Russie il y a trois mois sur l’interdiction d’entrée du pays dans l’OTAN. Au-delà de cette interdiction qui n’a pas été acceptée par les puissances européennes, se trouve la question idéologique. Il s’agit d’une opération de « démilitarisation et dézanification de l’Ukraine » selon les mots de Vladimir Poutine le 24 février. 

L’Union européenne a dénoncé l’invasion de l’Ukraine à la lumière des accords internationaux signés par la Russie. Les accords de Minsk, signés en 2014 garantissaient un cessez-le-feu entre Kiev et les territoires séparatistes de l’Est du pays. Mais il s’agit également d’une violation de la résolution de l’ONU du 3 mars 2022. Elle devait garantir un retrait des forces russes de l’Ukraine, et « rend(re) l’invasion illégale » comme l’explique Bret. Il ajoute que le non-respect de ces accords internationaux constitue un risque pour la Russie en termes de sanctions par la suite. 

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Guer.re mondiale nucléaire : quels sont les risques ? 

La me.nace d’une guer.re nucléaire est apparue après la déclaration du président russe qui a annoncé mettre en alerte sa« force de dissuasion ». En revanche, tant que les Européens n’entrent pas directement dans le conflit, il ne s’agit pas d’une guer.re mondiale. Ces puissances maintiennent jusqu’ici leur stratégie d’ar.mement de l’Ukraine de l’extérieur pour ne pas s’impliquer. C’est donc un scénario peu probable même si Cyril Bret rappelle « qu’il y a toujours un effet de contagion dans les guer.res ». Une guer.re nucléaire pourrait selon lui être provoquée par un acci.dent dans des centrales qui générerait une escalade. Cette inquiétude est selon lui légitime en raison des me.naces nucléaires qu’il qualifie « d’explicites ». Toutefois, il s’agit d’une hypothèse moins probable que l’emploi de petites bombes nucléaires russes. Dans tous les cas, il considère qu’on ne peut écarter cette hypothèse.

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« Imprévisible ». C’est un qualificatif qui a beaucoup été attribué à Vladimir Poutine sur ces dernières semaines. Même s’il s’agit de sa politique, il insiste également sur la gestion de l’opinion publique. Le peuple russe considère en grande partie que l’Ukraine est un territoire qui appartient à la Russie. « L’opération spéciale » lancée par Vladimir Poutine est donc recevable, souligne Cyrille Bret. « Une large partie de l’opinion publique approuve ou du moins comprend pourquoi on en est arrivé là » précise-t-il à 20 Minutes. À cette lumière, les sanctions européennes sont injustifiées et ne font qu’alimenter une volonté de poursuivre la guer.re « jusqu’au bout ». Le professeur considère donc que le « premier rempart » à ce conflit reste la résistance de l’ar.mée ukrainienne. 

Le marché des bunkers en nette évolution depuis la guerre en Ukraine