Un Malaisien handicapé mental exécuté à Singapour

À Singapour, un jeune Malaisien handicapé mentalement a été exécuté par la justice, en dépit des nombreuses critiques internationales.

Un petit sachet d’héroïne

Nagaenthran K. Dharmalingam, un Malaisien âgé de 34 ans et handicapé mental a été exécuté ce mercredi à Singapour. Les faits reprochés ? Trafic d’héroïne. À Singapour, la législation sur les drogues est extrême stricte, l’État applique une tolérance zéro.

En 2009, Nagaenthran K. Dharmalingam avait été arrêté pour trafic d’héroïne. Le jeune homme handicapé alors âgé de 21 ans avait tenté d’entrer à Singapour avec une petite quantité d’héroïne sur lui. En effet, il possédait un petit sachet contenant 43 grammes de la substance, soit environ trois cuillères à soupe.

Il avait donc été immédiatement arrêté, puis condamné à mort, la justice ne prenant pas en compte son handicap mental. En effet, Nagaenthran K. Dharmalingam avait un QI de 69, ce qui est reconnu comme un handicap. Le QI moyen dans le monde se situant entre 84 et 88. Pour information, le QI moyen est différent dans chaque pays. Et Singapour est le pays obtenant le plus haut score avec un QI moyen situé à 108, contre 98 pour la France.

La justice intraitable

La décision de le pendre en dépit de sa déficience intellectuelle a suscité de vives critiques de toutes parts. Se sont insurgées, les Nations Unies, l’Union européenne et même le milliardaire Richard Branson. Ce dernier avait qualifié « d’inhumaine » la décision de pendre Nagaenthran K. Dharmalingam. Le jeune homme a lutté pendant plus de dix ans, multipliant les appels en justice. En vain.

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Sarmila Dharmalingam, la sœur du condamné s’est exprimée tristement : « Il est incroyable que Singapour ait procédé à l’exécution malgré les appels internationaux à épargner sa vie. Nous sommes extrêmement attristés par l’exécution de notre frère et la famille est en état de choc ».

L’ONG Reprieve, qui lutte contre la peine de mort a déclaré que Nagaenthran K. Dharmalingam était « victime d’une tragique erreur judiciaire ». Son exécution qualifiée d’injustifiable et de violation flagrante du droit international auquel Singapour a choisi de souscrire. En effet, le droit international interdit l’exécution d’une personne souffrant d’un handicap mental.

Et malgré les vives critiques internationales et les nombreux appels à la clémence, les autorités n’ont rien voulu entendre. La défense de l’accusé indiquait qu’il avait commis ce crime sous la contrainte. Mais la justice dans son verdict a proclamé qu’il savait parfaitement ce qu’il faisait. Malheureusement, il ne s’agit pas d’un cas isolé. En effet, après deux ans d’interruption, Singapour a repris les exécutions, notamment en lien avec le trafic de drogue.

Un Malaisien handicapé mental exécuté à Singapour