Abstention de Jean Lassalle, le Conseil Constitutionnel saisi

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Jean Lassalle a tenu à exprimer son désaccord par l’abstention. Geste contraire au Code électoral, le candidat Résistons ! risque une amende de 15 000 euros. 

Un « incident majeur » pour la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale

« Je suis conscient que cet acte m’engage bien au-delà de ce que je suis. Je l’assumerai. » Ce dimanche 24 avril, au moment de glisser son bulletin dans l’urne, Jean Lassalle s’est finalement abstenu. Un geste de « désapprobation » filmé et relayé sur ses comptes Twitter et Facebook, et qui pourrait lui valoir des sanctions. De fait, il s’est avéré ce lundi que la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale (CNCCEP) a saisi le Conseil Constitutionnel. Le geste du candidat Résistons ! constitue une atteinte au Code Électoral. Dans l’article R48, il stipule que « toutes discussions et toutes délibérations des électeurs sont interdites à l’intérieur des bureaux de vote ». 

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Or c’est dans sa mairie de Lourdios-Ichère (Pyrénées Atlantiques) que Jean Lassalle a annoncé s’abstenir. Une vidéo postée sur son compte Twitter le montre entrer dans l’isoloir, en ressortir et alors qu’il s’apprête à mettre l’enveloppe dans l’urne, il déclare son abstention. « Pour la première fois de ma vie d’homme, ici dans cette mairie (…) je refuse de participer à ce vote – c’est-à-dire je m’abstiens ». On peut alors le voir ranger le bulletin blanc qu’il comptait déposer comme annoncé précédemment, et rendre l’enveloppe. Pour la CNCCEP, il s’agit d’un « incident majeur ». 

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Un geste de désapprobation politique 

« Au lieu de m’abstenir en restant chez moi, je suis venu, j’ai placé l’enveloppe avec le bulletin blanc au-dessus de l’urne, et je ne l’ai pas mise ». Jean Lassalle explique avoir voulu exprimer par ce geste sa « désapprobation la plus totale ». Il considère que la façon dont la campagne électorale s’est déroulée a été « indigne » de la France. Dénonçant une campagne vide, qui relevait selon lui du « bourrage de crâne », il déclare s’être ainsi résolu à une action qu’il n’a « jamais accompli dans sa vie d’homme (…) politique ». En effet, quelques jours auparavant, ce candidat à la présidentielle éliminé au premier tour avait exprimé son intention de voter blanc. 

Ce changement d’idée semble avoir été motivé par la campagne d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen, en lice pour le second tour. Selon le candidat Résistons ! ces deux dernière semaines « ont atteint des sommets », et il a ajouté « ne pas vouloir y laisser ses empreintes digitales ». « Ce n’est pas la France », a-t-il affirmé pour expliquer son acte. L’ex-candidat encourt donc actuellement une amende de 15 000 euros voire un an d’emprisonnement pour « violation du secret du vote ». 

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