Accusée de détournement de fonds publics, Le Pen dénonce un « coup fourré » de l’UE

En déplacement de campagne en Normandie, la candidate RN est revenue sur les accusations de détournement d’argent public. Ces accusations ont fait surface samedi dernier dans un rapport de l’Olaf.

Le RN dénonce une instrumentalisation de l’affaire 

« Je pense que les Français ne sont absolument pas dupes » a déclaré Marine Le Pen ce lundi 18 avril. À six jours du deuxième tour de l’élection, la candidate du RN a répondu aux accusations qui pèsent sur elle. Accusée de détournement d’argent public européen, c’est à l’occasion d’un déplacement au marché de Saint-Pierre-en-Auge (Normandie) qu’elle a vivement contesté. Elle a qualifié l’affaire d’un des « coups fourrés de l’Union européenne quelques jours avant le second tour ». Son avocat, Rodolphe Bosselut a déclaré « [s]’étonne[r] du timing toujours fort à propos de la révélation ». Interrogé par Mediapart, il dénonce la « coïncidence » de l’enquête et de l’élection.

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Pourtant, même si l’information n’a été relayée que cette semaine, la justice a été saisie depuis le 11 mars 2022. C’est l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), qui a publié un rapport dont des extraits ont été relayés par Mediapart samedi dernier. Une enquête qui vise ainsi Marine Le Pen, son père Jean-Marie Le Pen, son ancien compagnon Louis Aliot et le membre du bureau national du RN, Bruno Gollnisch. « Escroquerie », « faux », « abus de confiance », « détournement de fonds publics »… Les motifs d’accusations sont nombreux. Le parquet de Paris a confirmé que le rapport de l’Olaf était actuellement « en cours d’analyse »

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Détournement de fonds européens pour motifs variés

Marine Le Pen et ses proches, ainsi que le groupe Europe des Nations et des Libertés (ENL) sont soupçonnés d’avoir détourné un total de 600 000 euros d’argent public du Parlement de Strasbourg. La candidate à l’élection y a en effet siégé entre 2004 et 2017. Ils auraient employé ces fonds à des fins politiques nationales, pour des dépenses personnelles ou au profit de sociétés commerciales proches. L’Olaf évoqué le fait que « le comportement des quatre anciens députés au Parlement Européen (…) a mis en péril la réputation des institutions de l’Union ». 

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À titre personnel, l’Olaf a reproché la candidate du RN d’avoir détourné un montant de 137 000 euros d’argent public européen. Elle aurait reçu un courrier d’interrogation à la suite de l’enquête. Un extrait du rapport de l’Olaf relayé par Mediapart qualifie le « comportement » des quatre concernés d’ « inapproprié ». Il avertit également qu’à l’issue de l’enquête, ils devraient « être tenus responsables de leurs violations grave ». Quant à Marine Le Pen, elle affirme ne pas avoir eu connaissance de certains motifs d’accusations. 

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