SMS d’Éric Zemmour : le Parquet de Paris ouvre une enquête

Vendredi 8 avril, des milliers de Français ont reçu un SMS d’Éric Zemmour au sujet de l’antisémitisme en France. Ciblant les « Français de confession juive », données normalement restreintes, le Parquet de Paris a ouvert une enquête.

Deux associations ont déposé plainte

Le parquet de Paris a ouvert mardi 12 avril une enquête à propos des SMS envoyé par le parti d’Éric Zemmour (Reconquête !). À la veille de la clôture des campagnes électorales, des milliers de personnes ont reçu un SMS qui s’adressait explicitement aux « Français de confession juive ». Ils ont pu y lire : « Pourrons-nous vivre en paix encore longtemps en France ? ». Ces messages, signé Éric Zemmour, renvoyaient directement à un autre texte plus long sur le site du candidat. Portant principalement sur l’antisémitisme il évoque notamment les « racailles » qui « pourrissent la vie » des Juifs de France. La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a ouvert une enquête après le premier tour (le 11 avril) suivie par le parquet de Paris. 

À lire aussi : Après la condamnation d’un recruteur de Ligue 1, un ancien joueur témoigne

« Détention, conservation enregistrement transmission de données à caractère personnel en dehors des cadres prévu par la loi » et communication à un tiers sans autorisation et détournement de finalités d’un fichier de données à caractère personnel. Voilà les deux motifs de l’enquête du Parquet de Paris. Celle-ci fait suite à une plainte de la part de deux associations. J’accuse et L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) ont dénoncé un fichage il.légal par l’équipe de campagne d’Éric Zemmour. D’après des témoignages de leurs avocats pour Le Monde, le candidat Reconquête ! a « osé constituer ou se procurer de manière frauduleuse un fichier clandestin de dizaine de milliers de juifs (…) constituant la plus massive exploitation de listes nominatives de juifs depuis la rafle du Vel’d’hiv ». 

À lire aussi

Du plomb dans la tour Eiffel, Rachida Dati demande à ouvrir une enquête

Du plomb dans la tour Eiffel, Rachida Dati demande l’ouverture d’une enquête

À lire aussi : « Messe inclusive » : des catholiques exclues de la paroisse de Saint-Pierre de Montrouge

Aussi sur Mediavenir

Scandale des Ehpad Orpea : la justice ouvre une enquête

Scandale des Ehpad Orpea : la justice ouvre une enquête

Une collecte de « données sensibles »

Questionnée par BFMTV, l’équipe de campagne d’Éric Zemmour a affirmé avoir eu recours à un « data broker ». Il s’agit d’une entreprise de collecte de données. L’audience cible était constituée de « personnes intéressées par le sujet de l’antisémitisme en France et en Europe ». Il s’agissait de données collectées principalement sur des blogs, sites d’informations et newsletter selon le parti Reconquête !

À lire aussi : « Verbalisée (…) parce que je faisais mon métier de journaliste »

Toutefois, comme l’a rappelé la CNIL le traitement de données dites « sensibles » est interdit, sauf dans certains cas très particuliers. Ces données englobent « les membres ou adhérents d’une association ou d’une organisation politique, religieuse, philosophique ou syndicale ». L’instruction de la CNIL le 11 avril faisait suite à une série de signalement des Français ayant reçu le SMS. 

Les projets d’Anne Hidalgo pour la capitale