Après l’Espagne, un congé menstruel possible en France ?

L’Espagne est le premier pays d’Europe à proposer un congé menstruel, pour les femmes souffrant de règles douloureuses. La France pourrait-elle suivre la tendance ?

Le congé menstruel en Espagne

En Espagne, le gouvernement de gauche a présenté un projet de loi visant à instaurer un congé menstruel. Il concernerait uniquement les femmes souffrant de règles douloureuses. « Nous allons être le premier pays d’Europe à instaurer un arrêt maladie temporaire financé intégralement par l’État pour des règles douloureuses et invalidantes », s’est enthousiasmée Irene Montero, la ministre de l’Égalité.

Concrètement, il s’agira d’un arrêt maladie, signé par le médecin traitant, qui n’aura pas de durée limite. Le premier projet proposait un congé de trois à cinq jours, en fonction des symptômes. Pour le moment, ce congé menstruel n’est pas entré en vigueur. En effet le Parlement doit encore approuver ce texte. Et si c’est le cas, l’Espagne deviendrait le premier pays d’Europe à instaurer un congé menstruel. Certains pays ont déjà adopté ce congé, dont la Zambie, l’Indonésie et le Japon. Cependant, dans beaucoup de pays, les règles restent un sujet très tabou. Au Japon, seulement 0,01% des femmes prennent ce congé.

Qu’en est-t-il de la France ?

Même si le congé menstruel n’est pas encore instauré en Espagne, ce dernier ouvre un débat sur le sujet. Et pour cause, en France, 60 à 70% des femmes souffrent de règles douloureuses. Avec des symptômes très handicapants comme des maux de tête, des diarrhées, des vomissements, une fatigue extrême, des douleurs abdominales, ou encore des contractions. Des symptômes qui rendent le travail très pénible voir même impossible dans certains cas.

À Toulouse, la société Louis a déjà instauré un congé menstruel pour ses employées. En effet, après avoir constaté qu’une employée ébéniste ne pouvait tout simplement pas travailler un jour par mois, l’entreprise a décidé d’ouvrir un dialogue entre les salariés. Dialogue qui a abouti à ce congé. Et pour cause, durant les journées de travail, les ébénistes doivent soulever et déplacer de objets très lourds. Un travail incompatible avec des règles douloureuses.

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« Déjà, une dizaine d’entreprises nous ont contactés pour savoir comment nous nous y sommes pris », se réjouit Lucie Rouet, la responsable communication de l’entreprise Louis.

Ainsi, certaines entreprises semblent intéressées à l’idée d’adopter un congé menstruel. Peut-être que la démocratisation de ce congé passera d’abord par les entreprises, avant d’être adopté par le gouvernement.

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