Des hamsters génétiquement modifiés deviennent ultra-agressifs

Des scientifiques ont génétiquement modifié des hamsters pour tenter de les rendre plus coopératifs, mais ont produit l’effet opposé, les rendant très agressifs.

L’expérience basée sur le système CRISPR

Voilà une expérience scientifique qui a mal tourné. Des scientifiques ont modifié les gènes de hamsters, pour les rentre plus sociables. Cependant, l’expérience a tourné au désastre, créant des rongeurs ultra-agressifs.

Les chercheurs ont utilisé le système CRISPR (Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats) pour leur expérience. Il s’agit d’une méthode qui permet de modifier l’ADN en le coupant à un endroit précis du génome. Ces « ciseaux moléculaires » ont été inventés par Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna en 2012. Ils sont composés d’un ARN guide qui identifie la partie de l’ADN à modifier, et de l’enzyme Cas9, qui coupe le génome. Depuis cette découverte scientifique, la méthode a été utilisée plusieurs fois. Certaines fois avec succès, et d’autres fois non.

Une équipe de chercheurs de l’université de Northwestern, aux Etats-Unis a donc utilisé cette méthode sur des hamsters. En effet, ils ont choisi des hamsters dorés plutôt que des souris pour leur organisation sociale particulièrement développée. Le but de leur expérience était d’étudier une hormone : la vasopressine, ainsi que son récepteur, le gène Avpr1. Ce gène est supposé réguler l’entraide et la coopération. Ainsi, en modifiant ce gène, les chercheurs pensaient réussir à amplifier les comportements altruistes. Mais c’est l’effet inverse qui s’est produit.

Les hamsters sont devenus incontrôlables

Ainsi, après avoir pratiqué les modifications génétiques, les hamsters n’ont pas eu le comportement espéré. Bien au contraire, ils sont devenus très agressifs.

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« Nous avons été très surpris par ce résultat », a indiqué le Professeur Elliot Albers, le directeur de cette étude. Et pour cause, au lieu d’évoluer en une société harmonieuse et bienveillante, les hamsters se sont attaqués très violemment. Dès que les hamsters croisaient un individu du même sexe qu’eux, ils se mettaient à s’attaquer, se mordre et se griffer.

« Même si nous savons que la vasopressine accentue les comportements sociaux en agissant dans un certain nombre de régions du cerveau, il est possible que les effets plus globaux du récepteur Avpr1a soient au contraire inhibiteurs. En fait, nous ne comprenons pas aussi bien ce système que nous le pensions. » a analysé Elliot Albers, déçu que cette expérience n’ait pas fonctionné.