Des femmes manifestent à visage découvert contre le voile intégral à Kaboul

Les talibans ont porté un nouveau coup pour le droit des femmes ce samedi 7 mai avec l’obligation du port du voile intégral. Cette décision a suscité un soulèvement de protestations en Afghanistan mais aussi de la part de la communauté internationale. 

Une manifestation à visage découvert

« Justice, justice ! La burqa, ce n’est pas nôtre (voile) » criaient ce mardi des Afghanes dans les rues de Kaboul. Le visage découvert, cette dizaine de femmes a manifesté contre la décision des Talibans samedi d’imposer le port du voile intégral. Ils ont de fait annoncé la signature d’un décret, validé par le religieux Akhundzada et qui oblige les femmes à couvrir intégralement leur corps « pour éviter la provocation ». « Nous voulons vivre comme des êtres humains », a protesté la manifestante Saira Sama Alimyar. « Pas des animaux retenus captifs dans le recoin d’une maison ». Si leur manifestation a été rapidement dispersée, leur volonté de se battre pour leurs droits n’en est pas amoindrie. 

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De fait, lors de l’annonce de ce week-end, les Talibans ont également précisé que lorsque les femmes n’avaient pas d’impératifs à l’extérieur, « il valait mieux qu’elles restent à la maison ». Une nouvelle restriction implicite, qui s’ajoute à la recommandation — obligation — de porter la burqa, « traditionnelle et respectueuse ». Toute transgression de ces règles pourraient mener à des représailles sur les membres masculins des familles des femmes concernées. Selon Saira Sama Alimyar, ce décret représente le changement le plus drastique en Afghanistan depuis l’arrivée au pouvoir des Talibans en 2001.

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Une prise de position généralisée

Sur Twitter, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est déclaré « alarmé ». « J’encourage une fois de plus les Talibans à tenir leurs promesses faites au femmes et aux jeunes filles afghanes (…) et à respecter leurs obligations au regards des lois humaines internationales. » a-t-il écrit. La directrice exécutive de l’ONU pour le droit des femmes a également partagé ses inquiétudes dans un communiqué officiel. Elle s’est dit « profondément préoccupée » par cette « escalade des restrictions ». « Lorsque les droits des femmes sont restreint, tout le monde en est diminué. » a-t-elle déploré. Les nouvelles règles imposées par les Talibans mènent selon elle à une « entrave » pour la capacité à travailler et à recevoir à l’éducation. 

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« Les femmes afghanes ne s’opposeraient jamais au voile. » a dénoncé Navida Khurasani pour Tolo News. « Mais il s’agit d’une décision qui a été prise par des hommes sur le voile des femmes, lors d’un rassemblement sans femmes. » En tant que militante du droit des femmes, Khurasani prend énormément de risques à dénoncer l’oppression des Talibans en Afghanistan. Aux côtés de ses camarades, elle fait partie d’un collectif qui vise à dénoncer leurs agissements, sans manifester ouvertement. 

« Nous emploierons tous les moyens possibles pour nous faire entendre »

Au lieu de descendre dans les rues, elles écrivaient sur les murs. Leur capacité limitée à descendre dans les rues les avaient contraintes à innover. « Nous emploierons tous les moyens possibles pour nous faire entendre. » avait appuyé Navida Khurasani pour le Lokmat Times. Dès janvier, ce groupe d’activistes avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation du droit des femmes. Lors de la prise de Kaboul par les Talibans, la militante Aziz Gul avait déclaré : « Il s’agit d’une restriction au droit des femmes à décider de leurs vêtements, de leur travail et de leur éducation. Nous ne nous tairons pas, et nous élèverons la voix contre ça ».

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