« Verbalisée (…) parce que je faisais mon métier de journaliste »

Alors qu’elle travaillait sur une manifestation des gilets jaunes à Paris, la journaliste de l’Obs Emmanuelle Anizon a été verbalisée par la police, malgré la présentation de sa carte de presse.

Verbalisée pour « participation à une manifestation illégale »

Dans son reportage daté du 11 avril 2022, Emmanuelle Anizon raconte sa verbalisation par la police le soir de l’élection alors qu’elle couvrait une manifestation de gilets jaunes. Même si la préfecture de police est revenue sur cette décision, la direction de l’Obs a dénoncé des « entraves à la liberté d’informer ». Les autorités auraient en effet prétexté que la carte de presse de la reporter n’était pas de format classique. « Ce qui est faux », précise une note de la rédaction à la fin de l’article. De plus, ce revirement de la préfecture n’a eu lieu qu’après la parution de l’article d’Anizon, racontant son histoire. 

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La veille, alors qu’elle interviewait des manifestants au sujet du vote, elle a été prise dans une intervention policière. Les forces de l’ordre étaient chargés de verbaliser les manifestants pour « participation à une manifestation illégale ». Même si son statut de journaliste devait justifier sa présence, Anizon a été interpellée au même titre que les autres. Se sachant en règle, elle raconte avoir présenté sa carte de presse – « ce qui suffit normalement à ce qu’on vous laisse travailler tranquille », précise-t-elle. Mais il semblerait que cela n’ait pas suffit, car un policier lui a ensuite demandé son adresse. Étonnée, la journaliste comprend qu’il « compte manifestement lui envoyer cette amende de 135 euros ». 

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La journaliste dénonce l’illégitimité de cette opération, dans un compte-rendu choquant de ses échanges avec la police. Elle rappelle que « normalement (…), on montre sa carte de presse et cela suffit ». Anizon ne participait pas à la marche en tant que manifestante, mais bien pour son travail. Vote des gilets jaunes, issue du premier tour… Sa présence sur place visait à écrire un article au sujet de l’élection présidentielle. La journaliste rapporte dans son article avoir protesté : « Je ne manifeste pas ! Je travaille ! ». Sans succès. Selon l’article, la réponse à ses protestations aurait été « Si vous n’êtes pas contente, déposez plainte auprès de l’IGPN ».

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Une vidéo, publiée sur le Twitter @OSGiletsJaunes documente la verbalisation musclée d’Emmanuelle Anizon. On y voit la reporter répéter « Je suis en train de travailler », avant d’être immobilisée contre un mur par la police. Le compte dénonce lui aussi une « atteinte à la liberté de presse » et s’achève avec le hashtag #violencedetat. 

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