4 candidats sur 10 nettoient leurs réseaux sociaux avant un entretien par crainte du jugement

Par Frederic Becquemin

Selfies flous, vidéos de soirées, commentaires ironiques postés en 2016, chaque trace numérique devient une source de doute, et beaucoup de candidats s’interrogent soudain sur ce que leurs réseaux sociaux disent vraiment d’eux aujourd’hui.

Face à cette prise de conscience, l’entretien ne commence plus seulement devant le recruteur, mais dès que le nom du candidat est tapé dans la barre de recherche. Ce screening des recruteurs ravive la tendance 2016, quand la gestion de l’e-réputation restait floue, et pousse chacun à filtrer clichés, commentaires et traces de vie numérique.

Ce que révèle l’étude d’Indeed sur les usages des candidats

Selon une récente enquête menée par Indeed auprès de candidats en France, quatre personnes sur dix déclarent avoir déjà modifié leurs comptes sociaux avant un entretien d’embauche. Ce chiffre place les réseaux sociaux au même niveau que le CV, tant ils influencent la manière dont un parcours apparaît aux yeux d’un recruteur.

Pour Indeed, cette tendance esquisse de nouvelles grilles de lecture du parcours en ligne. Les recruteurs consultent ces profils, ce qui transforme les statistiques des candidats en indicateurs de comportement et installe des pratiques de présélection basées sur le web. Ce filtrage, discret mais réel, renforce l’impact des réseaux sociaux sur l’image professionnelle projetée par chaque candidature.

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Comment les profils sont retouchés avant un entretien

Avant de rencontrer un recruteur, beaucoup de candidats passent en revue leurs comptes Instagram, Facebook, LinkedIn ou TikTok. Ils cherchent à gommer les dissonances entre leur CV et ce que montrent leurs publications publiques, pour éviter toute mauvaise surprise pendant l’entretien. Quelques actions reviennent fréquemment.

  • Effacer des publications anciennes jugées gênantes ou trop privées.
  • Masquer certains albums ou stories visibles par tout le monde.
  • Modifier des biographies jugées trop décalées par rapport au poste visé.
  • Harmoniser les noms d’utilisateur entre différents réseaux.

Les contenus jugés trop personnels, polémiques ou datés font partie des premiers candidats au bannissement. Beaucoup procèdent à un véritable nettoyage de contenu, ajustent leurs paramètres de confidentialité pour limiter l’accès à certaines publications, puis choisissent de nouvelles photos de profil plus sobres, alignées avec l’image qu’ils souhaitent donner en entretien.

Générations, régions, secteurs : des écarts marqués dans les pratiques

Au sein des candidats observés par Indeed, le réflexe de retoucher ses comptes avant un entretien n’a pas la même ampleur selon l’âge. Les plus jeunes, très présents sur Instagram ou TikTok, se montrent plus prompts à modifier leurs profils que les générations ayant débuté leur carrière avant l’ère des réseaux sociaux.

Les écarts ne tiennent pas seulement à la génération ou au rapport à la vie privée. Les usages diffèrent aussi selon les régions, ce qui crée de nettes disparités régionales, et selon les métiers, où certaines spécificités sectorielles poussent à surveiller de près sa présence en ligne. À cela s’ajoutent des habitudes numériques façonnées par le télétravail, qui accentuent encore les différences générationnelles observées aujourd’hui.

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Entre vigilance et stress, ce que redoutent les candidats

L’étude d’Indeed montre que le regard supposé du recruteur sur un profil Instagram ou LinkedIn pèse lourd dans la façon de se préparer. L’idée qu’un commentaire ancien ou une photo de soirée puisse ressortir génère chez nombre de candidats une forme de vigilance permanente.

Certains ressentent cette attention constante comme une véritable surveillance, qui alimente une forte anxiété d’évaluation avant chaque entretien. D’autres décrivent une pression sociale diffuse, liée à la nécessité de présenter une version très contrôlée d’eux‑mêmes sur les réseaux, bien au‑delà du strict cadre professionnel.

Méthodologie de l’enquête et portée des résultats

Pour établir ces résultats, Indeed s’est appuyé sur une enquête menée en ligne auprès de personnes en recherche d’emploi et de recruteurs installés en France. Les répondants ont été interrogés sur leurs habitudes liées aux réseaux sociaux, sur les ajustements réalisés avant un entretien et sur la manière dont ils perçoivent le regard des employeurs.

L’institut mandaté décrit un échantillon interrogé construit pour refléter différents profils d’âge, de secteur et de statut, et une période de collecte limitée dans le temps, afin de saisir des usages récents. L’ensemble s’inscrit dans un cadre ESOMAR garantissant des méthodes de recherche conformes aux standards internationaux.

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