Formation des agents de sécurité : un métier statique… mais très exigeant physiquement

Par Louise Caron

À ce jour, la formation des agents de sécurité se concentre surtout sur les compétences techniques, juridiques et opérationnelles. En revanche, la préparation physique et les bases de protection personnelle restent très peu abordées.

Pourtant, sur le terrain, les agents sont régulièrement confrontés à des efforts soudains et à des situations imprévues, parfois tendues. Un écart se crée alors entre les exigences réelles du métier et ce que la formation prépare concrètement.

Un travail en apparence immobile, mais éprouvant au quotidien

Les agents de sécurité passent une grande partie de leur journée debout, souvent sans possibilité de s’asseoir, tout en maintenant un niveau de vigilance élevé pendant de longues heures. Les rondes, les escaliers, les déplacements rapides ou les interventions à une alarme sollicitent fortement le corps.

Dans certaines situations, la réaction doit être immédiate : se déplacer avec agilité, porter assistance, ouvrir une issue de secours, sécuriser une zone, gérer une altercation avant qu’elle ne dégénère.

Le problème, c’est que ces efforts surviennent souvent “à froid”, sans échauffement structuré ni préparation adaptée. Cela augmente le risque de blessures (musculaires, tendineuses, articulaires) et peut impacter la capacité à intervenir efficacement quand chaque seconde compte.

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Un cadre de formation solide… mais centré sur les compétences, pas sur le physique

Les programmes de formation en sécurité privée mettent logiquement l’accent sur des piliers essentiels :

  • La connaissance du cadre légal et des conditions d’intervention (dont la légitime défense) ;
  • La gestion des tensions et l’anticipation des situations conflictuelles ;
  • Les techniques d’intervention et de mise en sécurité.

Ces axes constituent une base indispensable. Mais ils gagnent à être complétés par une dimension plus “terrain”, notamment sur la condition physique et la prévention des blessures.

Aujourd’hui, la prise en compte de cette dimension reste marginale : il n’existe pas, dans la pratique, d’exigence claire sur un volume minimal de préparation physique, ni sur des routines d’échauffement avant prise de poste. Or, ce sont des éléments simples, concrets, et directement utiles au quotidien.

Pourquoi remettre en question le modèle actuel ?

Parce qu’il existe une incohérence : les agents sont amenés à intervenir rapidement, avec de l’endurance, de la coordination, parfois de la force, dans des contextes qui peuvent être stressants. Pourtant, rien n’encadre réellement la préparation physique ni les habitudes d’échauffement.

Ce décalage creuse un fossé entre la réalité du métiers de la sécurité privée et ce que la formation prépare. Et quand le corps n’est pas prêt, le risque augmente : blessures, perte de mobilité, baisse de réactivité, interventions plus difficiles à maîtriser.

Remettre en question le modèle en vigueur ne signifie pas minimiser les modules juridiques ou théoriques. Cela revient à reconnaître qu’ils ne suffisent pas toujours face au terrain : la sécurité privée ne se résume pas à observer. Elle implique aussi des actions concrètes, où le corps devient un outil de travail à part entière.

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Vers un équilibre : préparation physique + techniques de protection, de manière structurée

Face à ce constat, une modernisation des programmes de formation mérite d’être étudiée : intégrer une préparation physique fonctionnelle et des techniques de protection de façon encadrée, progressive et obligatoire.

L’objectif n’est pas de “former au combat”, mais de mieux préparer les agents à :

  • Réduire le risque de blessures ;
  • Améliorer l’endurance et la mobilité ;
  • Gérer un effort soudain en sécurité ;
  • Se protéger et protéger autrui en restant dans un cadre maîtrisé.

Concrètement, deux leviers simples peuvent faire une différence :

  1. Systématiser un échauffement court avant chaque mission, qu’elle soit courte ou longue, pour réduire les risques et améliorer la disponibilité physique.
  2. Ajouter un module de techniques de protection (mise à distance, dégagement, protection, sécurisation), centré sur la prévention et la maîtrise, en cohérence avec le cadre légal.

La performance en sécurité privée ne repose pas uniquement sur les modules théoriques. Elle dépend aussi de la préparation physique : celle qui évite les blessures, renforce la réactivité et sécurise les interventions.

Pourquoi l’échauffement est-il important avant une mission de sécurité ?

Simplement parce qu’un agent de sécurité n’est pas immobile, même s’il donne l’impression parfois de l’être. Après une période sans mouvement, les réflexes s’émoussent, les muscles se figent et son corps ne devient plus apte pour réagir aux imprévus. Raison pour laquelle consacrer un temps pour s’échauffer éveille la vigilance et aide son corps à rester réactif et à préparer ses gestes pour maitriser toutes les situations rencontrées sur le terrain.

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Chez HEY’u, nous allions expertise terrain et pilotage digital pour offrir des interventions rapides, efficaces et simples à gérer, centrées sur la sécurité concrète.

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