Réseaux sociaux : 62% des recruteurs ont déjà écarté un candidat à cause de son profil

Par Solene Alonso

Captures d’écran, vieilles stories, posts acerbes, tout subsiste et ressort quand un CV circule. Les recruteurs observent déjà et le recrutement en ligne devient une fouille méthodique minutieuse.

Pour chaque candidat, un simple bouton « publier » peut déclencher l’avancée ou la mise à l’écart immédiate. Entre une photo festive et un débat inflammable, votre image numérique façonne l’histoire racontée aux recruteurs. Vos traces numériques guident les regards, et la cyber-réputation scelle certains verdicts.

Quand la vie en ligne s’invite dans l’Assemblée et dans les entretiens d’embauche

Le 19 janvier, l’Assemblée nationale a débattu d’une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Ce débat replace l’encadrement des réseaux sociaux au centre du jeu politique, tandis que ces plateformes influencent la réputation professionnelle des candidats face aux recruteurs.

Daté du 3 février 2026 à Paris, le communiqué d’Indeed réagit aux débats lancés au Palais‑Bourbon sur l’impact des réseaux sociaux. Il fait écho à la commission d’enquête parlementaire et aux effets psychologiques TikTok, en reliant ces études directement aux pratiques numériques des adultes visibles des recruteurs.

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Un réflexe devenu majoritaire : comment les recruteurs scrutent les profils sociaux

Selon l’étude réalisée par Indeed et l’institut CensusWide auprès de 500 recruteurs et 500 chercheurs d’emploi français, entre le 02.01.2025 et le 07.01.2025, 80 % des recruteurs regardent les réseaux sociaux des candidats. Cette consultation des profils intervient à différents moments du processus d’embauche, parfois dès la présélection.

Parmi eux, 16 % déclarent le faire systématiquement, 35 % de manière fréquente et 29 % se limitent à quelques vérifications ponctuelles sur les réseaux sociaux. Pour 51 % des recruteurs, cette pratique de vérification en ligne s’inscrit désormais dans un véritable screening des candidats avant tout entretien. Elle illustre la digitalisation du recrutement, quand l’image en ligne complète le CV et oriente arbitrages RH.

  • Avant un premier entretien, pour compléter les informations du CV.
  • Après un échange téléphonique, afin de confirmer l’intérêt perçu.
  • Au moment de constituer une short‑list de candidats pour un manager.
  • Juste avant la proposition d’embauche, pour vérifier l’absence de signaux de risque.

Grande entreprise, pme, start-up : des pratiques de vérification loin d’être homogènes

Selon une étude Indeed et CensusWide réalisée du 2 au 7 janvier 2025 auprès de 500 recruteurs en France, 62 % déclarent avoir déjà écarté un candidat à cause de ses réseaux sociaux. 80 % disent consulter au moins un compte en ligne pendant le recrutement, mais l’usage n’a rien de uniforme entre grands groupes, PME et start‑up.

Dans les grands groupes, la présence de juristes et de directions dédiées à la réputation pousse les recruteurs à formaliser ce contrôle en ligne. Ils s’appuient sur des services ressources humaines spécialisés, sur la communication externe et sur les différences selon la taille des équipes exposées, afin de limiter les risques liés à l’exposition médiatique dans les médias aujourd’hui.

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Ce que les recruteurs cherchent vraiment en regardant vos réseaux

Pour affiner leur jugement, les recruteurs ne se limitent pas aux informations du CV ou de l’entretien. L’étude Indeed montre que 40 % regardent les réseaux pour une véritable analyse de la personnalité, 33 % pour confirmer les expériences déclarées et 20 % pour repérer des comportements litigieux.

Dans l’étude, certaines catégories d’employeurs se montrent plus vigilantes que d’autres. Les recruteurs de PME de 10 à 49 salariés déclarent davantage chercher des signaux de risque (24 % contre 14 % dans les sociétés de 250 à 500 salariés), tandis que ceux des grandes structures utilisent surtout les réseaux pour évaluer l’adéquation culturelle et les centres d’intérêt professionnels aujourd’hui ; les points les plus observés figurent ci‑dessous.

  • La cohérence entre dates, intitulés de poste et diplômes mentionnés sur le CV et sur LinkedIn.
  • Le ton des publications publiques, les commentaires laissés sur des pages professionnelles et la qualité de l’orthographe.
  • Les contenus visuels qui peuvent laisser penser à des comportements discriminatoires, agressifs ou illégaux.
  • Le degré d’engagement dans des communautés, événements ou projets en lien avec le métier visé.

Rejets de candidatures, biais et frontières floues entre vie privée et image professionnelle

Selon Indeed, 62 % des recruteurs disent avoir écarté un candidat au cours des douze derniers mois après avoir consulté ses réseaux sociaux. Dans ces contrôles, les incohérences entre le CV et les réseaux sociaux arrivent en tête pour 51 % d’entre eux, bien avant d’autres signaux jugés problématiques.

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Les recruteurs interrogés par Indeed décrivent aussi la fréquence de ces rejets : 39 % disent avoir refusé 1 à 2 candidatures pour ce motif en 2025, et 21 % entre 3 et 5. Ils citent en priorité les comportements jugés non professionnels, puis certains contenus discriminatoires et, pour 20 %, des opinions politiques sensibles, signes d’une frontière de plus en plus floue entre vie privée et image professionnelle.

Les enseignements de l’étude Indeed et les enjeux pour le débat public sur les réseaux sociaux

Présentée à Paris le 3 février 2026, l’étude repose sur 500 chercheurs d’emploi et 500 recruteurs interrogés entre le 02.01.2025 et le 07.01.2025. Selon cette enquête Indeed CensusWide, 80 % des répondants décrivent des pratiques des recruteurs français où la consultation des réseaux sociaux fait partie du processus d’embauche.

Les résultats de 2025 dialoguent avec le débat à l’Assemblée nationale sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et sur la place de ces plateformes dans la vie démocratique. Ils posent la question d’un équilibre entre vie privée et exposition publique et rappellent la responsabilité numérique de chacun, qu’il s’agisse de publier, de recruter ou d’interpréter ce qui circule en ligne.

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