Près d’une entreprise sur deux dit avoir renforcé sa gestion des risques, selon une étude récente de QBE et OpinionWay, alors que l’instabilité politique et économique continue de peser sur leurs décisions.
Cette assurance affichée ne masque pas les tensions qui traversent les structures de toutes tailles. Dans ce climat d’incertitude économique, les dirigeants de PME et ETI poussent une gestion des risques en entreprise collective, portée par une amélioration des pratiques de gestion, l’équilibre reste précaire.
Un contexte d’instabilité qui devient la nouvelle norme pour les entreprises
Pour de nombreux dirigeants, la notion de risque ne renvoie plus à un épisode ponctuel mais à une toile de fond durable. Les réponses recueillies par QBE et OpinionWay montrent des entreprises qui s’habituent à des chocs successifs, entre tensions sociales, aléas géopolitiques et incertitudes électorales. Dans leurs témoignages, la instabilité politique française est citée comme un facteur qui complique les arbitrages d’investissement, en particulier pour les PME et ETI déjà fragilisées par plusieurs années de crises.
Les dirigeants décrivent un quotidien fait d’arbitrages permanents entre projets de développement et protection de leurs activités. Ils évoquent une pression réglementaire croissante, une exposition simultanée aux risques et un environnement économique tendu qui les pousse à formaliser davantage leurs plans de continuité.
Quels risques les dirigeants redoutent le plus dans les prochains mois ?
Les répondants à l’étude QBE–OpinionWay décrivent des mois à venir marqués par de fortes incertitudes sur leurs coûts et sur leurs débouchés commerciaux. Dans leurs réponses, la hausse des prix de l’énergie apparaît comme une menace durable, tandis que les risques de marché pour les pme se traduisent par des carnets de commandes plus volatils, et des clients plus sensibles aux variations de tarifs.
Les dirigeants interrogés expliquent devoir réajuster leurs choix presque chaque trimestre, au rythme des annonces économiques et des tensions géopolitiques. Dans ce contexte, les préoccupations des dirigeants se concentrent sur quelques dossiers jugés stratégiques, ce qui structure leurs priorités en matière de risques autour de la trésorerie, de la cybersécurité et de la continuité d’activité.
- Les principaux risques identifiés sont liés au coût de l’énergie et aux fluctuations des matières premières.
- Les dirigeants surveillent de près la demande, la solvabilité des clients et la pression concurrentielle.
- Les enjeux RH, comme le recrutement de profils qualifiés, restent un facteur de fragilité.
- Les questions de cybersécurité gagnent en poids, avec une exposition accrue aux attaques numériques.
À noter : la perception des risques évolue rapidement, au rythme des tensions économiques et des chocs géopolitiques, ce qui impose une révision fréquente des plans de gestion.
Cybersécurité : un risque identifié mais des investissements en pause
Selon l’étude QBE x OpinionWay d’octobre 2025, menée auprès de 301 dirigeants de PME et ETI françaises, 36 % jugent leur organisation exposée aux cyberattaques. Dans ce groupe, neuf entreprises sur dix se disent capables de réagir, en estimant que les risques cyber immatériels restent cernés.
Les budgets restent sous tension : en 2025, une entreprise sur deux seulement a renforcé ses dispositifs, alors que 53 % des dirigeants redoutent une cyberattaque. La panne de Cloudflare, en novembre 2025, a rappelé la dépendance aux fournisseurs IT de nombreuses structures françaises. Alerte questionne les investissements en cybersécurité et la résilience informatique des entreprises aujourd’hui.
Réglementations en hausse, entre contraintes et attentes de clarté
Pour 58 % des dirigeants interrogés par OpinionWay, les risques réglementaires sont devenus l’un des premiers sujets de préoccupation, en hausse de 21 points en trois ans. Cette pression s’explique par la complexité réglementaire pour les entreprises, par des évolutions législatives imprévues qui rendent la visibilité plus difficile pour les PME et ETI.
Malgré ces craintes, 60 % des dirigeants de PME et ETI interrogés en octobre 2025 disent voir dans les nouvelles règles un garde‑fou plutôt qu’un frein à leurs projets. Le communiqué de QBE France, publié à Paris le 4 février 2026, souligne que la réglementation européenne sur l’IA et les exigences de conformité aux normes NIS2 sont jugées acceptables si l’application reste claire, stable et prévisible.
Compétitivité fragilisée par l’environnement politique et économique
Les dirigeants de PME et d’ETI interrogés par QBE et OpinionWay dans une étude issue d’entretiens menés du 2 au 31 octobre 2025 se disent largement compétitifs. 95 % jugent leur entreprise compétitive, mais seulement 13 % très compétitive, avec une marge jugée fragile, tiraillée entre stratégie commerciale des pme et positionnement prix concurrentiel dans un environnement instable marqué par la politique française.
En 2025, plus d’1 entreprise sur 3 indique que l’instabilité politique française influence désormais ses choix, au point de privilégier des décisions d’investissement prudentes plutôt que des projets ambitieux. 19 % déclarent un gel des recrutements ou leur ralentissement, tandis que les évènements climatiques extrêmes commencent déjà à perturber certaines activités.
Vers des pme et eti plus matures dans leur culture du risque
Selon l’étude menée pour QBE par OpinionWay, 48 % des PME et ETI estiment mieux gérer leurs risques qu’en 2024. Cette confiance tient à une culture du risque en entreprise plus structurée, avec des entreprises confrontées à au moins deux risques simultanés, principalement humains à 75 % et réglementaires à 58 %.
Le risque cyber nourrit : 36 % des entreprises se disent exposées, près de 9 sur 10 capables de faire face à une cyberattaque et 88 % à une défaillance de fournisseur IT. Cette assurance suppose des arbitrages entre prudence et croissance : une entreprise sur deux seulement renforce sa cybersécurité en 2025, d’où le rôle des assureurs spécialisés, la montée en maturité des organisations comme QBE.