Menace sur 3 000 emplois de personnes handicapées après le PLF 2026 pour les entreprises adaptées

Par Frederic Becquemin

Près de 3 000 salariés en situation de handicap voient leur poste remis en jeu après la présentation du projet de loi de finances pour 2026, qui redistribue brutalement les cartes des entreprises adaptées.

Le retrait soudain de crédits pourtant votés par le Parlement jette une ombre sur la continuité de ces structures, déjà bousculées par la hausse des coûts et la raréfaction des marchés. Cette volte-face du budget public 2026, issue d’une décision gouvernementale, fragilise directement l’emploi des personnes handicapées qu’elles avaient patiemment consolidé au fil des années récentes.

Annulation des crédits votés : ce que prévoit le PLF 2026

Diffusé à Paris le 2 février 2026, le communiqué de l’UNEA alerte sur la version finale du PLF 2026 adoptée par le Parlement. Les montants attribués aux Entreprises Adaptées ne correspondent plus aux engagements défendus lors du vote parlementaire, ce qui nourrit l’inquiétude des employeurs concernés aujourd’hui encore.

Un amendement avait rétabli 22,3 millions d’euros afin de ramener le budget 2026 au niveau 2025 pour les Entreprises Adaptées. La version promulguée du projet de loi de finances entérine une annulation de crédits, décidée à la faveur d’opaques arbitrages budgétaires menés sans véritable dialogue avec les représentants du secteur en France.

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Entreprises adaptées en première ligne face aux suppressions de postes

Les Entreprises Adaptées emploient 58 000 personnes, dont 42 500 en situation de handicap, et occupent une place singulière dans l’économie française. En respectant le seuil d’au moins 55 % de travailleurs handicapés, ces structures offrent à des salariés en situation de handicap des repères professionnels stables et adaptés. Elles interviennent dans les domaines suivants.

  • Services logistiques, préparation de commandes et conditionnement
  • Activités industrielles et travaux de sous-traitance spécialisés
  • Prestations de nettoyage, d’entretien et de gestion des déchets
  • Services numériques, bureautiques et relation client externalisée
  • Entretien d’espaces verts et interventions de proximité

La diminution annoncée des aides publiques met sous pression les budgets, au point de menacer près de 3 000 équivalents temps plein dans de nombreux ateliers et services. Au-delà des chiffres, ces possibles suppressions de postes fragiliseraient la stabilité des effectifs, aggraveraient l’impact territorial des restructurations et réduiraient les perspectives de carrière pour les employés les plus éloignés du marché du travail ordinaire.

Une politique publique remise en cause sur les plans social et économique

Entre 2022 et 2025, le nombre de demandeurs d’emploi handicapés a augmenté de 16 %, soit plus de 62 000 personnes supplémentaires inscrites auprès de France Travail sur tout le territoire. Réduire les moyens destinés aux Entreprises Adaptées revient à fragiliser la cohésion sociale, en fermant des portes d’accès à l’emploi pour des publics confrontés à de nombreux obstacles.

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Une étude menée avec le cabinet Rydge Conseil chiffre à 13 800 euros par an le gain social net généré, en moyenne, par chaque poste créé au sein d’une Entreprise Adaptée. Loin d’alourdir le coût pour les finances publiques, ces emplois assurent un retour sur investissement mesurable, en réduisant certaines dépenses sociales et en soutenant l’autonomie financière des personnes embauchées.

Les associations interpellent le gouvernement et l’opinion publique

L’Union nationale des entreprises adaptées a présenté ce communiqué aux côtés de l’APF France Handicap, de l’Unapei, de la Fédération APAJH, de l’ANRH et de la FEHAP. Cette large mobilisation associative met en lumière la place centrale des Entreprises Adaptées, considérées par ces réseaux comme un levier décisif pour l’accès durable à l’emploi des personnes handicapées.

Les signataires réclament le rétablissement des 22,3 millions d’euros initialement votés pour 2026 ainsi que le respect des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens conclus avec l’État. Par cet appel au gouvernement, les organisations visent aussi le soutien de l’opinion publique, afin que la défense des Entreprises Adaptées devienne un sujet assumé dans le débat national sur l’emploi.

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