Les ados continuent de sortir, de payer en sans-contact, d’aligner un menu fast-food ou un skin de jeu, mais les montants se font brutalement plus modestes.
Entre espèces, cartes prépayées et applis bancaires, vous les voyez calculer sortie, reporter un achat, échanger astuces pour gratter quelques euros. Les chiffres du budget adolescent 2025 confirment le resserrement, entre pouvoir d’achat en baisse, hausse des prix et argent de poche mensuel qui stagne, voire recule légèrement au quotidien.
Dépenses en recul : 92 € par mois, mais sept achats qui restent
En 2025, les adolescents français de 8 à 17 ans suivis par Pixpay dépensent en moyenne 92 € par mois, contre 99 € en 2024, sur 13,2 millions de transactions analysées. Ces chiffres témoignent d’un recul de 7 € qui pèse sur leurs dépenses mensuelles moyennes et force à revoir certaines habitudes de consommation.
L’argent de poche versé par les parents passe de 29 à 26 € par mois, ce qui réduit la marge de manœuvre pour les plaisirs impulsifs. Avec un panier moyen 13 € en baisse de 8 % et une fréquence d’achats stable à sept opérations mensuelles, les ados privilégient davantage les achats jugés utiles, quitte à délaisser les extras numériques ou les petits accessoires.
Ce qui passe à la caisse : l’alimentaire loin devant, Apple en exception
Le baromètre 2026 du Teenage Lab de Pixpay, publié le 16 février 2026, montre que 47 % des transactions des 8‑17 ans concernent l’alimentaire, loin devant les autres postes. Ces flux résument les dépenses alimentaires ados, avec 33 % des achats en grande surface et 14 % dans les restaurants rapides, où chaque encas devient un moment d’autonomie.
Les postes technologiques et l’habillement restent loin derrière, avec respectivement 8 % et 7 % des dépenses des jeunes Pixpay. Au-delà des supermarchés et fast-foods, les achats App Store tirés par Apple, panier moyen à 4 €, concentrent une part des micro-paiements liés aux jeux et aux abonnements, ce qui confirme la place de la marque préférée Apple dans leur quotidien numérique.
Voici quelques exemples significatifs :
- Un déjeuner à 10 € réglé dans un fast-food avec la carte Pixpay.
- Un encas à moins de 5 € acheté en supermarché entre deux cours.
- Un contenu numérique à 4 € payé sur l’App Store pour un jeu mobile.
Fast-food, supermarché, micropaiements : le quotidien des paniers à 13 €
Selon les données 2025 du Teenage Lab de Pixpay, le panier moyen des 8‑17 ans se limite à 13 €, soit 8 % de moins qu’en 2024. Les jeunes gardent leurs sorties et leurs envies, mais répartissent leurs dépenses sur sept achats mensuels plutôt modestes. Cette consommation en micropaiements révèle une vigilance financière nouvelle.
Au quotidien, les sorties se concentrent sur des enseignes connues. Chez McDonald’s, un ticket moyen fast-food tourne autour de 10 €, tandis qu’un panier chez Carrefour City avoisine 4 €, favorisant des achats de proximité et des petits achats du goûter partagés.
Rallonge, objectifs d’épargne : quand les ados négocient avec leurs parents
Avec un argent de poche ramené à 26 € par mois en 2025, nombre d’ados peinent à financer sorties et achats numériques. Selon Pixpay, près de 30 % des utilisateurs sollicitent alors une demande de rallonge sur application, ce qui ouvre la voie à une vraie gestion d’argent en famille structurée et discutée chaque semaine.
Les 13,2 millions de transactions analysées par Pixpay montrent que les 8‑17 ans ne pensent pas qu’à dépenser. Quand une cagnotte progresse, seuls 10 % voient leur objectif d’épargne atteint, mais cette discipline nourrit l’éducation financière des jeunes et influe déjà sur leurs projets futurs.
Avec l’inflation, les discussions sur le budget familial sont devenues plus fréquentes. Les ados voient ce que coûtent les courses ou un menu au fast-food, et cette transparence les aide à prendre l’habitude de réfléchir avant chaque dépense.
Caroline Ménager, cofondatrice de Pixpay
Les régions creusent l’écart : de la Corse à la Normandie, 37 % de différence
Selon le Teenage Lab de Pixpay, les ados de 8 à 17 ans ne vivent pas le même rapport à l’argent selon leur région. En 2025, la Corse atteint 113 € de budget mensuel quand la Normandie plafonne à 82,4 €, ce qui creuse des écarts de consommation de 37 % entre ces territoires.
Ces chiffres issus de 13,2 millions de paiements montrent des habitudes bien contrastées. Les parents ajustent les dépenses par région, ce qui rend les ados corses plus dépensiers que leurs voisins, tandis que les ados normands moins dépensiers arbitrent davantage entre sorties, fast-food et achats sur mobile.