Fin des vacances : 51% des français ont le syndrome de l’autruche avec leur compte bancaire par peur du solde

Par Louise Caron

La rentrée révèle parfois une inquiétude moins visible que les dépenses scolaires. Après l’été, ouvrir son application suffit à confronter les ménages au solde bancaire après les vacances.

Le geste paraît banal, mais certains préfèrent le différer. Selon l’enquête Yomoni menée auprès de 3 115 personnes, 51 % des Français ont déjà cédé au syndrome de l’autruche financière, et 17 % repoussent la consultation pendant plusieurs jours, voire des semaines. Face aux chiffres, le déni finit par s’imposer.

Septembre rivalise avec Noël et les impôts dans l’angoisse budgétaire

L’enquête de Yomoni, menée auprès de 3 115 personnes, révèle une rentrée particulièrement redoutée. Au total, 49 % des Français estiment que le stress financier de septembre atteint ou dépasse celui ressenti à Noël et durant la période des impôts, deux échéances déjà réputées éprouvantes pour le portefeuille.

Dans le détail, 21 % des répondants décrivent septembre comme la période la plus tendue de l’année, tandis que 28 % la placent au même niveau que les fêtes ou les impôts. Ce pic d’angoisse budgétaire reste néanmoins étranger à 23 % des sondés, et 11 % ne ressentent aucun stress particulier.

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Épargne, découvert, revente : les moyens mobilisés pour payer la rentrée

Après les vacances, 39 % des Français financent leurs achats avec leurs revenus courants, sans rencontrer de difficulté particulière. Pour les autres, les dépenses de rentrée nécessitent plusieurs ressources. Certains puisent dans leur épargne de précaution, notamment sur un Livret A ou un LDDS, quand d’autres retirent de l’argent de placements plus durables.

  • 27 % utilisent leur épargne disponible ;
  • 7 % retirent de l’argent d’une assurance-vie, d’un PEA ou d’un autre placement ;
  • 9 % sollicitent un crédit ou leur découvert ;
  • 7 % vendent des biens sur une plateforme ;
  • 11 % ne signalent aucune dépense particulière.

Les solutions retenues témoignent de marges budgétaires contrastées. Le recours au découvert bancaire ou au crédit concerne 9 % des répondants. Pour 7 % d’entre eux, la revente d’objets en ligne sur Vinted, Leboncoin ou une plateforme comparable offre un complément ponctuel afin d’absorber les frais laissés par l’été.

La crainte de bloquer son argent freine 56 % des Français

Plus d’un Français sur deux reconnaît avoir limité ou abandonné une démarche d’épargne par crainte de manquer de liquidités face à un imprévu. Cette peur de bloquer son argent pousse 32 % des répondants à conserver leurs fonds sur un compte courant ou un livret, tandis que 24 % réduisent les montants investis.

Le rendement espéré se heurte ainsi au besoin de sécurité quotidienne. La disponibilité immédiate de l’épargne demeure privilégiée pour régler une facture imprévue ou les achats de septembre, quitte à retarder certains projets d’investissement. À l’inverse, 33 % des sondés ne se sont jamais laissé freiner par cette crainte et 11 % n’ont jamais envisagé d’investir.

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Consulter son solde devient une épreuve après les vacances

Le retour des congés peut repousser le moment de regarder ses finances en face. L’évitement du compte bancaire concerne 51 % des répondants : 34 % reconnaissent l’avoir pratiqué une ou deux fois, tandis que 17 % diffèrent la consultation de leur solde pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

  • 17 % repoussent la vérification durant plusieurs jours ou semaines ;
  • 34 % ont évité leurs comptes une ou deux fois ;
  • 33 % continuent de les consulter avec constance ;
  • 16 % n’ont jamais éprouvé ce besoin d’évitement.

Reporter cette vérification ne change pas les sommes débitées, mais retarde leur confrontation avec la réalité. La peur du solde traduit ainsi un malaise budgétaire après les vacances. Face à cette appréhension, 33 % des Français gardent leurs habitudes de consultation, quelles que soient leurs dépenses, et 16 % n’ont jamais évité leurs comptes.

La charge mentale financière pèse davantage sur les femmes

À la rentrée, 32 % des femmes déclarent tenir seules les comptes du foyer, contre seulement 17 % des hommes. Cet écart dans la gestion du budget familial révèle une charge mentale financière plus forte du côté féminin, notamment lorsque les factures, les achats scolaires et les prélèvements de septembre s’accumulent.

Le partage à parts égales concerne 29 % des femmes et 31 % des hommes. Les inégalités entre femmes et hommes ressortent aussi lorsque le conjoint décide seul, situation rapportée par 7 % des femmes contre 21 % des hommes. Quant aux arbitrages financiers du foyer, ils ne suivent aucune organisation définie chez 8 % des femmes et 11 % des hommes.

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La rentrée devient le nouveau rendez-vous des résolutions financières

Septembre donne à 69 % des Français l’envie de revoir leurs habitudes liées à l’argent. Parmi ces résolutions financières de rentrée, la réduction des dépenses superflues domine avec 45 % des réponses. L’objectif consiste principalement à compenser les frais accumulés pendant l’été et à retrouver un budget plus respirable.

Cette remise à plat passe aussi par des habitudes plus structurées. Ainsi, 28 % des répondants envisagent un virement automatique d’épargne, tandis que 19 % souhaitent ouvrir un placement ou commencer à investir. Un bilan patrimonial attire 17 % des sondés, 12 % recherchent un accompagnement personnalisé et 31 % ne prennent aucune résolution financière en septembre.

Une rentrée qui absorbe aussi les rentrées d’argent inattendues

Une prime, un remboursement ou un cadeau reçu avant septembre serait consacré en priorité aux frais de rentrée par 36 % des Français. Cette somme d’argent inattendue servirait donc davantage à soulager immédiatement le budget qu’à financer un plaisir personnel ou à développer durablement le patrimoine du foyer.

Le financement des dépenses de septembre devance le dépôt sur un livret, envisagé par 24 % des répondants. L’investissement dans une assurance-vie, un PEA ou en Bourse recueille 21 % des réponses. Les autres utiliseraient cet argent pour rembourser leurs dettes ou leur découvert à 11 %, tandis que 8 % préféreraient s’accorder un achat plaisir.

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