Vates accueille des investisseurs, mais garde la main sur son avenir. Rentable depuis 2016, cet éditeur français de logiciels réalise sa première levée de fonds, de 30 millions d’euros, auprès d’IRIS et de Bpifrance.
Le rachat de VMware par Broadcom incite les entreprises à revoir leurs infrastructures. Vates entend profiter de cette ouverture grâce à sa plateforme de virtualisation open source, en accélérant ses développements et sa présence internationale. Active dans une centaine de pays, elle réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’export. Ses cofondateurs restent majoritaires.
Une première levée sur un marché de la virtualisation en recomposition
Le 6 octobre 2026, Vates annonce sa première levée de 30 millions d’euros pour accélérer son activité de virtualisation open source. L’éditeur français accueille IRIS, via son fonds de croissance Growth, et Bpifrance, via son fonds Large Venture. Cette opération donne des moyens à une entreprise jusque-là financée par ses propres revenus.
Certaines entreprises reconsidèrent aujourd’hui leurs solutions de virtualisation, confrontées à une refonte des offres du marché. Depuis le rachat de VMware par Broadcom, l’évolution des modèles de licences et la hausse des coûts d’infrastructure les poussent à chercher une alternative. Vates mise sur une plateforme entièrement ouverte, moins dépendante d’un fournisseur unique.
Vates réalise déjà 90 % de son chiffre d’affaires à l’export
Le portefeuille de Vates dépasse désormais 1 000 clients, répartis dans une centaine de pays. La part de l’export atteint 90 % de son chiffre d’affaires, reflet d’une croissance à l’international déjà bien installée. L’éditeur fait état d’une progression de plus de 65 % de son activité en 2025.
À elle seule, l’Amérique du Nord représente près de 50 % de l’activité de Vates. Le marché nord-américain occupe donc une place centrale dans ses projets d’expansion. En 2026, l’éditeur a intégré pour la première fois le Magic Quadrant de Gartner consacré aux plateformes de virtualisation d’infrastructure ; il affirme être le seul acteur français à y figurer.
La plateforme et le réseau de partenaires au cœur des investissements
Le financement doit notamment renforcer la plateforme de Vates. L’éditeur prévoit d’améliorer les performances, le stockage et l’automatisation des environnements virtualisés, y compris à grande échelle. La sécurité des infrastructures figure parmi les chantiers, au même titre que l’accueil de charges de travail liées à l’intelligence artificielle.
Vates vise notamment les grandes entreprises, les acteurs publics et les fournisseurs de services. Pour son développement commercial international, l’éditeur concentre ses efforts sur l’Amérique du Nord et l’Europe. La même enveloppe servira à étendre son réseau de partenaires technologiques et à mobiliser davantage de distributeurs et d’intégrateurs, chargés de faciliter les migrations des clients vers sa plateforme.
Cette levée nous donne les moyens d’exécuter beaucoup plus vite et d’opérer à une tout autre échelle, sans renoncer à notre indépendance ni aux principes open source qui ont fait notre succès.
Olivier Lambert, directeur général et cofondateur de Vates
Les cofondateurs conservent la majorité du capital
Depuis 2016, Vates est rentable et autofinancé, sans recours à des investisseurs. L’arrivée d’IRIS et de Bpifrance ne modifie pas le contrôle du capital : les cofondateurs demeurent majoritaires. Leur objectif est de financer un changement d’échelle sans céder la direction de l’entreprise.
Cette ouverture du capital ne change pas la ligne de Vates. L’entreprise défend son indépendance technologique et maintient ses logiciels en open source. Elle associe l’interopérabilité des plateformes à la réversibilité, afin de préserver la liberté de choix des clients lors des migrations.