Les CV s’empilent, mais les postes peinent à trouver preneur. Sur le marché de l’emploi, la hausse de 18 % des candidatures révèle un paradoxe, les profils affluent, les compétences attendues restent hors de portée.
Malgré cet afflux de CV, les candidats jugent leur recherche plus difficile qu’il y a deux ans. Selon une enquête menée auprès de 2 532 candidats et 695 recruteurs, les intentions d’embauche restent stables ou progressent chez 68,9 % des recruteurs. Les CV affluent. L’embauche peine à suivre.
Davantage de candidatures, mais des compétences qui manquent
À Rennes, le 8 octobre 2026, Hellowork dévoile sa 17e enquête, menée auprès de 2 532 candidats et 695 recruteurs. Les candidatures par offre ont grimpé de 18 % en un an, tandis que le nombre d’offres reculait de 9 % au premier semestre 2026. L’afflux ne suffit pas à combler les postes vacants.
Le paradoxe tient aux profils. Le manque de compétences recherchées constitue le premier défi pour 53,8 % des recruteurs, contre 39 % en 2025 ; 71,9 % jugent satisfaisante moins d’une candidature sur quatre. L’écart entre les profils et les besoins nourrit ce malaise : 88,3 % des candidats trouvent leur recherche plus difficile qu’il y a deux ans ; 63 % jugent accrues les exigences des recruteurs.
Les candidats renoncent face aux offres floues ou irréalistes
L’envie de postuler peut s’éteindre au premier coup d’œil : 96 % des candidats ont déjà renoncé à postuler. Si les exigences jugées irréalistes dominent les motifs, une description imprécise ou un salaire absent suffit aussi à les faire passer leur chemin. La clarté des missions proposées devient alors décisive.
- 53,9 % citent des exigences irréalistes ; 46,9 %, une description floue.
- 39,5 % mentionnent l’absence de salaire parmi leurs motifs de renoncement.
Chaque détail pèse déjà dans le choix des candidats. Les missions et le salaire comptent parmi leurs trois premiers critères pour 83,8 % et 82,4 % respectivement. Or 61,7 % ont découvert un poste éloigné de l’annonce. La transparence salariale avance : 75,4 % des recruteurs affichent toujours une rémunération, soit 7,4 points de plus qu’en 2025 ; son absence freine 48,3 % des candidats.
Les refus reçoivent-ils vraiment une réponse ?
Postuler ne garantit pas que vous connaîtrez la décision du recruteur. Le silence après un refus touche 66,2 % des candidats interrogés, contre 50 % en 2025. Les recruteurs livrent un tout autre tableau : 93 % affirment répondre systématiquement. Pour 53 % des candidats, un message explicite, même sans personnalisation, suffirait.
La rupture peut survenir avant même un refus. Le suivi des candidatures peut aussi s’interrompre alors que des échanges ont commencé : 44,6 % des recruteurs admettent avoir cessé de répondre à un candidat. À l’inverse, 14,8 % des candidats reconnaissent être partis sans prévenir. Ces abandons en cours de recrutement diffèrent de l’absence de réponse à une candidature rejetée.
L’IA se généralise sans dissiper la méfiance
L’IA s’installe dans le recrutement. Dans l’enquête, 93,1 % des recruteurs l’utilisent, contre 78 % en 2025 ; chez les candidats, 61,1 % y recourent, contre 50 % un an plus tôt. Chez les recruteurs, l’intelligence artificielle générative sert surtout à la rédaction des offres (81,1 %), loin devant le tri automatisé des candidatures (8,5 %).
Reste un sentiment de défiance : 61,8 % des candidats doutent qu’un humain lise leur dossier ; 65,6 % des recruteurs perçoivent des CV standardisés. Pourtant, 80,3 % des candidats disent n’avoir jamais envoyé de dossier produit par IA sans le modifier. Pour 41,4 %, la personnalisation des candidatures par IA présente un intérêt. Ces réponses reflètent les répondants interrogés, pas l’ensemble des recruteurs.
« Candidats et recruteurs voient leur propre usage de l’IA comme une aide, et celui de l’autre comme un risque. Il faut une transparence totale, mais bien formulée : dire clairement où l’IA intervient, et où elle n’intervient pas. »
Loïc Le Terrien, directeur exécutif Emploi du groupe Hellowork
La performance avant la souveraineté numérique chez les recruteurs
Pour une plateforme de recrutement, le pays de développement compte. 74,4 % des candidats et 70,2 % des recruteurs interrogés accordent de la valeur à l’origine des outils RH créés en France ou en Europe. Cette préférence nourrit la confiance numérique, sans pour autant dicter le choix d’une plateforme.
Cette préférence géographique n’emporte pas à elle seule la décision. Dans leurs choix, les recruteurs placent la performance des solutions en tête : 85 % placent la qualité des candidatures au premier rang. Hellowork relève une hiérarchie entre souveraineté numérique et efficacité : un outil français ou européen doit rapprocher les profils des besoins des entreprises.