Pour les cadres, 2026 met fin à plusieurs années de hausses salariales successives. D’après le baromètre de l’Apec, leur rémunération annuelle médiane atteint 54 000 euros brut, contre 55 000 euros en 2025.
Depuis le lancement de l’enquête en 2007, la rémunération médiane des cadres n’avait reculé qu’une seule fois. Cette baisse des salaires du secteur privé s’accompagne d’une perte de pouvoir d’achat de 3,6 % en 2026. Les primes reculent, tandis que changer d’employeur débouche moins fréquemment sur une augmentation. Le salaire fixe, lui, reste figé.
Le pouvoir d’achat des cadres recule de 3,6 % en 2026
Le baromètre de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) situe la rémunération médiane à 54 000 euros brut en 2026, contre 55 000 euros en 2025, soit -1,8 %. Avec une inflation en hausse, cette baisse nourrit une érosion du pouvoir d’achat de 3,6 % chez les cadres du privé en France.
Le recul de la médiane n’a qu’un précédent depuis le début du baromètre en 2007 : l’année 2010, après la crise financière. L’Apec chiffre désormais les pertes cumulées depuis 2007 à 11,7 % de pouvoir d’achat, aggravées par la crise inflationniste de 2022. Près de six cadres sur dix disent ressentir cette baisse, indique Annelore Coury, directrice générale de l’Apec. Sur fond d’insatisfaction salariale, les augmentations dominent leurs attentes.
Primes et bonus en baisse, salaires fixes au point mort
Le salaire fixe résiste, pas les primes. En 2026, la part variable explique le recul de la rémunération globale : 46 % des cadres ont obtenu une hausse, contre 53 % en 2025 et 60 % en 2024. Ce coup de frein touche presque toutes les fonctions, tandis que les salaires fixes restent au point mort.
Les entreprises resserrent la distribution des bonus liés aux performances individuelles ou aux résultats de l’activité. Ces compléments de rémunération concernaient 54 % des cadres en 2024, contre 48 % en 2026. Si votre salaire de base ne bouge pas, une prime en berne suffit ainsi à amputer la somme réellement perçue sur toute l’année, sans réduction du fixe.
Sur un marché de l’emploi ralenti, changer d’entreprise paie moins souvent
Dans le privé, l’emploi recule depuis deux ans, sur fond d’activité ralentie et de flambée des prix de l’énergie. Selon une étude de publiée fin août, les intentions d’embauche atteignent un point bas : seules 7 % des entreprises prévoyaient de recruter au moins un cadre au troisième trimestre 2026. Annelore Coury décrit un rapport de force inversé entre cadres et employeurs.
Changer d’employeur ne garantit plus le même saut de salaire qu’auparavant. En 2026, la mobilité professionnelle a permis à 54 % des cadres concernés d’être mieux rémunérés, contre 60 % en 2024 et en 2025. Une mutation interne peut encore soutenir la paye, surtout avant 40 ans, mais le ralentissement des recrutements réduit aussi les occasions de négocier.
Les 30-49 ans subissent le plus fort coup de frein salarial
Entre 30 et 49 ans, les augmentations se font plus rares que pour les autres cadres. La proportion de cadres augmentés en milieu de carrière a perdu 7 à 8 points par rapport à 2025. Concrètement, ces hausses salariales moins fréquentes s’accompagnent d’un recul des rémunérations médianes chez les trentenaires et chez les quadragénaires.
Chez les 30-39 ans, la médiane glisse de 52 000 à 51 000 euros brut par an en 2026. Pour les 40-49 ans, elle descend de 60 000 à 58 000 euros brut par an. À l’inverse, près des deux tiers des moins de 30 ans ont obtenu une hausse de rémunération cette année, une proportion stable.
Un écart de 12 000 euros de rémunération médiane entre petites et grandes entreprises
Les écarts ne se limitent pas à l’âge ou aux fonctions. Selon la taille de l’entreprise, la rémunération médiane atteint 49 000 euros brut dans les sociétés de moins de 50 salariés, contre 61 000 euros dans celles de plus de 5 000 salariés. La comparaison révèle des disparités de rémunération atteignant 12 000 euros bruts par an.
En 2026, les chances d’augmentation suivent la même hiérarchie. Les cadres des grands groupes ont été augmentés plus fréquemment que ceux des petites structures. L’Apec observe qu’à postes équivalents, femmes et hommes cadres ont été augmentés dans les mêmes proportions. À profil comparable, l’écart salarial demeure de 6,8 %, comme en 2025, contre 7,1 % en 2022.
Source : lesechos.fr