Un auto-entrepreneur paie des cotisations sociales et une contribution à la formation professionnelle sur ses recettes.
S’y ajoutent l’impôt sur le revenu, certaines taxes selon sa situation et les dépenses de son activité. Il n’existe donc pas de taux global valable pour tous : le montant à prévoir dépend aussi du métier exercé et des options choisies.
Les cotisations sociales portent sur les recettes encaissées
Les cotisations se calculent sur le chiffre d’affaires encaissé, hors taxes, et non sur votre bénéfice. Une facture encore impayée n’entre pas dans le calcul. Vos achats ou commissions ne sont pas soustraits.
| Activité | Taux social en 2026, hors Acre |
|---|---|
| Achat-revente de marchandises (BIC) | 12,3 % |
| Prestations commerciales ou artisanales de services (BIC) | 21,2 % |
| Activités libérales non réglementées et autres services BNC hors Cipav | 25,6 % |
| Professions libérales relevant de la Cipav (BNC) | 23,2 % |
Ces taux concernent la métropole. Certaines activités d’hébergement et les territoires d’outre-mer suivent des règles spécifiques.
Vous déclarez vos recettes à l’Urssaf chaque mois ou trimestre, même si elles sont nulles. Sans encaissement, aucune cotisation sociale n’est due dans le régime ordinaire, hors option pour des cotisations minimales. Des frais fixes et, selon votre situation, la CFE peuvent néanmoins rester à payer.
La formation professionnelle se paie en plus
La contribution à la formation professionnelle (CFP) s’ajoute au taux social : 0,1 % du chiffre d’affaires pour le secteur commercial, 0,3 % pour l’artisanat et 0,2 % pour les activités libérales. C’est le secteur d’activité qui détermine ce taux, pas seulement la catégorie BIC ou BNC. Consultez l’échéance de paiement dans votre espace Urssaf.
L’Acre : une réduction temporaire, revue en juillet 2026
Pour une activité commencée à partir du 1er juillet 2026, l’Acre réduit les cotisations sociales de 25 % : vous payez 75 % du taux normal. Les taux minorés publiés par l’Urssaf sont de 9,3 % pour la vente, 15,9 % pour les services BIC, 19,2 % pour les BNC non réglementés et 17,4 % pour les professions libérales relevant de la Cipav.
L’aide est soumise à conditions et doit être demandée à l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité. Elle s’arrête à la fin du troisième trimestre civil suivant le début d’activité déclaré, et ne dure donc pas forcément douze mois. Elle ne réduit ni la CFP ni l’impôt.
Pour une activité commencée avant juillet, les anciens taux peuvent rester applicables pendant la période d’Acre déjà ouverte.
L’impôt sur le revenu se calcule à part
Sans versement libératoire, vous reportez vos recettes sur la déclaration annuelle de revenus. L’administration applique un abattement forfaitaire :
- 71 % pour l’achat-revente,
- 50 % pour les prestations BIC,
- et 34 % pour les BNC.
Certaines locations touristiques suivent d’autres règles.
Le montant restant s’ajoute aux autres revenus du foyer et relève du barème progressif. Un abattement de 50 % n’est donc pas un taux d’impôt. Vous ne déduisez pas ensuite vos charges réelles ou vos cotisations sociales : elles sont déjà prises en compte forfaitairement.
Le versement libératoire, sous conditions de revenus
Cette option permet de payer l’impôt avec les déclarations à l’Urssaf : 1 % du chiffre d’affaires pour les activités de vente concernées, 1,7 % pour les services BIC et 2,2 % pour les BNC. Ces taux s’ajoutent aux cotisations et à la CFP.
Pour l’utiliser en 2026, le revenu fiscal de référence du foyer de 2024 ne doit pas dépasser 29 315 € pour une part de quotient familial. Le plafond augmente avec le nombre de parts. Il faut aussi respecter les autres conditions du régime et les délais d’option.
Les recettes restent à déclarer chaque année : elles interviennent notamment dans le revenu fiscal de référence et le taux appliqué aux autres revenus du foyer. L’impôt déjà payé n’est pas dû une seconde fois, mais cette option n’est pas nécessairement la moins chère.
La CFE et les taxes liées à votre activité
La cotisation foncière des entreprises (CFE) peut être due même si vous travaillez à domicile ou chez vos clients. Son montant dépend de la commune et du local, ou de la base minimum appliquée.
L’année civile de création est exonérée, mais la déclaration initiale n° 1447-C-SD reste à déposer au plus tard le 31 décembre de cette année. L’année suivante, la base d’imposition est réduite de 50 %, sans garantir une facture divisée par deux.
Lorsque le chiffre d’affaires de référence ne dépasse pas 5 000 €, l’exonération porte sur la cotisation minimum, pas sur toutes les formes de CFE. On retient généralement le chiffre d’affaires de l’avant-dernière année, ou de l’année précédente à défaut. Une période d’activité inférieure à un an peut être annualisée. L’avis est disponible dans votre espace professionnel des impôts.
Les prélèvements des chambres consulaires
Les taxes pour frais de chambre de commerce et d’industrie (TCCI) ou de chambre de métiers (CMA) concernent certaines activités. Elles ne s’appliquent pas systématiquement aux professions libérales : les activités exclusivement non commerciales sont exonérées de TCCI.
Service Public indique une exonération de ces taxes lorsque le chiffre d’affaires ou les recettes ne dépassent pas 5 000 €. Au-delà, les taux dépendent de l’activité et, pour la CMA, du département. L’Urssaf les perçoit avec les cotisations, séparément de la CFE.
La TVA a ses propres seuils
La franchise en base permet de ne pas facturer la TVA sur les opérations concernées. En contrepartie, vous ne récupérez pas la TVA payée sur vos achats. Ses plafonds sont distincts de ceux du régime micro-entreprise. Les seuils généraux de 2026 sont :
- 85 000 € pour le commerce et certains hébergements, avec un seuil majoré de 93 500 € ;
- 37 500 € pour les services, avec un seuil majoré de 41 250 €.
Le dépassement du seuil de base entraîne en principe la sortie de franchise l’année suivante. Celui du seuil majoré rend la TVA applicable dès le jour du dépassement.
Le seuil unique de 25 000 € a été abandonné et ne s’applique pas en 2026. La TVA collectée n’est pas une cotisation ; le montant à reverser tient compte de la TVA déductible selon les règles applicables. Certaines professions et opérations internationales ont des règles particulières.
Les frais professionnels réduisent ce qu’il vous reste
Les achats de matériel, les logiciels, les déplacements, les commissions ou le loyer diminuent l’argent disponible, mais pas l’assiette des cotisations. Au régime micro-fiscal, ils ne sont pas non plus déductibles pour leur montant réel.
Les assurances dépendent du métier : la responsabilité civile professionnelle n’est obligatoire que pour certaines professions. Dans le bâtiment, certaines activités imposent une garantie décennale. Il n’existe pas de tarif d’assurance universel.
Quand faut-il un compte bancaire dédié ?
Un compte dédié à l’activité devient obligatoire lorsque le chiffre d’affaires annuel dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives. Il peut s’agir d’un compte personnel distinct : un compte professionnel payant n’est pas exigé par principe.
Pour une activité commerciale, Service Public précise toutefois que le compte dédié est obligatoire même sans atteindre ce seuil.
Exemple : 10 000 € de recettes en activité libérale
Pour une activité libérale non réglementée BNC hors Cipav, en métropole et sans Acre, 10 000 € encaissés donnent :
- Cotisations sociales : 10 000 € × 25,6 % = 2 560 €.
- CFP : 10 000 € × 0,2 % = 20 €.
Le total de 2 580 € couvre uniquement ces deux prélèvements. L’impôt sur le revenu, l’éventuelle CFE et vos frais professionnels ne sont pas compris.
Avec le versement libératoire BNC valablement choisi, les 2,2 % d’impôt représentent 220 € supplémentaires. Le total atteint alors 2 800 € pour les cotisations sociales, la CFP et cet impôt, toujours hors CFE éventuelle, assurances et autres dépenses professionnelles.
Il est primordial de se tenir informé des obligations légales en matière de déclaration et de paiement des charges sociales pour éviter tout problème avec l’URSSAF.
Je suis auto-entrepreneuse depuis peu et j’avoue que je suis perdue dans toutes ces charges à calculer. Heureusement qu’il y a des simulateurs en ligne !
Je suis en train de lancer mon activité en tant qu’auto-entrepreneur, et cet article tombe à pic ! Les charges sociales sont un aspect crucial de la gestion financière, et il est important de les comprendre pour éviter les mauvaises surprises.
La gestion des charges sociales est un aspect important pour tout entrepreneur, et cet article apporte des informations précieuses pour les auto-entrepreneurs. En tant qu’expert-comptable, je recommanderai cet article à mes clients !
Je trouve que les charges sociales sont beaucoup trop élevées pour les auto-entrepreneurs. Cela devrait être plus avantageux pour les petites entreprises…
Je ne comprends pas pourquoi les charges sont différentes selon la nature de l’activité exercée. C’est discriminatoire !
Je trouve que cet article est très utile pour les auto-entrepreneurs débutants, mais aussi pour ceux qui ont déjà un peu d’expérience. Les astuces pour estimer les charges sociales sont particulièrement intéressantes.
C’est très clair, merci pour ces explications ! En tant qu’auto-entrepreneur, les charges sociales sont souvent un vrai casse-tête, mais cet article permet d’y voir plus clair.