Ces villes où les démissions ont le plus explosé en 2025, le classement qui révèle de fortes disparités locales

Par Frederic Becquemin

Les démissions se multiplient dans de nombreuses villes françaises, loin de l’image d’un marché du travail figé. Certaines zones urbaines flambent, quand d’autres semblent encore épargnées par cette vague.

Derrière les moyennes nationales se dessine un paysage heurté, où la stabilité professionnelle varie d’une ville à l’autre. Ces dynamiques de démission reconfigurent la géographie de l’emploi, tandis que les signaux issus des comportements de recherche accentuent fortement les écarts entre territoires, villes sous pression et zones en perte de vitesse.

Cartographie 2025 des dynamiques locales de démission

La géographie des démissions se lit désormais à l’échelle fine des grandes villes françaises, où les écarts entre bassins d’emploi deviennent flagrants. En 2025, l’analyse croise données démographiques, structure des secteurs d’activité et tensions sur l’emploi pour repérer les zones les plus exposées aux ruptures de contrat.

Les cartes produites mettent en lumière des villes où la démission progresse très vite, tandis que d’autres restent relativement stables malgré les incertitudes économiques. En combinant niveau de chômage, salaire médian, accessibilité des transports et profils d’actifs, ces outils dressent de véritables indicateurs territoriaux et font apparaître nettement les disparités régionales qui structurent les mobilités professionnelles.

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Mulhouse, Nancy, Argenteuil en tête : ce qui les distingue

Mulhouse, Nancy et Argenteuil se détachent dans les études récentes comme des points chauds de la démission, bien au‑delà de la moyenne des grandes agglomérations. Ces territoires combinent salaires parfois modestes, forte présence de métiers pénibles et exposition élevée à la précarité, ce qui renforce les hésitations face à la poursuite d’un poste jugé peu porteur.

Les habitants explorent davantage les possibilités de mobilité, que ce soit vers d’autres régions ou vers des métiers plus qualifiés, soutenus par des dispositifs locaux d’accompagnement et de formation. Les projets de reconversion professionnelle s’entremêlent à des préoccupations de santé mentale au travail, à une pression professionnelle jugée excessive et à un marché local de l’emploi parfois perçu comme restreint pour offrir des perspectives.

Les villes qui résistent : Marseille, Toulon et Annecy à contre-courant

Marseille, Toulon et Annecy occupent les dernières positions du classement JobLeads établi pour la période novembre 2023 à novembre 2025. À Marseille, le score tombe à 0,48 sur 10, pour 10 700 recherches mensuelles seulement au total, dont 15 sur l’aide après démission, 5 sur la santé mentale et 102 sur le départ formel.

Toulon affiche un score de 1,35, avec 2 500 recherches mensuelles et 102 requêtes liées à la démission, tandis qu’Annecy atteint 1,82 pour 1 400 recherches et 76 démarches identifiées. Le poids du secteur public, la stabilité de l’emploi public et un fort attachement territorial limitent manifestement les envies de rupture.

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Indicateurs passés au crible : recherches d’aide, santé mentale et démarches

Pour analyser les dynamiques de démission, JobLeads s’appuie sur Google Keyword Planner, sur la période novembre 2023 – novembre 2025, en observant chaque ville de plus de 100 000 habitants. Les requêtes sont regroupées en trois familles : aide post-démission, santé mentale liée au travail et démarches concrètes pour quitter son poste.

Les volumes de recherche sont rapportés à un taux par 10 000 habitants, ce qui permet de rapprocher une grande métropole comme Marseille d’une ville plus compacte comme Mulhouse. JobLeads combine ces intensités autour du processus de démission, de la santé mentale et des besoins d’aide pour établir un score final agrégé compris entre 0 et 10.

VilleRecherches mensuelles moyennesAide post-démission / 10 000 hab.Santé mentale / 10 000 hab.Processus de démission / 10 000 hab.Score de démission /10
Mulhouse2 65038331818,95
Nancy2 70038381828,57
Marseille10 7001551020,48
Toulon2 50022171021,35
Annecy1 400308761,82

Facteurs locaux à l’œuvre : coût de la vie, mobilités et profils d’actifs

À Argenteuil et Saint-Denis, aux portes de Paris, la hausse des loyers et des dépenses du quotidien accentue la pression sur les salariés. Le coût de la vie et des temps de transport allongés nourrissent les envies de départ et de rupture.

À Mulhouse et Nancy, marquées par un héritage industriel et une présence étudiante affirmée, les trajectoires professionnelles se diversifient. Cette mosaïque de profils d’actifs rend plus acceptable la prise de risque, alors qu’à Marseille, Toulon ou Annecy une faible mobilité géographique et un fort ancrage local freinent les démissions franches dans nombre de secteurs et métiers.

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Enjeux pour les salariés et les employeurs en 2025

Les 426 100 démissions de CDI recensées par le ministère du Travail au deuxième trimestre 2025 dessinent un rapport à l’emploi qui évolue vite. Pour les salariés de Mulhouse à Bordeaux, la décision de partir puise dans des conditions de travail jugées usantes, inquiétudes liées à la santé mentale et désir d’une reconversion en phase avec leurs valeurs.

Pour les employeurs, les données collectées par JobLeads via Google Keyword Planner mettent au jour une instabilité croissante des trajectoires professionnelles. Ces signaux poussent à revoir la fidélisation des talents et à ajuster des politiques RH plus lisibles sur salaires, flexibilité et santé mentale.

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