Entre burn-out massif et colère sur le salaire, les salariés français au bord de la rupture

Par Louise Caron

En France, les chiffres claquent: 4 salariés sur 10 disent avoir vécu un épuisement, et plus de 6 sur 10 contestent leur paie au regard des charges.

La tension ne reste pas cantonnée au bureau. Derrière l’insatisfaction salariale, la charge s’alourdit, les semaines s’étirent, et le burn-out au travail cesse d’être une exception. Aidants et jeunes recrues tiennent, puis décrochent, quand d’autres encaissent sans bruit. Cette polarisation des vécus fissure les collectifs, multiplie les arrêts et laisse un goût d’impasse, jusqu’à l’épuisement, sans alerte claire. Ça casse.

Rémunération en tension, premier motif de départ

Le baromètre Great Insights 2026 de Great Place To Work France, publié à Paris le 20 janvier 2026, s’appuie sur 4 246 actifs interrogés par Toluna en décembre 2025. Il relève 61 % de salariés insatisfaits, signe d’une tension sur les salaires. Dans le même temps, 67 % n’ont fait aucune demande d’augmentation, freinés par la situation économique (34 %) ou la peur d’être mal perçus (22 %).

Le départ motivé par le salaire domine (31 %), devant le manque de sens (28 %) et l’équilibre pro-perso (27 %). L’égalité de rémunération est citée par 72 %, mais les femmes sont à –7 points. Sur l’accès à la direction, 82 % évoquent l’équité, contre 77 % dans les réponses des femmes.

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Santé mentale et physique, une fatigue qui s’installe

Le même baromètre Great Place To Work France note que 26 % des actifs disent que leur emploi pèse sur leur santé. Parmi eux, 41 % déclarent un épuisement professionnel, avec un pic à 54 % chez les moins de 35 ans. Le corps suit : 43 % rapportent des douleurs liées au travail à certains moments.

Dans les entreprises, les réponses paraissent inégales. Un tiers des répondants ne voit pas de prévention de la santé mentale et la moitié perçoit des mesures pour la santé physique. Cette usure alimente un absentéisme en hausse : 49 % décrivent une organisation perturbée, 58 % dans le public et 44 % dans le privé.

  • 61 % se disent insatisfaits de leur rémunération.
  • 41 % déclarent avoir connu un burn-out, 54 % chez les moins de 35 ans.
  • 43 % évoquent des douleurs physiques liées à l’activité.
  • 49 % constatent des perturbations d’organisation liées à l’absentéisme.

Aidants au travail, entre épuisement et respiration

L’enquête Great Insights 2026, réalisée en décembre 2025 par Toluna pour Great Place To Work France auprès de 4 246 actifs, met en lumière un point discret : deux salariés sur dix sont des aidants au sein de leur foyer. Parmi ces salariés aidants, 64 % disent avoir déjà connu un burn-out, contre 35 % des autres.

Le travail sert pourtant de soupape à 62 % d’entre eux, qui estiment qu’il améliore leur santé mentale. Côté entreprise, les aménagements d’horaires (41 %) devancent le congé de proche aidant (26 %) et le soutien psychologique (20 %), trois appuis jugés trop rares quand l’épuisement s’installe.

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Envie de responsabilités, mais pas du costume de manager

Le 20 janvier 2026, à Paris, Great Place To Work France pointe une ambition nette : 53 % des salariés souhaitent davantage de responsabilités. La progression de carrière motive 74 % d’entre eux, devant l’augmentation de salaire (72 %) et l’accès aux décisions (54 %), dans ce trio.

Le passage au management freine pourtant : le terrain décrit un poste exposé, sans temps ni formation. Près de quatre managers sur dix manquent de formation, un sur deux de temps, et la charge managériale se heurte aux attentes envers dirigeants : écoute (55 %), qualité de vie (46 %), communication (40 %), telles qu’elles ressortent de l’étude.

  • réserver des plages horaires dédiées au management
  • proposer des formations opérationnelles pour les nouveaux managers
  • ouvrir des parcours d’expertise sans management direct
  • clarifier les priorités et les marges de décision des équipes

Intelligence artificielle au quotidien, adoption réelle mais accompagnement en retard

Selon Great Place To Work France, l’étude Great Insights 2026, réalisée par Toluna en décembre 2025 auprès de 4 246 actifs, signale une pratique déjà installée. Les outils d’IA générative sont utilisés par 59 % des salariés, dont 63 % de façon fréquente, avec un écart entre moins de 35 ans (74 %) et 35 ans et plus (52 %).

Le déploiement avance sans mode d’emploi partagé. Seuls 47 % déclarent un accompagnement des usages ; les autres bricolent, et l’efficacité promise se transforme en doutes. À terme, la fracture numérique au travail peut s’élargir entre équipes formées et métiers laissés de côté.

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Ce que ces fractures révèlent du fonctionnement des organisations

Présentés à Paris le 20 janvier 2026, ces résultats décrivent une relation employeur-salarié sous tension. La confiance dans l’entreprise se heurte à la fiche de paie : 61 % se disent insatisfaits de leur salaire, alors que 67 % n’ont pas demandé d’augmentation sur les 12 derniers mois.

La charge de travail finit par se payer. 41 % déclarent avoir déjà connu un burn-out, et 49 % voient des problèmes d’organisation liés à l’absentéisme. Ce cumul pointe un modèle managérial fragilisé, où la qualité de vie au travail dépend de marges de manœuvre réelles.

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