Formation en recul : près de 3 recruteurs sur 4 prévoient de réduire les budgets malgré la tension

Par Frederic Becquemin

Le budget 2026 s’enlise à l’Assemblée, et l’incertitude politique pèse sur les embauches. Dans les directions RH, la prudence budgétaire des entreprises s’impose, même quand les équipes manquent.

Selon une étude relayée par la presse, 62 % des entreprises et 39 % des salariés ont déjà revu leurs plans, mobilité, reconversion, ou concessions salariales. Face à la tension du marché, près de 3 recruteurs sur 4 annoncent des budgets formation en baisse, quitte à geler des évolutions internes pendant que l’automatisation sert de variable d’ajustement, sans bruit.

Instabilité politique et marché du travail : un climat qui s’éternise

À Paris, le 15 janvier 2026, la Loi de Finances reste discutée à l’Assemblée nationale. Ce blocage, depuis plusieurs semaines déjà, alimente une instabilité politique persistante et pousse 62 % des entreprises à revoir recrutements et investissements, selon l’étude Indeed–OpinionWay.

Enquête menée du 22 au 30 octobre 2025 auprès de 508 recruteurs et 555 chercheurs d’emploi, ce baromètre décrit un attentisme durable. Face à incertitude économique prolongée, le impact sur l’emploi se lit dans des gels d’embauche, reports de projets et contraintes, dans les structures de 20 salariés et plus.

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Candidats en mouvement, parcours ajustés : formations, reconversions, concessions

Côté candidats, la tension se voit dans les plans révisés : 39 % disent avoir déjà changé de cap. La mobilité professionnelle accrue conduit 23 % vers une reconversion sectorielle, tandis que 15 % misent sur une formation continue en ligne pour retrouver un poste.

Le salaire, lui, reste une ligne rouge. Selon Indeed–OpinionWay, 17 % acceptent un poste sous leur niveau, signe de concessions sur les qualifications, alors que 60 % refusent de baisser leurs prétentions de 10 % ; les cas les plus cités sont listés ci-dessous dans plusieurs secteurs.

  • un changement de secteur, parfois vers la santé ou l’énergie
  • le lancement d’une formation courte, certifiante, pour élargir son profil rapidement
  • l’acceptation d’un poste en dessous de ses qualifications, le temps de rebondir
  • le maintien d’un seuil salarial, malgré une concurrence locale

Formation et carrières au ralenti dans les entreprises

L’enquête Indeed–OpinionWay, menée en ligne du 22 au 30 octobre 2025, décrit des arbitrages secs. Une réduction des formations internes est annoncée par 76 % des recruteurs, avec un pic dans les PME de 20 à 249 salariés (86 %), devant les ETI (80 %) et les entreprises de 1 000 salariés et plus (68 %).

Les trajectoires internes se figent : 79 % veulent limiter les évolutions. Un gel des promotions est déjà tranché par 24 %, tandis que 74 % évoquent un gel des salaires, montant à 80 % dans les PME, ce qui complique la gestion des compétences au quotidien.

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PME et ETI en première ligne : fermetures envisagées, secteurs exposés

À Paris, le 15 janvier 2026, Indeed relie l’instabilité politique à des décisions défensives. L’étude indique la vulnérabilité des pme : 30 % des recruteurs craignent une cessation d’activité si la crise dure, proportion qui monte à 41 % dans les PME et 46 % dans les ETI, sur fond de pression sur trésorerie persistante.

Les signaux les plus durs viennent des plus petites structures. Le risque de fermeture est déjà acté par 10 % des entreprises, jusqu’à près de 27 % chez celles de 20 à 49 salariés ; l’étude pointe des secteurs tertiaires fragilisés, détaillés ci-dessous.

  • Services : 35 %
  • Tertiaire : 31 %
  • Industrie & BTP : 28 %
  • Commerce/Transports – Hébergement – Restauration : 23 %

Un paradoxe criant autour de la formation des salariés

Le baromètre Indeed–OpinionWay, présenté à Paris le 15 janvier 2026, décrit des actifs soucieux de rester employables. Derrière l’appétit de formation, 15 % suivent déjà un parcours pour consolider un CV fragilisé rapidement. En face, 76 % des recruteurs annoncent une réduction des budgets dédiés.

Menée en ligne du 22 au 30 octobre 2025, l’enquête interroge 508 recruteurs et 555 chercheurs d’emploi, dans des entreprises privées d’au moins 20 salariés. La coupe budgétaire RH assumée entretient l’écart entre les attentes des entreprises et les projets de reconversion des candidats qui misent sur des compétences rares, dès 2026.

Automatisation et délocalisations comme soupape, mais à quel coût social ?

Du côté des employeurs, 58 % disent chercher une issue en déplaçant une partie de l’activité ou en remplaçant des métiers par la technologie. Les ETI sont 70 % à l’envisager, contre 61 % des PME et 53 % des groupes de 1 000 salariés et plus, via l’automatisation des postes ou la délocalisation partielle d’activités.

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Sur le papier, la manœuvre protège les marges, mais elle fragilise les équipes quand les parcours internes se figent et que la formation recule. Dans l’étude, 30 % des recruteurs citent un risque de fermeture si la crise dure, nourrissant le coût social de l’ajustement pour salariés et territoires à court terme.

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