Les violences faites aux femmes traversent les lieux de travail et exposent les employeurs à une responsabilité sociale accrue. Cette prise de conscience amène à renforcer l’engagement RH contre ces atteintes.
Porté par l’ANDRH et ses partenaires, le dispositif Safe Place se déploie progressivement dans les grandes entreprises comme dans les PME. Formations, protocoles d’alerte, référents dédiés structurent désormais le soutien en entreprise face aux violences conjugales ou sexuelles signalées par les salariées. L’objectif reste concret, proposer sur le lieu de travail un repère sûr, capable d’organiser rapidement l’accompagnement des victimes adapté.
Safe Place prend de l’ampleur au sein des organisations
Au sein de l’ANDRH, la lutte contre les violences faites aux femmes s’ancre désormais dans la durée. Les équipes déploient des guides pratiques RH qui détaillent les signaux d’alerte, les procédures à suivre et les ressources locales vers lesquelles orienter les salariées.
Les contenus de ce programme Safe Place s’appuient sur des retours d’expérience terrain issus de grandes entreprises comme de PME, ce qui rassure les directions. La sensibilisation des managers devient un axe prioritaire, avec des ateliers, mises en situation et campagnes internes pour faire de chaque encadrant un relais d’alerte et de soutien.
Que peuvent faire les équipes RH face aux situations d’urgence ?
Les services RH se voient de plus en plus sollicités lorsqu’une situation de violence surgit dans la vie privée d’une collaboratrice. Des protocoles donnent un cadre au repérage en entreprise, en rappelant que seules les confidences volontaires et l’observation de signaux répétés peuvent justifier une alerte vers les interlocuteurs compétents.
Les équipes disposent ensuite de fiches réflexes pour l’orientation des salariées vers les associations spécialisées, les forces de l’ordre ou la médecine du travail. Des aménagements du travail temporaires et une véritable gestion d’urgence sont possibles : changement de planning, badge désactivé pour l’agresseur connu, accompagnement lors d’un dépôt de plainte.
Quand le monde du travail se mobilise contre les violences faites aux femmes, chaque signal pris au sérieux peut changer un destin.
Audrey Richard, présidente de l’ANDRH
L’entreprise comme espace d’écoute et de soutien
La présence quotidienne au travail crée un cadre où la parole peut se libérer plus facilement qu’ailleurs, à condition que la culture interne favorise un réel climat de confiance. Les actions menées autour de Safe Place visent justement à rappeler que les remarques minimisantes ou les indiscrétions peuvent réduire au silence les victimes.
Des référents formés, une charte affichée et des temps dédiés au dialogue transforment l’entreprise en véritable point d’appui professionnel pour celles qui subissent des violences. Les directions travaillent aussi sur la protection des collaboratrices en cas de menace directe sur le lieu de travail, en coordonnant les décisions avec la sécurité interne et les services publics.