Les femmes dans la tech jugent les métiers attractifs à 62% mais pointent des stéréotypes à 49%

Par Louise Caron

Les chiffres dessinent une tension nette. Selon une étude Notify publiée en avril 2026, 62% des femmes françaises interrogées voient dans la tech des métiers attractifs, portés par l’innovation, les carrières et les salaires.

Mais l’adhésion bute sur une frontière moins visible. Parmi les répondantes, 49% associent encore le secteur technologique aux stéréotypes de genre, avec des effets sur l’orientation, la confiance et la projection professionnelle. L’envie existe, la porte paraît entrouverte, et le doute s’installe tôt, sans bruit apparent.

Une étude Notify qui interroge les freins à l’entrée dans la tech

À l’approche du 23 avril 2026, Notify publie une étude centrée sur le rapport des femmes françaises aux emplois technologiques. Cette enquête représentative éclaire un paradoxe : l’attrait progresse, mais les barrières culturelles restent bien présentes.

Menée en avril 2026 auprès de 1 024 femmes françaises de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, l’étude accompagne la Journée des femmes dans les technologies de l’information et de la communication. Elle interroge la place des femmes dans les métiers des TIC, encore marqués par une sous-représentation persistante.

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L’école primaire apparaît comme un moment décisif

Les réponses recueillies déplacent le sujet vers les premières années de scolarité. Avant le lycée, l’orientation scolaire se construit déjà : 34% des femmes déclarent ne pas avoir été assez encouragées, et 26% pas du tout, durant leur parcours éducatif.

Le déclic paraît très précoce, puisque 48% citent l’école primaire comme âge clé, devant le collège à 32%, le lycée à 12% et l’enseignement supérieur à 8%. L’étude invite ainsi à renforcer l’accompagnement précoce et à nourrir l’intérêt scientifique avant que les représentations ne se figent.

  • 12% disent avoir été pleinement soutenues.
  • 28% évoquent un soutien partiel.
  • 34% jugent l’encouragement insuffisant.
  • 26% déclarent n’avoir reçu aucun encouragement.
48% des répondantes situent le déclenchement de l’intérêt pour la tech dès l’école primaire.

L’IA et la data attirent malgré une image encore divisée

Les métiers liés à l’IA et aux données suscitent une curiosité réelle. Selon Notify, 62% des répondantes les jugent attractifs, dont 18% très attractifs et 44% plutôt attractifs. Cette dynamique bénéficie à l’intelligence artificielle, perçue comme un terrain d’avenir.

La réserve demeure sensible : 25% trouvent ces métiers peu attractifs et 13% pas du tout. Derrière l’intérêt pour les métiers de la data, l’image professionnelle reste donc partagée, entre promesse de carrière, technicité intimidante et difficulté à se projeter durablement.

Cette étude montre que tout se joue très tôt. L’intérêt pour les métiers de la tech ne se construit pas au lycée ou dans le supérieur, mais dès les premières années de scolarité. Il y a un véritable enjeu de pédagogie auprès des plus jeunes pour déconstruire les stéréotypes et ouvrir le champ des possibles

Elodie Frey, CSM team Leader chez Notify

Salaire, carrière et innovation portent l’intérêt des répondantes

Les motivations avancées dessinent un mélange de pragmatisme et de projection. Le salaire arrive en tête avec 42% des réponses, signe qu’une rémunération attractive compte fortement dans l’intérêt porté aux métiers technologiques.

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Les autres critères montrent une attente plus large : 38% citent les perspectives de carrière, 36% l’innovation technologique, 29% l’impact sociétal et 24% la créativité. Les répondantes associent donc la tech à des opportunités concrètes, mais aussi à la possibilité d’agir sur des usages quotidiens.

La visibilité des femmes reste jugée trop faible

Le manque de visibilité féminine ressort nettement dans les réponses. 42% des femmes interrogées estiment qu’il n’y a pas assez de femmes reconnues dans la tech, tandis que 18% jugent qu’il n’y en a pas du tout.

Ce déficit de représentation féminine pèse sur la projection des plus jeunes. Seules 6% jugent la situation satisfaisante, quand 34% notent une progression. Les entreprises technologiques sont aussi questionnées : 62% des répondantes pensent qu’elles n’en font pas assez pour mettre en avant des modèles inspirants.

Les stéréotypes pèsent encore lourd dans les choix d’orientation

Les freins cités par l’étude renvoient d’abord aux représentations. 49% des femmes interrogées mentionnent une image masculine des métiers tech, devant le manque de modèles féminins, signalé par 47% des répondantes.

La suite des réponses montre un empilement de barrières : 43% évoquent la perception technique des métiers, 41% un manque de légitimité, 38% un manque d’information et 35% un déficit de compétences perçu. Cette chaîne alimente une autocensure professionnelle avant même les choix d’études ou de candidature.

Modèles féminins, stages et ateliers peuvent déclencher des vocations

Pour faire reculer ces freins, les répondantes citent d’abord les modèles féminins, à 49%, puis l’accompagnement et la formation, à 44%. Une meilleure connaissance des métiers arrive à 38%, devant les expériences concrètes, citées par 35%.

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Ces leviers prennent forme à travers des stages découverte, des ateliers pratiques et des témoignages, évoqués par 29%. Parmi les personnalités inspirantes mentionnées figurent Roxanne Varza, Katherine Johnson, Fidji Simo, Fabienne Arata, Country Manager de LinkedIn France depuis janvier 2017, et Christine Lagarde.

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