Les services RH accélèrent leurs tests, mais l’adhésion ne suit pas au même rythme. Le baromètre OpinionWay pour Kelio montre une percée de l’intelligence artificielle, sans lever les réserves.
Un tiers des professionnels l’utilise désormais, signe d’un basculement concret dans les pratiques. Au sein des ressources humaines, plus d’un sur deux doute encore de la qualité produite, tandis que 42 % des actifs se disent menacés à long terme. Les inquiétudes professionnelles ne restent plus en coulisses.
L’IA s’installe dans les services RH
Le 3e baromètre Kelio-OpinionWay, dévoilé en avril 2026, installe l’intelligence artificielle au centre des usages RH observés. L’étude interroge 306 professionnels des ressources humaines et 1 071 Français âgés de 18 ans et plus, afin de rapprocher pratiques déclarées, attentes et craintes.
Le signal le plus visible tient à l’usage quotidien, désormais cité par 33 % des répondants RH. Cette poussée traduit une adoption numérique plus concrète dans les pratiques RH, tandis que les solutions Kelio servent de point d’observation sur l’outillage réel des entreprises.
La progression marque le pas après le bond de 2025
Les chiffres racontent une adoption moins linéaire qu’il n’y paraît au premier regard. Le taux d’usage de l’IA est passé de 9 % en 2024 à 28 % en 2025, avant d’atteindre 33 % en 2026, ce qui dessine une croissance ralentie après l’accélération initiale.
Le mouvement avance, mais il ne bascule pas encore dans une adhésion massive. La part des professionnels réfractaires demeure élevée, à 58 % en 2026 contre 60 % en 2025, signe que l’intégration des outils gagne du terrain sans effacer les réserves.
- 2024 : 9 % des professionnels RH utilisent l’IA.
- 2025 : 28 %, soit 19 points de plus en un an.
- 2026 : 33 %, soit 5 points de progression.
- 58 % restent opposés à l’usage de l’IA.
À retenir : l’usage augmente, mais le refus reste majoritaire parmi les professionnels RH interrogés.
Pourquoi la confiance reste fragile chez les professionnels
La diffusion de l’IA ne suffit pas à dissiper les doutes sur ce qu’elle produit. En 2026, 53 % des professionnels RH déclarent ne pas lui faire confiance pour garantir une qualité du travail satisfaisante, presque au même niveau qu’en 2025 et 2024, à 54 %.
Ce blocage persiste malgré des outils plus visibles dans les organisations. La défiance persistante s’explique par le rôle des RH, chargés de protéger la conformité, les compétences et le climat social, ce qui nourrit une vigilance RH plus forte que dans d’autres fonctions.
Le recrutement cristallise les réserves
Le recrutement apparaît comme le terrain le plus sensible du baromètre Kelio-OpinionWay. En 2026, 51 % des professionnels RH se disent inquiets face à l’usage de l’IA dans un processus de recrutement, car l’évaluation d’une candidature reste associée à une décision humaine.
La promesse d’efficacité ne renverse pas ce jugement. Seuls 4 % des RH interrogés font confiance à l’IA pour recruter, malgré le gain de temps annoncé par certains outils, tandis que la méfiance du public atteint 61 % sur ce même usage.
Confidentialité et sécurité restent au cœur des freins
Les réserves les plus concrètes concernent la protection des informations confiées aux outils d’IA. En 2026, 39 % des professionnels RH citent la sécurité des données personnelles et la confidentialité des échanges, soit seulement 2 points de moins qu’en 2025.
D’autres obstacles reculent, mais restent présents dans les réponses. L’incompatibilité avec les procédures internes, le manque de formation, la résistance au changement et les coûts d’implémentation composent une grille de lecture très opérationnelle, loin d’un simple rejet de principe.
- 19 % citent l’incompatibilité avec les modes de fonctionnement, contre 31 % en 2025.
- 17 % mentionnent le manque de compétences ou de formation, contre 25 % en 2025.
- 15 % évoquent la résistance au changement des collaborateurs.
- 13 % pointent le manque de solutions adaptées.
- 9 % citent les coûts d’implémentation.
Les collaborateurs se sentent plus menacés que les RH
Le baromètre révèle un écart net entre les RH et les salariés sur la perception du risque. En 2026, 78 % des professionnels RH expriment un sentiment de protection dans leur emploi à long terme, contre 58 % des actifs en poste interrogés.
Les scénarios d’évolution restent plus anxiogènes côté grand public. 49 % des RH pensent que leurs missions évolueront partiellement, contre 37 % des actifs, tandis que l’automatisation des tâches quasi totale inquiète 7 % des RH et 12 % des actifs.
Le décalage atteint 20 points entre les RH et les actifs sur le sentiment de sécurité professionnelle.
Des usages aboutis, mais une valeur encore à prouver
Les entreprises les plus avancées ne traitent plus l’IA comme une expérimentation isolée. Certaines ont gagné en maturité des usages, avec des tâches ciblées déjà optimisées, notamment l’analyse documentaire, l’aide à la rédaction ou le tri préparatoire de données RH.
Cette avance ne suffit pas à convaincre les organisations hésitantes. En 2026, 29 % des professionnels RH n’ont aucun projet d’intégration de l’IA pour optimiser leur fonction, soit 7 points de plus qu’en 2025 et 22 points de plus qu’en 2024, faute de valeur ajoutée démontrée.
Une enquête menée auprès des RH et du grand public
L’étude « L’intelligence artificielle et les ressources humaines en entreprise » a été réalisée par OpinionWay pour Kelio auprès de 306 responsables RH d’entreprises privées de 20 salariés et plus. Cet échantillon représentatif respecte les quotas de branche d’activité, taille d’entreprise et région d’implantation.
Le terrain RH s’est déroulé du 16 février au 11 mars 2026, via une enquête téléphonique CATI sur le lieu de travail. Un panel de 1 071 Français de 18 ans et plus a répondu par questionnaire en ligne CAWI les 4 et 5 mars 2026, avec des marges d’incertitude de 1,4 à 5,7 points selon l’échantillon.