Transformer un local commercial en habitation, une idée séduisante mais encadrée

Par Louise Caron

Acheter une boutique délaissée pour y vivre ou la louer promet une marge séduisante. Cette reconversion immobilière attire par ses prix décotés, mais l’adresse peut piéger.

Un local commercial ne devient pas un foyer par décret, ni par deux cloisons bien dessinées. Le futur logement en centre-ville dépend du PLU, de la copropriété, des réseaux, de l’habitabilité et d’une fiscalité parfois sèche, même lorsque la vacance commerciale laisse croire à une occasion limpide. Refus possible.

Table des matières

Pourquoi transformer un local commercial en habitation attire autant les acheteurs ?

Derrière une vitrine éteinte, certains acheteurs voient moins un ancien commerce qu’un volume brut à réinventer. À adresse comparable, le prix au mètre carré d’un local peut rester inférieur à celui d’un appartement, surtout en rez-de-chaussée. Cette décote immobilière, parfois estimée entre 20 et 40 % selon l’emplacement et l’état du bien, libère une enveloppe pour isoler, ventiler, créer des pièces d’eau et traiter la façade.

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Le gain espéré vient de la transformation autorisée, pas d’un simple coup de peinture. Quand le logement obtenu répond à une demande résidentielle solide, la plus-value potentielle peut approcher 25 % dans les dossiers bien chiffrés. L’opération a aussi un effet urbain concret : à Marseille, où le grand centre compte près de 20 % de commerces vacants contre environ 11 % au niveau national, elle remet de l’usage derrière les rideaux métalliques.

  • Un achat moins cher, si la décote couvre réellement les travaux.
  • Une création de valeur par le changement de destination.
  • Une réponse au manque de logements dans les quartiers tendus.
  • Une reconversion utile des locaux vacants en centre-ville.

Le changement de destination fixe le cadre urbanistique

Avant de parler travaux, la mairie regarde l’usage juridique inscrit pour le local. Le Code de l’urbanisme distingue les fonctions des constructions afin d’appliquer des règles adaptées à chaque projet. Un commerce transformé en logement change donc de cadre, même si les volumes restent identiques et si aucune extension n’est prévue.

Cette lecture préalable évite les dossiers fragiles. La destination du bien détermine les pièces à fournir, les règles du PLU à vérifier et les avis susceptibles d’être demandés. Sans autorisation administrative obtenue avant les travaux, vous exposez l’opération à un refus, à une demande de remise en état ou à une difficulté lors d’une revente.

La différence entre commerce et habitation dans les documents d’urbanisme

Un local commercial et un logement ne relèvent pas du même régime dans les plans d’urbanisme. Les catégories de destination prévues par les textes distinguent notamment l’habitation du commerce et des activités de service. Cette distinction pèse sur les droits à construire, les accès, les façades et parfois le stationnement.

Le passage vers l’habitation ne naît donc pas d’un simple choix d’aménagement. Un règlement local peut admettre les logements dans une rue, les limiter en rez-de-chaussée ou protéger les vitrines actives. Une ancienne boutique sur cour sera parfois recevable, quand un local identique sur un axe commerçant sera refusé.

Les conséquences concrètes sur le permis ou la déclaration préalable

La procédure dépend surtout de la nature des travaux. Si le projet change seulement l’usage juridique du local, sans modifier la façade ni toucher à la structure, une déclaration préalable peut suffire. Le dossier présente alors l’état existant, l’état projeté et la nouvelle affectation du bien.

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Le niveau d’autorisation monte dès que l’opération transforme l’enveloppe du bâtiment. Remplacer une vitrine par des fenêtres, créer des ouvertures ou intervenir sur des murs porteurs conduit en principe vers un permis de construire. La mairie analyse alors le PLU, l’aspect architectural et la cohérence du logement créé.

Faut-il aussi obtenir une autorisation de changement d’usage ?

La destination relève du droit de l’urbanisme : commerce, habitation, bureau ou entrepôt, par exemple. Le changement d’usage, lui, regarde l’occupation réelle du local et peut déclencher une autorisation distincte, même si les travaux paraissent modestes. Un ancien magasin transformé en studio n’est donc pas examiné sous un seul angle administratif.

Cette seconde vérification dépend de la commune et de ses règles locales. Les grandes communes, notamment celles de plus de 200 000 habitants, peuvent imposer un accord municipal avant la mise en logement ; Marseille entre dans ce cas. Dans les zones tendues, la mairie peut aussi demander une compensation immobilière, afin de préserver l’équilibre entre locaux d’activité et habitat.

À retenir : une autorisation d’urbanisme ne vaut pas automatiquement autorisation d’occuper le local comme logement.

Le PLU peut autoriser le projet ou le bloquer net

À l’échelle d’une rue, un changement de destination ne se juge pas seulement sur la surface ou l’état du local. Le plan local d’urbanisme dicte les destinations admises, les façades conservées, les accès possibles et les obligations liées au stationnement ou aux réseaux. Un bien séduisant sur annonce peut ainsi perdre tout intérêt dès la lecture du règlement.

Le piège se referme surtout en pied d’immeuble. Selon le zonage urbain, une ancienne boutique peut relever d’un secteur mixte accueillant le logement, ou d’un axe marchand à préserver. Dans ce dernier cas, le rez-de-chaussée commercial doit garder une fonction ouverte sur la rue, même si les travaux paraissent simples sur plan.

Les zones où l’habitation reste possible

Les cartes du PLU livrent les premiers indices. Les secteurs résidentiels, ou les zones mixtes où logement, bureaux et petits commerces cohabitent, offrent en général un terrain plus favorable. Les documents graphiques, le règlement écrit et les orientations d’aménagement précisent les destinations admises parcelle par parcelle.

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La lecture doit rester fine, car une même rue peut changer de régime d’un numéro à l’autre. Pour apprécier la compatibilité du projet, croisez la destination autorisée, l’accès indépendant, la façade, les exigences de stationnement et les éventuelles règles patrimoniales. Un local calme sur cour n’a pas le même profil qu’une boutique en angle très exposée.

Les rues où le commerce est protégé

Certaines communes défendent leurs rez-de-chaussée actifs pour éviter l’appauvrissement des rues commerçantes. Le PLU peut alors créer un linéaire commercial où les locaux donnant sur rue doivent rester affectés au commerce, à l’artisanat ou à des services recevant du public.

Ces règles bloquent parfois un projet pourtant cohérent sur le plan technique. La protection des vitrines peut interdire de remplacer une devanture par une façade de logement, ou imposer le maintien d’une animation visible depuis l’espace public. La mairie cherche alors à préserver la vie de quartier, pas seulement l’aspect du bâtiment.

Le rôle du service urbanisme avant l’achat

Avant de signer un compromis, un échange avec la commune apporte une réponse bien plus solide qu’une simple intuition. Une consultation en mairie permet de présenter l’adresse, les plans, l’usage actuel et l’aménagement envisagé, puis d’identifier les freins liés au PLU ou à la façade.

Cette démarche ne vaut pas autorisation officielle, mais elle éclaire la faisabilité administrative avant d’engager des frais. Vous pouvez demander un certificat d’urbanisme opérationnel ou prévoir une condition suspensive liée à l’accord de changement de destination. Sans cette précaution, l’achat peut se transformer en local inutilisable pour l’objectif visé.

Que vérifier dans une copropriété avant d’acheter ?

Dans un immeuble, l’autorisation administrative ne suffit pas à rendre le projet sûr. Le règlement de copropriété peut réserver certains lots au commerce, interdire l’habitation en rez-de-chaussée ou encadrer les nuisances, les livraisons et les accès. L’état descriptif de division mérite la même attention, car une transformation peut modifier les charges, les tantièmes ou l’usage déclaré du lot.

Les travaux visibles depuis la rue ou touchant la structure appellent une validation collective. Le remplacement d’une vitrine, la création d’une porte, le passage de gaines dans les parties communes ou la modification d’une façade d’immeuble passent par un vote en assemblée générale. Les derniers procès-verbaux révèlent le climat réel : refus répétés, réserves sur les accès, ou tolérance déjà accordée à un voisin.

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Les travaux dépassent souvent un simple aménagement intérieur

Un ancien commerce raconte rarement toute sa complexité lors de la première visite. Derrière un sol propre et quelques cloisons se cachent des réseaux d’eau insuffisants, une alimentation électrique à reprendre ou une évacuation des eaux usées mal placée. La création d’une salle d’eau, d’une cuisine et d’un chauffage fiable impose donc des vérifications techniques, pas seulement décoratives.

La vitrine demande une lecture fine, car elle éclaire le volume tout en exposant l’intimité du futur logement. Sa transformation doit préserver la lumière naturelle, améliorer la ventilation et intégrer une isolation thermique adaptée aux façades anciennes. Un avis d’artisan évite des surprises coûteuses. Avant de chiffrer les finitions, les postes techniques à examiner sont les suivants :

  • création des arrivées d’eau et des points de puisage ;
  • raccordement des sanitaires, de la cuisine et des évacuations ;
  • mise aux normes du tableau et des circuits électriques ;
  • installation d’une ventilation pour les pièces humides ;
  • transformation de la vitrine en façade habitable ;
  • traitement thermique et acoustique des murs, sols et menuiseries.

Le budget doit intégrer les coûts visibles et les frais moins évidents

Le prix affiché d’un ancien commerce raconte rarement toute l’histoire. Avant l’achat, votre budget travaux doit croiser l’état du local, les contraintes d’urbanisme, les accès techniques, les devis et le niveau de finition attendu. Une vitrine à remplacer, une gaine à créer ou une évacuation mal placée peuvent déplacer l’équilibre financier.

Au-delà du chantier, les frais annexes pèsent dans le calcul : diagnostics, plans, études, taxes, notaire, dossier administratif, assurances et éventuels honoraires de conseil. La rentabilité immobilière se mesure donc au prix complet, pas au simple écart entre commerce et logement. Le tableau ci-dessous aide à poser les principaux postes avant de signer.

Poste à budgéterRepères habituelsPoint de vigilance
Prix d’achatDécote possible de 20 à 40 % face à un logement comparable, selon l’adresseComparer avec les ventes résidentielles de la même rue
TravauxEnviron 800 à 1 500 € / m², jusqu’à 2 000 € / m² pour un chantier complexeVérifier réseaux, façade, isolation, ventilation et sanitaires
Exemple sur 60 m²Environ 30 000 € pour un aménagement léger, jusqu’à 90 000 € avec transformations complètesContrôler ce qui existe déjà avant le compromis
Études et conceptionArchitecte autour de 50 à 150 € / m² selon l’étendue de la missionPrévoir des études si structure, façade ou copropriété sont concernées
Taxes et démarchesTaxe d’aménagement possible et valeur cadastrale révisée après transformationInterroger la mairie et le notaire avant l’engagement

Le coût moyen des travaux au mètre carré

Un local déjà sain, raccordé et bien éclairé ne se chiffre pas comme une boutique brute en rez-de-chaussée profond. Les devis constatés se situent généralement entre 800 et 1 500 € par m², selon les lots à reprendre. Le coût au mètre carré augmente avec la création de sanitaires, l’isolation, le remplacement des menuiseries, la mise aux normes électriques ou la modification de façade.

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Une rénovation lourde peut atteindre 2 000 € par m², surtout si le local impose des reprises de structure ou une redistribution complète. Sur 60 m², un aménagement simple peut tourner autour de 30 000 €. Avec cuisine, salle d’eau, ventilation, fenêtres, doublages et sols, l’enveloppe peut approcher 90 000 €.

Les honoraires d’architecte et de bureaux d’étude

Le recours à un architecte dépend de la surface, du statut du maître d’ouvrage et de la nature des travaux. Pour un permis de construire, un particulier y est soumis lorsque la surface de plancher dépasse 150 m². Une mission d’architecte reste pertinente pour dessiner un logement cohérent, préparer le dossier d’urbanisme et dialoguer avec la copropriété.

Les bureaux d’étude interviennent lorsque le projet touche un plancher, un mur porteur, une façade ou des réseaux communs. Une étude structurelle devient alors une sécurité technique avant tout devis définitif. Thermicien, acousticien ou bureau de contrôle peuvent aussi être sollicités si le local présente des contraintes de confort, d’humidité, de ventilation ou d’accès.

Les aléas à prévoir dans un local ancien

Les locaux anciens dévoilent parfois leurs défauts après dépose des doublages, des sols ou des faux plafonds. Derrière une boutique propre en apparence, l’humidité des murs peut révéler des remontées capillaires, des infiltrations de façade ou une ventilation inexistante. S’ajoutent les hauteurs insuffisantes, les sols irréguliers et les vitrines difficiles à transformer en ouvertures de logement.

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Les réseaux vétustes créent aussi des écarts de budget : tableau électrique dépassé, évacuations sous-dimensionnées, colonne commune saturée, absence d’arrivée d’eau adaptée. Les diagnostics peuvent signaler amiante ou plomb, ce qui impose des précautions et des coûts de traitement. Dans un immeuble ancien, la copropriété peut limiter les percements, les gaines, les rejets ou les modifications visibles depuis la rue.

Le différentiel de prix entre commerce et logement

L’opération attire parce qu’un local commercial se vend parfois moins cher qu’un appartement de surface équivalente. Selon la ville, la rue et l’état du bien, la décote peut atteindre 20 à 40 %. Cet écart n’a de sens qu’après comparaison avec le marché résidentiel voisin, en intégrant les travaux, les études, les délais et les refus possibles.

La valeur de revente dépendra moins de l’ancienne destination que de la qualité du logement obtenu. Lumière, calme, ventilation, hauteur sous plafond, accès, charges et adresse restent déterminants. Certains projets bien placés gagnent autour de 25 % après transformation, mais un rez-de-chaussée sombre, mal ventilé ou mal situé peut neutraliser toute marge attendue.

Quelles normes rendent le logement réellement habitable ?

Un ancien rideau métallique ne suffit pas à raconter un futur appartement. Le bien doit offrir une surface et une hauteur conformes, une pièce principale utilisable, l’eau potable, l’évacuation des eaux usées, des sanitaires et un coin cuisine. Pour la location, ces éléments nourrissent la qualification de logement décent, avec une absence de risques pour la santé.

Le confort se lit dans les détails techniques. Un diagnostic sans anomalie majeure rassure sur la sécurité électrique, tandis qu’une ventilation adaptée limite condensation et moisissures dans un rez-de-chaussée. Le logement doit disposer d’un chauffage fixe, d’un éclairage naturel suffisant et d’une isolation acceptable. Ces points influencent le financement, la revente et la valeur locative.

À retenir : un local rénové mais non conforme aux critères de décence peut rester impossible à louer légalement.

La fiscalité peut modifier la rentabilité de l’opération

Le calcul ne s’arrête pas au prix d’achat ni aux devis des entreprises. Le passage d’un usage commercial à l’habitation peut faire évoluer la valeur locative cadastrale, base utilisée pour la taxe foncière. La CFE disparaît si aucune activité professionnelle ne subsiste, mais une déclaration auprès des services fiscaux reste attendue. Les postes à examiner sont les suivants.

  • mise à jour du cadastre après transformation ;
  • sortie éventuelle de la CFE ;
  • droits d’enregistrement selon le profil d’acheteur ;
  • incidence fiscale d’une revente rapide.
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Certains projets déclenchent aussi une taxe d’aménagement, notamment lors d’une création de surface taxable ou d’une modification déclarée. Pour un marchand de biens, le régime de TVA mérite une simulation précise : des travaux lourds peuvent rapprocher l’opération d’un immeuble neuf au sens fiscal. Le notaire ou le fiscaliste chiffre alors récupération, droits réduits et marge réelle.

À Marseille, le potentiel existe mais reste très localisé

À Marseille, certaines vitrines fermées racontent moins un échec commercial qu’un changement d’usage possible. Le grand centre affiche près de 20 % de locaux sans activité, contre environ 11 % au niveau national, tandis que l’hypercentre autour du Vieux-Port descend autour de 11,7 %. Cette vacance des commerces ouvre des pistes, mais chaque adresse garde sa propre logique.

La demande résidentielle reste soutenue, tirée par les étudiants, les actifs mobiles et les ménages cherchant de petites surfaces bien placées. Dans le centre-ville marseillais, la tension locative ne transforme pas tous les rez-de-chaussée en bonnes affaires. Lumière, bruit, profondeur du local, accès indépendant et ambiance de rue doivent être lus à l’échelle du trottoir.

Les secteurs marqués par la vacance commerciale

Les opportunités apparaissent là où les cellules ne répondent plus aux usages marchands actuels. Certaines rues commerçantes, proches de grands axes ou placées dans des voies adjacentes moins passantes, concentrent vitrines fermées, surfaces profondes et rez-de-chaussée difficiles à relouer. La rue de la République illustre cette mécanique, sans résumer à elle seule le marché marseillais.

Un local vide ne fait pas automatiquement un bon logement. Les locaux vacants les plus crédibles présentent une façade adaptable, une profondeur compatible avec l’éclairage naturel et un voisinage déjà résidentiel. À l’inverse, une cellule sombre, bruyante ou exposée à un trafic dense peut perdre son intérêt malgré un prix d’achat séduisant.

La demande locative comme critère de choix

Le futur logement doit se juger comme une vraie adresse résidentielle, pas comme un simple commerce recyclé. Avant l’achat, le loyer de marché des logements voisins, les charges, la demande pour les petites surfaces et le niveau de prestations attendu donnent une première lecture de la rentabilité. Un studio proche d’un métro ne vaut pas un rez-de-chaussée enclavé.

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La valeur créée dépend aussi des usages du quotidien. L’attractivité du quartier repose sur les transports, les commerces alimentaires, les écoles, la sécurité perçue et la qualité de l’espace public. À Marseille, quelques centaines de mètres suffisent parfois à changer la clientèle locative, le niveau de vacance et le prix accepté par les occupants.

Les contraintes propres aux immeubles anciens

Les immeubles marseillais peuvent réserver des écarts sensibles entre le prix affiché et le coût réel du projet. Dans le bâti ancien, murs épais, planchers fragilisés, humidité, réseaux vétustes ou ventilation absente compliquent la création d’une cuisine, d’une salle d’eau et d’un chauffage cohérent avec un usage d’habitation.

La technique tranche parfois plus vite que le prix. Les contraintes techniques portent sur la lumière naturelle, les évacuations, l’isolation acoustique, les percements en façade ou les murs porteurs. Remplacer une vitrine par des fenêtres peut exiger une autorisation administrative et un vote de copropriété, surtout si l’aspect extérieur de l’immeuble change.

Les interlocuteurs locaux à mobiliser

Le service urbanisme de la mairie apporte une première lecture du PLU, de la destination autorisée et des règles de façade. Un notaire local vérifie les titres, les servitudes, les clauses du compromis et les conditions suspensives liées au changement de destination. Cette étape évite d’acheter un local juridiquement bloqué.

En copropriété, les archives racontent parfois plus que la visite. Le syndic d’immeuble fournit le règlement, les procès-verbaux d’assemblée générale, les travaux votés et les litiges éventuels. Un architecte, un bureau d’étude et une entreprise habituée aux immeubles anciens complètent utilement cette lecture, surtout dans les quartiers centraux aux pratiques très locales.

Le bon équilibre entre logement et animation commerciale

Changer un local vide en habitation peut redonner une fonction à une adresse délaissée. La vie de quartier mérite pourtant d’être regardée avec finesse : trop de rez-de-chaussée fermés, même occupés, peuvent réduire les passages, affaiblir les commerces restants et rendre la rue moins accueillante.

Le meilleur projet n’oppose pas logement et commerce par principe. La mixité urbaine reste plus solide lorsqu’une transformation concerne une cellule sans perspective marchande réaliste, mal configurée ou durablement vacante. Sur un axe encore actif, préserver une fonction ouverte au public peut mieux servir l’immeuble, les occupants et la valeur de la rue.

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Quels points sécuriser avant de signer un compromis ?

Avant la signature, le compromis doit laisser une porte de sortie si le projet déraille. Les clauses suspensives peuvent viser l’autorisation d’urbanisme, le changement d’usage lorsqu’il s’applique, le financement et les conclusions d’un audit technique. Ce contrôle doit regarder la structure, les réseaux, les évacuations, la ventilation, l’éclairement naturel et l’état de la façade, car un ancien commerce cache parfois des faiblesses coûteuses.

Dans un immeuble collectif, le règlement et les procès-verbaux d’assemblée méritent une lecture serrée. L’accord de copropriété devient nécessaire dès qu’un percement, une modification de devanture, un raccordement aux parties communes ou une extraction touche l’immeuble. La mairie, de son côté, confirmera la procédure, déclaration préalable ou permis. Une estimation des travaux signée par des professionnels, avec marge d’aléas, rend la négociation plus saine.

À retenir : une décote de 20 à 40 % ne compense pas une interdiction administrative ou une copropriété défavorable.

Un projet rentable seulement si chaque contrainte a été chiffrée

Le prix affiché d’un local ne dit rien, à lui seul, de la rentabilité finale. Le calcul doit additionner acquisition, frais de notaire, honoraires, taxes, études, chantier, vacance pendant les travaux et valeur de sortie. Un équilibre financier solide apparaît seulement si le coût total reste cohérent avec les loyers ou les prix de revente du quartier, sans miser sur une hausse automatique du marché.

La prudence juridique donne alors sa vraie mesure. La sécurité juridique du changement de destination, du changement d’usage et des autorisations de copropriété protège votre budget autant que votre calendrier. Reste la qualité du logement, car un rez-de-chaussée sombre, mal ventilé ou bruyant se valorise mal. Quand le lieu devient lumineux, isolé et agréable à vivre, l’opération peut créer une valeur durable.

FAQ sur la transformation d’un local commercial en habitation

Peut-on transformer un local commercial en habitation ?

Oui, transformer un local commercial en habitation est possible en France, sous réserve de respecter le PLU, le règlement de copropriété et les règles applicables dans la commune. Le projet doit obtenir les autorisations adaptées avant le début des travaux. La mairie vérifie notamment la destination du bien, l’aspect extérieur, la sécurité, la salubrité et la conformité du futur logement.

Quelle autorisation faut-il pour transformer un commerce en logement ?

Une déclaration préalable suffit lorsque le changement de destination ne modifie ni la façade ni la structure porteuse. Un permis de construire devient nécessaire si les travaux touchent la vitrine, les murs porteurs, les planchers ou créent de nouvelles ouvertures. Dans certaines grandes villes, une autorisation de changement d’usage peut aussi être demandée par la mairie.

Quelle différence entre changement de destination et changement d’usage ?

Le changement de destination relève du Code de l’urbanisme : il consiste à passer d’un local commercial à un local d’habitation. Le changement d’usage dépend du Code de la construction et de l’habitation : il concerne l’utilisation concrète du bien dans certaines communes. Les deux démarches peuvent se cumuler selon la ville, la surface et la nature du projet.

Combien coûte la transformation d’un local commercial en logement ?

Le budget varie selon l’état du local, les réseaux existants, la façade et le niveau de rénovation attendu. Une fourchette de 800 à 1 500 € par m² sert de repère pour une transformation classique. Le coût peut grimper autour de 2 000 € par m² si la structure, l’isolation, la plomberie ou les ouvertures doivent être reprises.

La copropriété peut-elle refuser la transformation d’un local commercial en habitation ?

Oui, la copropriété peut bloquer ou encadrer le projet si le règlement interdit l’habitation dans le lot concerné ou réserve le rez-de-chaussée à une activité commerciale. Une autorisation d’assemblée générale peut être requise pour modifier la façade, les parties communes, les réseaux ou les accès. Le vote dépend de la nature exacte des travaux envisagés.

Quels impacts fiscaux prévoir après la transformation ?

Le passage d’un commerce à un logement modifie la valeur locative cadastrale, ce qui peut faire évoluer la taxe foncière. La CFE liée à l’activité commerciale disparaît si le local n’est plus utilisé à des fins professionnelles. Selon les travaux, une taxe d’aménagement peut aussi s’appliquer. Les marchands de biens doivent anticiper la TVA et le régime de revente.

TVA

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