À l’approche du Black Friday, l’intelligence artificielle influence désormais la recherche des meilleures offres. Selon une étude , 44 % des consommateurs français pourraient recourir aux achats assistés par IA.
Cette ouverture ne vaut pourtant pas adhésion aveugle. Les attentes se concentrent sur des recommandations et des remises ajustées, tandis que la personnalisation commerciale se heurte à une confiance fragile. Près d’un répondant sur deux seulement accepte de transmettre ses données de navigation ou ses échanges avec une IA. Les marques avancent sur une ligne étroite. Le prix tranche.
Une étude qui a mesuré les attentes des consommateurs français
Braze a interrogé 7 000 personnes en France, en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis, dont 2 000 consommateurs français. Cette enquête mondiale éclaire leurs attentes avant le Black Friday et confronte les usages observés sur ces cinq marchés aux sensibilités commerciales parfois très différentes.
Le questionnaire examine l’usage de l’IA, la personnalisation, le partage des données et la possibilité de délaisser une enseigne pendant l’événement. À travers les réponses, la plateforme d’expérience client mesure comment les Français accueillent les services ajustés à leurs goûts, tout en préservant une réserve face à la collecte d’informations personnelles.
L’IA gagne du terrain dans les parcours d’achat
Les outils automatisés séduisent une part notable du public français à l’approche des promotions. Selon Braze, 43,6 % des répondants pourraient mobiliser l’intelligence artificielle dans leur parcours d’achat pendant le Black Friday et le Cyber Monday, une proportion presque identique à la moyenne internationale de 43,3 %.
La France se montre plus réceptive que plusieurs voisins à ces usages commerciaux. La perception de l’IA personnalisée n’y est négative que pour 16,3 % des sondés, contre 20,4 % dans les cinq pays. L’Espagne descend à 14,4 %, tandis que le Royaume-Uni atteint 28,3 %, signe d’un accueil nettement plus réservé outre-Manche.
Personnalisation et données personnelles peuvent-elles cohabiter ?
Un paradoxe français ressort avec une ampleur inédite parmi les cinq pays étudiés. Alors que 81,2 % des répondants souhaitent que les marques discernent leurs préférences de consommateurs, contre 75,9 % au niveau international, cette demande de personnalisation ne vaut pas consentement à un suivi numérique étendu.
Cette exigence se heurte à une réserve face au partage d’informations. Seuls 49 % des Français transmettraient leurs données de navigation en temps réel ou leur historique de chat avec une IA, contre 48,9 % à l’échelle internationale. L’écart entre attentes et consentement replace la protection des données au cœur du dialogue commercial.
Les Français veulent le meilleur des deux mondes : une ultra-personnalisation de leurs achats et une protection absolue de leur vie privée.
Vincent Le Roux, General Manager de Braze en France
Les remises sur mesure restent la priorité
Pour les Français, la personnalisation prend avant tout la forme d’un gain financier tangible. Ils sont 42,5 % à privilégier les remises et les offres personnalisées, contre 38 % parmi tous les répondants. Ce résultat reflète la pression exercée sur le pouvoir d’achat lorsque les promotions approchent.
L’écart se confirme face au Royaume-Uni, où ce taux atteint 39,3 %, ainsi qu’en Allemagne et aux États-Unis, tous deux proches de 31 %. À l’opposé, 13,2 % des Français n’accordent aucune valeur à la personnalisation, contre 14,2 % sur les cinq marchés et 20,4 % chez les Britanniques.
Une fidélité à la marque mise à l’épreuve pendant le Black Friday
Le Black Friday fragilise les habitudes lorsque les concurrents proposent une relation mieux ajustée. En France, 46,6 % des personnes interrogées envisageraient un changement de marque pour obtenir une expérience personnalisée, contre 45,3 % dans les cinq pays étudiés et 56,4 % en Espagne, où l’intérêt apparaît le plus élevé.
Face à une réduction pertinente, une enseigne concurrente peut donc détourner un acheteur de ses habitudes. La fidélité de marque dépend alors de la valeur perçue, mais la confiance des clients repose aussi sur la transparence des échanges et le traitement respectueux des informations personnelles confiées aux enseignes concernées.