L’IA progresse dans le recrutement mais 95 % des Français tiennent au contact humain

Par Louise Caron

À la rentrée, les entreprises rouvrent des postes, face à des candidatures où la qualité des échanges pèse lourd. Le recrutement en 2026 accélère désormais grâce à l’intelligence artificielle appliquée aux RH.

Selon une étude diffusée le 1er septembre, 95 % des Français souhaitent garder un contact humain durant leur candidature. Face aux algorithmes, les attentes des candidats portent sur une lecture équitable du parcours et une expérience de recrutement respectueuse. Le logiciel classe des profils, mais ne rassure personne.

Les candidats placent la relation humaine au premier rang

Pour la rentrée 2026, l’étude relayée par iCIMS confirme une attente massive envers les échanges directs. Parmi les Français interrogés, 95 % souhaitent préserver un contact humain pendant le recrutement, et 56 % expriment cette préférence avec force. Les profils expérimentés se montrent particulièrement attachés à la relation avec le recruteur, surtout aux étapes décisives. Face aux outils numériques, ils recherchent des réponses personnalisées et un accompagnement des candidats capable de restituer les nuances des parcours.

« Les candidats recherchent évidemment de l’efficacité, mais ils souhaitent être écoutés, compris et accompagnés. »

Amandine Reitz, DRH Europe d’iCIMS

Un CV peut-il être justement évalué par un traitement automatisé ?

Un CV révèle rarement toute la trajectoire professionnelle d’une personne. L’étude indique que 93 % des Français attendent une interprétation fidèle de leur candidature, tandis que 47 % affichent une exigence très forte. L’analyse des CV doit restituer les expériences, les aptitudes et la cohérence du parcours, sans réduire le profil à des mots-clés.

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Cette exigence culmine chez les 18-24 ans : 53 % placent ce critère au niveau le plus élevé. Devant un traitement automatisé, les jeunes veulent une véritable évaluation des compétences, qui sache discerner leur potentiel professionnel. Leur expérience, parfois brève ou atypique, ne devrait pas les desservir lorsqu’un algorithme examine leur CV.

La transparence sur l’IA devient une attente forte

L’arrivée des algorithmes dans les candidatures nourrit une demande : savoir quand ils interviennent. Parmi les répondants, 76 % veulent que les employeurs déclarent leur usage de l’IA, qu’il porte sur le tri des dossiers, l’analyse des aptitudes ou l’organisation des entretiens avec les recruteurs.

La confiance dépend des garanties données aux décisions, puisque 82 % des répondants accordent du poids à l’absence de discrimination. La transparence des méthodes doit montrer ce qui relève de l’outil ou du jugement humain. Quant à l’équité du recrutement, elle suppose des critères cohérents, vérifiables et explicables pour chaque candidature examinée.

Concilier rapidité du recrutement et qualité de l’expérience candidat

La rapidité séduit, mais elle ne résume pas les attentes. Si 86 % des Français souhaitent un processus rapide, seuls 31 % en font une priorité très forte. Les délais de recrutement mobilisent davantage les 18-24 ans : 40 % de cette tranche d’âge leur attribuent le niveau de priorité le plus élevé.

Au-delà de la vitesse, les candidats recherchent un cheminement fluide. La qualité du parcours candidat répond aux attentes des jeunes générations en associant technologie et proximité humaine. Selon Amandine Reitz, DRH Europe d’iCIMS, cet équilibre aidera les employeurs à mieux attirer les talents à la rentrée 2026.

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