Une ligne de code erronée peut faire dérailler tout un logiciel. En rachetant SkipLabs, une jeune entreprise française spécialisée dans le code, Mistral entend rendre l’intelligence artificielle générative plus fiable.
Cette cinquième acquisition annoncée depuis janvier traduit une ambition qui dépasse les seuls modèles. Mistral accélère sa croissance externe pour élargir ses compétences, tout en renforçant son ancrage dans l’écosystème technologique français grâce à l’intégration de nouvelles équipes. Derrière cette opération, Mistral veut rendre les logiciels générés par ses modèles plus fiables et mieux sécurisés. Un bug peut bloquer la production.
SkipLabs rejoint Mistral pour fiabiliser le code généré par l’IA
Fondée il y a six ans, SkipLabs possède des équipes à Paris et à Londres. Son fondateur, Julien Verlaguet, a travaillé pendant près de neuf ans chez Meta, notamment au laboratoire de recherche en IA lancé par Yann LeCun. Mistral annonce son rachat pour accélérer la génération de code par intelligence artificielle et améliorer la fiabilité des logiciels produits.
Les ingénieurs et chercheurs rejoindront l’équipe de Guillaume Lample, directeur scientifique et cofondateur de Mistral. En mobilisant les systèmes de types, leurs travaux visent à détecter les erreurs et renforcer la sécurité des logiciels générés par l’IA. Ils pourront aussi participer à l’entraînement des futurs modèles.
Du cloud à la publicité, cinq acquisitions en moins d’un an
SkipLabs porte à cinq le nombre de rachats réalisés cette année. L’entreprise dirigée par Arthur Mensch a lancé cette série en février avec Koyeb, spécialisée dans les infrastructures cloud, avant d’acquérir Emmi AI en mai pour ses solutions d’intelligence artificielle industrielle.
À l’automne, deux acquisitions ont suivi avant celle de SkipLabs. En septembre, Pimento a apporté ses outils de création publicitaire à Mistral. En octobre, New Material a rejoint l’entreprise avec des technologies consacrées à l’expérience utilisateur appliquée à l’IA. Ces rachats élargissent ses compétences au-delà du développement des modèles.
Une levée de 3 milliards d’euros pour financer l’expansion
Derrière ces rachats, Mistral dispose de nouveaux moyens financiers. L’entreprise a réuni 3 milliards d’euros supplémentaires lors d’une levée de fonds annoncée en septembre. Samsung, groupe sud-coréen, a mené ce tour de table avec la participation d’ASML et de Nvidia.
Cette somme doit soutenir les ambitions technologiques et commerciales de l’entreprise française. Le tour de table aboutit à une valorisation de 21 milliards d’euros pour Mistral, dont les acquisitions renforcent les équipes et diversifient les technologies que la société propose aux entreprises.
Mistral vise l’industrie sans délaisser les grands modèles
Les grandes entreprises occupent une place croissante chez Mistral. La société noue des partenariats industriels avec BMW, Airbus, CMA CGM et TotalEnergies. Elle ne renonce pas pour autant aux grands modèles de langage, avec lesquels elle entend rivaliser avec les offres d’OpenAI et d’Anthropic.
Une nouvelle version du modèle a été dévoilée début octobre. Mistral présente Mistral Large 4, surnommé « Le Chonk », comme son meilleur modèle à poids ouverts à ce jour en Europe et aux États-Unis. Les laboratoires chinois restent devant dans plusieurs classements, mais ML4 se distingue dans des usages liés à la cybersécurité, à la finance et à la production industrielle.