Ces employés qui s’occupent de tâches personnelles pendant leurs heures de travail et jurent être plus productifs

Par Frederic Becquemin

Consulter un message privé entre deux réunions s’inscrit désormais dans le quotidien professionnel. Dans quatre pays européens, près de six salariés interrogés sur dix accomplissent des tâches personnelles au travail.

S’agit-il d’une distraction ou d’une respiration utile ? Pour 72 % des répondants, ces courtes pauses favorisent leur efficacité et rompent avec l’idéal d’une attention continue. Cette productivité déclarée traduit un sentiment favorable, sans mesurer la quantité ni la qualité du travail réellement accompli. Une conviction seulement.

Une pratique régulière pour près de six salariés sur dix

L’étude révèle combien les frontières de la journée salariée se relâchent. Le rapport de LiveCareer indique que 59 % des répondants accomplissent des tâches privées au moins plusieurs fois par semaine. Ces salariés de quatre pays travaillent en France, en Allemagne, en Espagne ou en Italie.

Derrière cette moyenne européenne, la fréquence hebdomadaire recouvre des rythmes contrastés. Pour 27 % des participants, ces occupations deviennent des habitudes quotidiennes ; 32 % les mentionnent plusieurs fois par semaine. Les réponses restantes se répartissent entre plusieurs fois par mois (10 %), rarement (19 %) et jamais (12 %), dessinant ainsi des rythmes variables.

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Les messages privés devancent les réseaux sociaux

Les échanges directs dominent le classement des usages personnels. Avec 43 % des réponses, les communications privées par appels ou messages arrivent devant la consultation des réseaux sociaux, citée par 37 %. L’écart, limité à six points, montre que la conversation avec un proche précède encore le défilement des fils numériques.

À quelques points derrière, 35 % déclarent des courses et démarches personnelles, par exemple un achat ou la prise d’un rendez-vous. Ces résultats décrivent des catégories susceptibles de se recouper chez une même personne. Les additionner donnerait donc une lecture trompeuse et non la part totale des salariés concernés.

Combien de temps les salariés y consacrent-ils ?

Les déclarations dessinent des pauses plutôt contenues. La durée des activités personnelles ne dépasse pas une heure pour 75 % des répondants lorsqu’on inclut ceux qui n’y consacrent aucune minute. La répartition du temps donnée pour une journée type se présente ainsi :

  • 15 % ne déclarent aucune minute ;
  • 31 % y consacrent moins de 30 minutes ;
  • 29 % y passent entre 30 minutes et une heure ;
  • 18 % déclarent entre une et deux heures ;
  • 7 % dépassent deux heures.

Le calcul mérite d’être précisé : les 31 % restant sous 30 minutes et les 29 % situés entre 30 minutes et une heure forment 60 %. En ajoutant les 15 % à zéro minute, la part atteint bien 75 %. À l’inverse, 18 % déclarent entre une et deux heures, tandis que 7 % dépassent deux heures par journée travaillée.

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Une productivité accrue selon 72 % des répondants

Les pauses privées sont largement perçues comme bénéfiques. Parmi les répondants, 72 % associent ces moments à une productivité accrue, qu’il s’agisse d’un message, d’un appel ou d’une brève démarche. Ce résultat rapporte leur propre appréciation et ne démontre aucun lien causal avec le travail produit.

La neutralité domine parmi les avis moins favorables : 25 % évoquent une absence d’effet notable, tandis que 3 % rapportent des effets négatifs sur la performance. Ainsi, 97 % perçoivent soit un bénéfice, soit aucun changement. Cette photographie des ressentis ne remplace ni des indicateurs objectifs ni une comparaison des résultats avant et après.

Entre travail et vie privée, une séparation moins nette

Jasmine Escalera, experte carrière chez LiveCareer, décrit une journée où sphères privée et professionnelle s’entrecroisent. Son analyse présente l’articulation des temps de vie comme un moyen de traiter certaines obligations quotidiennes au moment où elles surgissent, entre deux tâches de travail, sans rompre le rythme.

Cette lecture nuance l’idée d’une attention continue durant huit heures. Jasmine Escalera cite les horaires flexibles et le travail hybride parmi les cadres où les frontières paraissent moins nettes. Les données communiquées n’établissent pourtant pas que ces organisations causent les pratiques observées, pas plus qu’elles ne permettent de comparer les salariés selon leur lieu de travail.

La souplesse ne dispense pas d’assumer ses responsabilités

Du côté des employeurs, l’étude invite à regarder les résultats sans extrapoler. La souplesse dans l’organisation peut laisser une place aux contraintes privées, à condition que le travail attendu soit accompli. Jasmine Escalera défend cet équilibre, plutôt qu’une liberté détachée des engagements liés au poste.

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Les responsabilités professionnelles demeurent donc le point d’ancrage de cette latitude. L’experte insiste sur le fait de « continuer à assumer ses responsabilités », sans définir une règle commune aux structures. Le sondage ne mesure ni l’accord des directions, ni leurs politiques internes, ni leur degré de tolérance envers les activités personnelles accomplies durant les horaires de travail.

Un ressenti positif ne prouve pas un gain de productivité

Un sentiment d’efficacité ne vaut pas démonstration. Les réponses relèvent d’une évaluation subjective des salariés, sans mesure indépendante de la performance pour confronter cette impression aux faits. Le texte fourni ne mentionne aucun indicateur de production, de qualité ou de délai permettant d’établir un gain réel.

La prudence porte aussi sur les données disponibles. La méthodologie du sondage n’est pas détaillée dans le contenu transmis : taille et recrutement de l’échantillon, dates de collecte ou pondération restent inconnus. La représentativité de l’échantillon ne peut donc être appréciée ici. Ce constat ne signifie pas que ces précisions sont absentes du rapport complet, qui peut fournir des précisions supplémentaires.

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