Le repli de l’emploi ne disparaît pas, mais son rythme change, laissant une impression moins sombre qu’un an plus tôt. Présentée au Festival de Cannes, l’étude Audiens met en chiffres une activité sous tension, où la baisse persiste sans produire le même décrochage qu’en 2024.
Le nombre d’entreprises progresse depuis 2019, les effectifs salariés se contractent, et les écarts entre métiers racontent une recomposition plus fine qu’un simple ralentissement. Derrière les tendances 2025, le marché de l’emploi révèle des fragilités durables, notamment dans la production cinématographique, mais laisse voir une féminisation plus nette de certains postes techniques. Les plus jeunes, eux, reculent.
Un recul de l’emploi moins marqué qu’en 2024
Audiens dresse un bilan moins dégradé que l’année précédente pour le cinéma et l’audiovisuel. Présentée le 13 mai 2026 à Cannes, pendant le Festival, l’étude signale une baisse des effectifs de 4 % en 2025 sur l’ensemble du périmètre observé.
Ce repli reste net, mais il s’atténue après la baisse de 7 % enregistrée en 2024. Pour Audiens, ce ralentissement nourrit l’hypothèse d’une stabilisation progressive des secteurs étudiés, même si les tensions demeurent variables selon les activités, les contrats et les métiers concernés.
Des entreprises plus nombreuses depuis 2019
Le tissu entrepreneurial a continué de s’élargir depuis 2019. Audiens recense 10 512 entreprises dans la filière de l’Image et 3 387 dans celle du Cinéma en 2025, avec une hausse globale de 19 %, soit 1 850 structures supplémentaires.
La création d’entreprises a surtout porté la production audiovisuelle, en hausse de 30 %, et les films d’animation, qui progressent de 23 %. Depuis 2023, le nombre d’entreprises en activité apparaît stable, signe d’un marché plus dense, mais moins porté par les jeunes sociétés qu’en 2019.
- 10 512 entreprises recensées dans la filière de l’Image en 2025.
- 3 387 entreprises recensées dans la filière du Cinéma.
- 1 850 entreprises de plus qu’en 2019.
- Une stabilité observée entre 2023 et 2025.
La production cinématographique reste la plus touchée
La production de films concentre la correction la plus forte de l’année. En 2025, les effectifs de la production cinématographique reculent de 9 %, soit davantage que la moyenne de 4 % mesurée sur l’ensemble du champ étudié par Audiens.
La contraction se lit aussi dans la masse salariale, en baisse de 6,6 % pour cette activité. Ce recul sectoriel dépasse celui de la production audiovisuelle, limitée à 2 %, et celui de l’animation, ramené à 1 %, ce qui confirme une fragilité plus prononcée du cinéma en 2025.
L’animation résiste mieux après une forte progression
La production animée amortit davantage le choc en 2025. Ses effectifs ne diminuent que de 1 %, alors que d’autres branches affichent des baisses plus marquées. Audiens observe aussi une stabilité du recours aux intermittents du spectacle entre 2024 et 2025.
Le mouvement salarial va dans le même sens. La masse salariale de l’animation avait reculé de 5 % en 2024, puis de moins de 1 % en 2025. Depuis 2019, elle a bondi de 35 %, ce qui traduit une dynamique sectorielle encore solide malgré le freinage récent.
- Effectifs en baisse limitée de 1 % en 2025.
- Recul salarial ramené à moins de 1 %.
- Masse salariale en hausse de 35 % entre 2019 et 2025.
- Recours aux intermittents stable entre 2024 et 2025.
Les intermittents portent une large part des variations
Les artistes et techniciens intermittents restent au cœur des mouvements d’emploi. Audiens indique qu’ils représentent la très grande majorité des postes, avec des professions artistiques qui forment près d’un quart des intermittents en 2025.
Entre 2023 et 2025, les artistes intermittents reculent de 15 % dans la filière Image et de 24 % dans la filière Cinéma. Les techniciens intermittents baissent moins fortement, de 6 % dans l’Image et de 7 % dans le Cinéma, ce qui nuance la lecture globale.
Les femmes gagnent du terrain dans les métiers de l’image
La place des femmes progresse depuis 2019. Audiens relève une hausse de la représentativité des femmes de 5 points dans la filière Image pour les professions de l’information, des arts et des spectacles, et de 10 points dans la filière Cinéma.
Dans les métiers de l’image, les femmes gagnent 2,5 points chez les intermittents et 1,3 point chez les permanents. Côté cinéma, elles progressent de 3,5 points chez les intermittents, tandis que la parité professionnelle est presque atteinte chez les permanents, où elles sont même majoritaires en nombre.
Les moins de 25 ans perdent en représentativité
La place des jeunes se contracte en 2025. L’étude d’Audiens décrit un recul de l’emploi des jeunes dans tous les champs observés, chez les intermittents comme chez les salariés permanents, avec une baisse plus visible dans les films d’animation.
Pour les permanents de l’animation, les moins de 25 ans perdent 2,3 points de représentativité, contre environ 1 point dans d’autres activités. Chez les intermittents, l’entrée dans les métiers s’est fortement tassée en 2024, puis contenue en 2025, sauf dans la production cinématographique, au plus bas depuis 2019.
L’Île-de-France domine encore, mais son poids recule
L’Île-de-France reste la principale base des entreprises et des emplois. Audiens estime que 72 % des artistes et techniciens de la filière Image et 81 % de ceux de la filière Cinéma y sont localisés en 2025.
Son poids diminue pourtant. Pour l’implantation régionale des entreprises, l’Île-de-France passe de 67 % à 60 % dans l’Image entre 2019 et 2025, et de 57 % à 53 % dans le Cinéma. Les pôles régionaux progressent, notamment en Nouvelle-Aquitaine autour d’Angoulême et en Auvergne-Rhône-Alpes autour de Lyon.