Le recul des offres d’emploi ralentit en France, sans annoncer un retournement. Selon le baromètre Hellowork, leur nombre diminue encore de 3,1 % au troisième trimestre 2026.
En Île-de-France, les entreprises freinent leurs recrutements, sans signe de rebond immédiat. Sur le marché du travail, 2,22 millions d’offres ont été diffusées sur la plateforme. La région affiche une baisse de 6 % des offres, la plus forte parmi les grandes régions. Les besoins progressent dans le soin, l’attentisme domine ailleurs.
Un recul national moins marqué, sans signe de reprise
Au troisième trimestre 2026, Hellowork recense 2,22 millions d’offres d’emploi publiées en France, tous contrats confondus. Calculé à partir d’indicateurs lissés sur douze mois glissants, le volume des offres fléchit de 3,1 % par rapport au trimestre précédent. La chute perd de sa vitesse, sans s’interrompre.
La tendance s’adoucit, sans pour autant se retourner. Au premier trimestre, le recul trimestriel atteignait 4,9 %, puis 4,1 % au deuxième. Les offres baissent encore de 1,3 % en juillet, de 1,2 % en août et de 0,7 % en septembre. La contraction ralentit, mais aucun de ces chiffres ne traduit une reprise des recrutements.
L’Île-de-France affiche la plus forte baisse régionale
L’Île-de-France accuse la baisse régionale la plus forte au troisième trimestre 2026, avec 6 % d’annonces en moins. Dans les offres franciliennes, la contraction touche la distribution, les achats, les ressources humaines, la formation, le recrutement et le commerce. Partout en France, le nombre d’offres d’emploi faiblit, mais pas dans les mêmes proportions.
La carte des offres varie. Les disparités régionales se lisent dans le recul de 1 % en Pays de la Loire, comme pour les offres d’emploi en Occitanie, soutenues par la santé, le social et les services à la personne. Les autres régions dessinent un tableau nettement plus disparate :
- La Normandie et Provence-Alpes-Côte d’Azur reculent chacune de 5 %.
- La Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne affichent un repli de 2 % chacune.
- En Bretagne, la santé, le social, le BTP et la logistique soutiennent les offres.
L’intérim résiste mieux que les CDI et les CDD
Hellowork constate des baisses très inégales au troisième trimestre 2026. Le travail temporaire représente 44 % des annonces et recule de 1,8 %. Quant aux offres en CDI, elles concentrent 42 % du total, mais leur baisse atteint 4,3 %.
D’un contrat à l’autre, la résistance n’est pas la même. Du côté des contrats à durée déterminée, la baisse atteint 6,4 %, tandis que les offres en alternance frôlent la stabilité à −0,6 %. Le BTP et la construction, comme la production et la maintenance industrielle, concentrent chacun 23 % des missions d’intérim ; la logistique, le transport et la supply chain, 17 %. Leurs replis se limitent respectivement à 3 %, 1 % et 1 %.
Santé et social, une hausse de 5 % à contre-courant
Au troisième trimestre 2026, la santé et le social déjouent la tendance générale. Pour les CDI, CDD et alternances, les annonces grimpent de 5 % et représentent 15 % des offres. Portées par les besoins en soins et en accompagnement, les offres d’intérim progressent aussi de 5 % et composent 9 % des missions.
Ailleurs, plusieurs familles d’emplois voient les annonces se contracter. Le baromètre de Hellowork signale un repli des fonctions tertiaires et de plusieurs spécialités industrielles, avec des baisses parfois marquées :
- −8 % en comptabilité, gestion, finance et audit ; −7 % dans les fonctions commerciales.
- −6 % en production et maintenance industrielle.
- −8 % pour les techniciens et l’ingénierie industrielle ; −7 % dans les bureaux d’études et la R&D.
Quels métiers proposent le plus d’offres en CDI et en intérim ?
En CDI, le soin et l’aide à domicile tiennent le haut du classement. Parmi les cinq métiers les plus représentés, l’auxiliaire de vie arrive en tête, devant l’aide ménager et le collaborateur comptable. L’infirmier et le technicien de maintenance industrielle complètent le quintette, dont trois métiers relèvent du soin ou des services à la personne.
Du côté de l’intérim, la hiérarchie change, sans faire disparaître la santé. L’infirmier occupe la première place, suivi du cariste, de l’opérateur de production, de l’aide-soignant et du maçon. Le poids du soin se lit donc dans les deux classements, alors que l’intérim fait davantage ressortir la logistique, les chaînes de production et les chantiers, au rythme des besoins opérationnels des entreprises.
Les incertitudes retardent les décisions de recrutement
Depuis le second semestre 2024, les incertitudes nationales et internationales freinent les embauches, selon Hellowork. Les entreprises diffèrent leurs engagements : le report des investissements retarde les recrutements, tandis que les salariés en poste repoussent leurs projets de mobilité professionnelle. La prudence domine, sans effacer les difficultés persistantes de recrutement dans le soin, la santé, les services à la personne et certaines branches industrielles, dont la défense.
Les multiples incertitudes internationales et nationales conduisent les entreprises à reporter leurs investissements et les salariés en poste à différer leurs projets de mobilité professionnelle, alimentant la baisse des recrutements observée depuis le second semestre 2024.
David Beaurepaire, directeur délégué au développement de Hellowork
De l’IA à l’industrie, des géographies de l’emploi contrastées
De janvier à septembre 2026, les annonces dessinent des territoires contrastés. En Île-de-France se concentrent 41 % des offres exigeant de fortes compétences en intelligence artificielle et en data, contre 29,4 % des offres informatiques. Cette concentration géographique contraste avec les emplois industriels : 7,5 % des postes de l’industrie sont franciliens, contre 6,3 % en production et 7,1 % dans le BTP.
Les écarts persistent entre des métiers voisins. L’Île-de-France concentre 45,4 % des offres des métiers du marketing, contre 18,8 % dans le commerce ; la finance atteint 34,7 %, la comptabilité 12,2 %. Cette part atteint 68,5 % en publicité, 42 % en communication, 1,3 % dans l’agroalimentaire et 13,9 % en ingénierie.