Vote en prison : près de 500 bulletins de détenus non comptabilisés

L’OIP a publié mardi un communiqué déclarant que près de 500 votes de détenus n’avaient pas été pris en compte au premier tour, sur les 11 229 à avoir voté par correspondance. 

4,4% des votes par correspondances non-comptabilisés

L’Observatoire International des Prisons (OIP) a rapporté dans un communiqué que 489 des détenus à avoir voté au premier tour n’avaient pas été pris en compte. Lors de l’élection du 10 avril, 11 229 personnes avaient voté par correspondance, sur les 70 000 incarcérés des prisons françaises. C’est précisément cette méthode de vote qui semble avoir posé problème : 4,4% de ces bulletins n’ont pas été comptabilisés. L’OIP estime que la défaillance de ce système réside dans « l’administration pénitentiaire dans la procédure du vote par correspondance ». 

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« L’oubli de joindre l’attestation d’identité des personnes détenues » constitue en effet la cause principale de ce problème. L’Observatoire a par ailleurs recensé 8 cas où ce manquement administratif concernait « l’ensemble des votes exprimés ». Ce document est obligatoire dans la démarche par correspondance. Le ministère de l’Intérieur a d’ailleurs rappelé que si le détenu n’en disposait pas, il était possible qu’il soit fourni « exceptionnellement » par le directeur de la prison. Si cette faille couvre la majorité des votes non-comptabilisés, les autres causes sont « éparses » selon l’OIP. L’un des établissement a notamment égaré « une enveloppe contenant les votes d’un établissement entier ».

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« Une des rares avancées des droits des prisonniers et des prisonnières »

« Je veux que tous les détenus en France puissent exercer le droit de vote » annonçait Emmanuel Macron en 2018. C’est donc en 2019 à l’occasion des élections européennes que le vote par correspondance a été expérimenté dans les prisons. Pour l’OIP, il s’agit de « l’une des rares avancées des droits des prisonniers et des prisonnières » observée sous cette présidence. 

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Le vote par correspondance constitue donc une certaine avancée démocratique pour les détenus. Certains peuvent également voter par procuration, ou dans d’autres cas particuliers cas reçoivent une permission de sortie pour se rendre aux bureaux de votes. Sur les 70 000 détenus en France, 13 672 personnes étaient inscrites sur les listes pour cette élection. On peut donc constater que le vote par correspondance a constitué l’écrasante majorité des voix de détenus le 10 avril. L’OIP a annoncé que le personnel des prisons ont été avertis du dysfonctionnement du premier tour, afin de régler le problème. Il propose également l’éventualité d’installer des bureaux de votes directement dans les prisons à l’avenir.  

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