Pourquoi 1 salarié sur 3 laisse plus de 100€ dormir sur sa carte titres-restaurant

Par Louise Caron

Derrière la carte titres-restaurant, une petite réserve peut grossir sans bruit au fil des déjeuners reportés. Le baromètre 2026 d’Openeat chiffre ce décalage : 32 % des porteurs dépassent 100€ non consommés.

Le constat dérange, car l’aide reste appréciée et financée pour être utilisée. Interrogés dans cette étude auprès de 2 000 salariés bénéficiaires, les actifs se heurtent aux refus en caisse, aux plafonds, au télétravail et aux réflexes de carte bancaire. Une part du pouvoir d’achat alimentaire finit immobilisée. Disponible, mais absente du repas.

Plus de 100€ inutilisés, le paradoxe d’un avantage apprécié

Selon le Baromètre 2026 d’Openeat, réalisé par Selvitys auprès de 2 000 salariés français et publié à Paris le 30 avril 2026, 32 % des bénéficiaires gardent plus de 100€ sur leur carte. Derrière ce solde, les sommes non utilisées révèlent un décalage.

Le dispositif conserve une image favorable, mais l’argent reste bloqué au lieu de rejoindre le budget alimentaire. Cette réserve dormante brouille la promesse d’un avantage social pensé pour alléger les repas, pas pour s’accumuler mois après mois.

L’oubli s’installe dans les habitudes de paiement

L’étude menée en février 2026 signale un réflexe absent : 75 % des salariés déclarent oublier leurs titres-restaurant au moment de payer. Quand la note arrive, la carte bancaire ou le téléphone prennent l’avantage sur les gestes de paiement prévus par le dispositif.

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Ce raté dit beaucoup de l’intégration réelle du titre-restaurant. Une carte dédiée impose de changer de support, parfois pour quelques euros seulement ; son usage quotidien reste donc fragile, surtout lors d’un déjeuner rapide ou d’une course alimentaire sur le trajet du retour.

Refus en caisse et paiements fractionnés pèsent sur l’usage

La sous-utilisation ne vient pas seulement d’un oubli. Dans le Baromètre 2026, 61 % des répondants racontent une carte qui ne passe pas sur le terminal de paiement, avec des incidents techniques vécus au pire moment : devant la caisse, panier déjà scanné.

Le parcours se complique encore quand l’enseigne refuse le support. Openeat relève 60 % de salariés confrontés à des commerçants refusant la carte ; il faut alors sortir un autre moyen, couper la note, puis assumer un double paiement peu confortable.

Télétravail, plafond journalier, nouvelles routines alimentaires

Les repas ne ressemblent plus toujours au schéma du déjeuner pris près du bureau. Selon Openeat, 52 % des salariés en télétravail n’utilisent pas leurs titres-restaurant depuis leur domicile, alors que la dépense alimentaire existe encore, sous une autre forme.

La règle peut paraître étroite face à ces pratiques. Le plafond journalier de 25€ cadre mal avec certaines habitudes de consommation : courses groupées, repas préparés, livraisons ponctuelles ou achats décalés. Le titre reste utile, mais son emploi se heurte aux nouvelles routines.

Un soutien au pouvoir d’achat qui reste pourtant plébiscité

Malgré ces accrocs, l’attachement demeure très net. Le Baromètre 2026 indique que 87 % des salariés voient dans les titres-restaurant un appui pour leur situation financière, même lorsque les frictions d’usage les empêchent d’en profiter pleinement.

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Le contraste nourrit le débat : un outil apprécié peut perdre de sa force si son accès devient laborieux. Entre cadre réglementaire, acceptation en caisse et attente de liberté d’usage, le sujet n’est pas l’existence du titre, mais sa capacité à suivre les repas réels.

Le constat est clair : une partie du pouvoir d’achat que représentent les titres-restaurant n’est aujourd’hui pas utilisée. Non pas par manque de besoin, mais parce que l’expérience est trop complexe, trop contraignante ou inadaptée aux usages réels. C’est le pari qu’Openeat a relevé : le salarié utilise sa propre carte bancaire pour ses achats alimentaires puis la part financée par l’employeur est remboursée directement sur son compte bancaire en 24h.

Catherine Coupet, CEO d’Openeat

Openeat met en avant le paiement par carte bancaire personnelle

Openeat avance une réponse centrée sur le paiement déjà ancré dans les usages. Le salarié règle ses achats alimentaires avec sa carte bancaire personnelle, sans présenter de support spécifique en caisse ni vérifier l’acceptation d’un réseau séparé.

Selon l’entreprise, la part financée par l’employeur est reversée sur le compte du salarié en 24 heures. Ce remboursement employeur vise une gestion simplifiée côté entreprise, avec moins de rejets en caisse et moins de paiements coupés.

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