Condamné à tort, un Américain sort de prison au bout de 30 ans

Condamné pour un meur•tre qu’il n’a pas commis, Joaquin Ciria sort enfin de prison au bout de 32 ans. Le fruit d’une bataille juridique menée par The Innocence Project de Santa Clara.

Des retrouvailles chaleureuses

« C’est un heureux moment » a confié Joaquin Ciria à CBS. Après avoir passé plus de trente ans en prison, le sexagénaire est finalement libre. Condamné pour le meur•tre d’un de ses amis, Ciria a passé plus de la moitié de sa vie à clamer son innocence. C’est la Commission d’innocence du cabinet de San Francisco qui a mené une enquête permettant de le libérer, 32 ans plus tard. Après la décision finale, il a enfin pu sortir ce mercredi 20 avril en tant « qu’homme libre ». Il a embrassé ses proches, qui l’attendaient pour des retrouvailles pleines d’émotions.

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Entre deux accolades, Joaquin Ciria explique : « au début, je pensais que j’allais devenir fou ». Selon lui c’est sa « foi » qui a su le faire tenir si longtemps. « Il y en a plein d’autres derrière moi, dans la même situation » a-t-il déclaré. « Il y en a certains qui s’en sont sortis, et d’autres qui ont perdu la tête ». Il confesse s’être tourmenté pendant des années. « Je fermais les yeux, j’essayais de me persuader que c’était un mauvais rêve. Mais en les rouvrant, je voyais que c’était ma réalité. » Maintenant qu’il est libre, il désire encourager toutes les personnes dans la même situation que lui. « Tenez bon, continuez de vous battre ! » a-t-il répété, sous les applaudissements.

Une enquête faussée 

L’enquête a révélé que Joaquin Ciria n’était pas impliqué dans l’affaire de Felix Bastarrica, as•sassiné en 1991. Le cabinet d’avocat de San Francisco a détaillé l’affaire dans un communiqué. « Mr. Ciria a été condamné à partir d’un faux témoignage pour le cri•me d’un autre » a-t-il confirmé. Extraction de faux témoignage, témoin oculaire incertain… Autant d’ambiguïtés qui ont mené à trois décennies de prison pour homme innocent. L’avocat Chesa Boudin rappelle que les mauvaises condamnations sont profondément ancrées dans le système judiciaire américain. Ce sont « les familles, les victimes et les accusés » qui en paient le prix. « [Leurs] vies sont dévastées » a-t-il déploré.  

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C’est The Innocence Project de l’Université de Santa Clara qui a impulsé la reconsidération de l’affaire. Assisté par sa directrice, Linda Starr, un groupe d’étudiants en droit a travaillé sans relâche pour prouver l’innocence de Ciria. « On s’est battu pendant 20 ans pour corriger l’erreur du témoin oculaire », annonce-t-elle. Présente pour la libération de Joaquin Ciria, elle se réjouit. « C’est pour cela qu’on fait ce qu’on l’on fait. Pour ces moments incroyables ». Interrogé sur ses premières actions en tant qu’homme libre à San Francisco, Joaquin Ciria a déclaré : « Je vais manger de la nourriture cubaine – la comida cubana ! »

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