La DSN des entreprises pourra être rectifiée automatiquement par l’URSSAF

Par Frederic Becquemin

À compter de mars 2026, une anomalie laissée en suspens dans vos flux sociaux ne se contentera plus d’un simple signalement. Après alerte, la déclaration sociale nominative pourra être corrigée sans reprise manuelle.

Le virage paraît discret, il touche pourtant la paie, les droits retraite et la piste d’audit des écarts. Si aucune correction n’est déposée dans les délais, l’URSSAF pourra engager un contrôle automatisé et transmettre une DSN de substitution à l’ensemble des organismes, au nom de l’administration sociale, avec des conséquences concrètes sur les données déclarées.

Ce qui change en mars 2026 pour les déclarants DSN

À partir de mars 2026, l’Urssaf pourra rectifier elle-même une DSN laissée incohérente après signalement. La procédure passera par un CRM de rappel adressé à l’employeur sur les anomalies repérées dans les données N-1, déjà relevées mais restées sans correction.

L’employeur recevra au préalable un compte rendu lui laissant un temps de réponse formalisé. Ce courrier ouvrira un délai de deux mois ; sans retour ni correction, l’organisme appliquera une correction de substitution, avec un démarrage en mars 2026 et des DSN remplacées à compter de mai 2026.

Les données déjà dans le viseur des contrôles automatisés

Depuis le 1er janvier 2023, les CRM mensuels de l’Urssaf examinent l’exhaustivité et la conformité des DSN. Les premiers champs visés par la rectification automatique portent sur la cohérence des données, les périodes d’activité, la rémunération et les éléments qui ouvrent des droits à la retraite.

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Le dispositif poursuit un objectif de fiabilisation des droits sociaux déjà engagé. Il vise aussi à sécuriser les cotisations recouvrées, à partir de contrôles récurrents sur les points suivants.

  • l’exhaustivité des informations transmises
  • la conformité attendue par les organismes sociaux
  • les écarts entre paie produite et DSN déposée

Pourquoi les services paie perdent une part de maîtrise

Quand la DSN déposée peut être remplacée par l’administration sociale, le service paie ne décide plus seul du calendrier ni du contenu des rectifications. Cette mécanique resserre la relation avec l’URSSAF et expose l’entreprise à des corrections imposées sur des données qui servent au calcul des droits et cotisations.

Pour l’employeur, l’effet ne se limite pas au circuit interne. Il existe un risque financier si la correction modifie les montants dus ou les droits déclarés, tandis que la gestion des contestations réclame des échanges rapides, pièces à l’appui, avec l’organisme compétent.

La DSN de substitution modifie la relation entre l’entreprise et l’administration sociale.

Estelle Trichet, co-responsable du groupe de travail Social de Walter France

Avant l’envoi, pendant la paie, après le dépôt

Le travail démarre avant l’envoi de la DSN, avec une revue des contrats, affiliations et taux appliqués. Une attention particulière porte sur le paramétrage du logiciel, car une erreur de table ou de rubrique peut se répercuter sur des mois entiers.

Pendant la paie, un contrôle des bases et plafonds limite déjà bien des écarts. Après le dépôt, la lecture des CRM complète le contrôle des assiettes de cotisation, tandis que le suivi des anomalies permet de corriger ce qui a été signalé avant qu’une substitution ne soit lancée.

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