À Paris, 100 patrons de petites structures ont troqué la salle de cours classique contre un échange plus direct. Sur un campus parisien, des étudiants ont guidé des dirigeants de PME face aux outils d’intelligence artificielle, avec une promesse simple, sortir du discours abstrait.
Le dispositif bouscule les rôles sans folklore. Ce mentorat inversé relie questions de vente, recrutement, données ou documents internes à des usages concrets, déjà testables dans une PME. Pour certains participants, la découverte tient moins au logiciel qu’au déclic opérationnel. L’IA cesse d’impressionner. Elle travaille.
À Paris, cent dirigeants testent l’IA avec des étudiants
Le 16 juin, à Paris, la première édition du Printemps de l’IA des PME Île-de-France a réuni 100 dirigeants autour d’un format très pratique. Portée par OMNES Education, l’initiative a privilégié le face-à-face avec des étudiants plutôt que les présentations descendantes.
Cette rencontre pensée pour des TPE et PME cherchait à transformer la curiosité pour l’IA en pistes opérationnelles. Pour cet événement inédit, les participants ont travaillé sur leurs propres enjeux, afin de repartir avec des usages réalistes, testables dès leur retour en entreprise.
Un mentorat inversé ancré dans les métiers des PME
Le principe du mentorat inversé a donné aux jeunes un rôle d’accompagnateurs, au plus près des métiers. Les étudiants ingénieurs de l’ECE ont apporté leur regard technique, nourri par une formation en IA centrée sur les outils et leurs limites.
Face aux dirigeants, les étudiants de l’INSEEC MSc ont relié les usages à la stratégie, tandis que Sup de Pub a travaillé les contenus, la communication et la relation client. Ce partage de compétences a fait dialoguer des profils complémentaires, sans effacer l’expérience terrain des entrepreneurs.
Des ateliers pour passer des idées aux cas d’usage
L’après-midi a avancé par ateliers, avec des démonstrations liées aux problèmes apportés par les entreprises. Les équipes ont identifié des cas d’usage activables, du GEO génératif à l’automatisation de contrôles visuels, en passant par la recherche augmentée dans des documents internes.
Les dirigeants ont aussi travaillé la prospection commerciale augmentée, l’analyse de données, le recrutement assisté par IA et la simulation de scénarios. L’intérêt tenait à la granularité des exemples : améliorer un devis, préparer une relance, repérer une anomalie ou accélérer une synthèse sans bouleverser l’organisation.
Le temps et les ressources au cœur du retard des petites entreprises
Les échanges ont rappelé le décalage entre l’intérêt affiché par les petites structures et leur passage à l’action. Selon l’étude IPSOS BVA 2026 citée lors de l’initiative, 15 % des TPE et PME auraient intégré l’IA, contre 58 % des grandes entreprises, un retard numérique davantage lié aux moyens qu’à la volonté.
Le frein revient dans les témoignages : le manque de ressources, le temps limité et l’accès aux compétences pèsent sur les décisions. Pour ces dirigeants, la transformation numérique avance mieux quand un cas concret, mesurable et compatible avec l’activité quotidienne sert de point de départ.
Aujourd’hui, le principal frein des PME face à l’intelligence artificielle n’est pas le manque d’envie, mais le manque de temps et d’accès aux ressources. En mettant nos étudiants au contact direct des dirigeants, nous créons un accélérateur de transformation qui peut se prolonger demain par des stages, de l’apprentissage et des collaborations au service de leur compétitivité.
Marc-Henri Desportes, président exécutif du groupe OMNES Education
Les jeunes talents deviennent un relais pour intégrer l’IA
Au sortir des ateliers, la suite s’est dessinée autour de la présence des étudiants dans les entreprises. Ces jeunes talents peuvent aider une PME à tester un assistant, structurer une base, documenter un processus ou former une équipe à des usages ciblés.
Les passerelles envisagées restent très concrètes. Les stages en entreprise, les contrats d’apprentissage et des collaborations durables avec les écoles offriraient aux PME une manière souple d’installer ces compétences, sans créer d’emblée un service dédié à l’IA.