Le PERCO, ou plan d’épargne pour la retraite collectif, est un dispositif d’épargne salariale permettant aux salariés de se constituer progressivement un complément de revenus pour leur retraite. Il est mis en place par l’entreprise et peut être alimenté par différentes sources, comme l’intéressement, la participation, les versements personnels ou l’abondement de l’employeur.
Depuis le 1er octobre 2020, les entreprises ne peuvent plus créer de nouveau PERCO. Celui-ci a été remplacé par le plan d’épargne retraite d’entreprise collectif, également appelé PER collectif, PERECO ou PERECOL. Les PERCO déjà ouverts peuvent toutefois continuer à fonctionner et à recevoir des versements. Ils peuvent également être transformés en PER collectif sur décision de l’entreprise.
Qu’est-ce qu’un PERCO ?
Le PERCO est un produit d’épargne à long terme proposé dans le cadre professionnel. Son objectif consiste à permettre au salarié d’accumuler une épargne pendant sa vie active, puis de la récupérer au moment de son départ à la retraite.
Contrairement à un compte d’épargne classique, les sommes placées sur le PERCO sont normalement indisponibles jusqu’à la retraite. Le dispositif bénéficie néanmoins d’un cadre fiscal avantageux lorsque les conditions prévues par la réglementation sont respectées.
Le PERCO appartient à la famille des dispositifs d’épargne salariale, au même titre que le plan d’épargne entreprise, ou PEE. Cependant, le PEE est généralement bloqué pendant cinq ans, tandis que le PERCO est destiné à financer la retraite.
Qui peut bénéficier d’un PERCO ?
Un salarié peut bénéficier d’un PERCO lorsque son entreprise en possède encore un. Le plan a vocation à être ouvert collectivement aux salariés, même si une condition d’ancienneté limitée peut être prévue par son règlement.
L’adhésion reste généralement facultative. Le salarié choisit donc de verser ou non une partie de son épargne sur le plan. Le règlement peut toutefois prévoir un versement annuel minimum, qui ne peut pas dépasser 160 euros.
Lors de son arrivée dans l’entreprise, le salarié doit recevoir un livret d’épargne salariale présentant les différents dispositifs existants. Il est important de consulter ce document ainsi que le règlement du PERCO afin de connaître les frais, les supports financiers disponibles et les règles d’abondement.
Comment alimenter un PERCO ?
Plusieurs types de versements peuvent être affectés au PERCO.
L’intéressement et la participation
Le salarié peut placer tout ou partie de ses primes d’intéressement et de participation sur son PERCO. Ce choix doit généralement être effectué dans les 15 jours suivant l’information sur le montant de la prime.
Lorsqu’elles sont placées sur un plan d’épargne dans les délais prévus, ces sommes peuvent être exonérées d’impôt sur le revenu, dans la limite des plafonds applicables. En 2026, la limite commune à l’intéressement et à la participation est fixée à 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 36 045 euros.
Les versements volontaires
Le salarié peut effectuer des versements personnels sur son PERCO. Ces versements sont facultatifs et peuvent être ponctuels ou réguliers, selon les possibilités proposées par le gestionnaire.
Leur montant total est limité à 25 % de la rémunération annuelle brute. Les sommes déjà placées sur un autre dispositif d’épargne salariale puis transférées vers le PERCO ne sont toutefois pas comptabilisées dans ce plafond.
Contrairement aux versements volontaires réalisés sur certains PER plus récents, les versements personnels effectués sur un PERCO ne sont pas déductibles du revenu imposable.
Les jours de repos
Le PERCO peut également recevoir des droits inscrits sur un compte épargne-temps. En l’absence de CET, le salarié peut y affecter les sommes correspondant à certains jours de repos non pris, dans la limite de dix jours par an.
Seule la partie des congés annuels dépassant 24 jours ouvrables peut être utilisée de cette manière.
Comment fonctionne l’abondement de l’employeur ?
L’abondement correspond à une somme complémentaire versée par l’entreprise lorsque le salarié place de l’argent sur son PERCO. Il constitue l’un des principaux avantages du dispositif.
Par exemple, une entreprise peut décider de verser deux euros pour chaque euro placé par le salarié, dans la limite d’un plafond annuel. Les règles précises doivent figurer dans le règlement du plan ou dans l’accord collectif qui l’a instauré.
L’abondement ne peut pas dépasser trois fois le versement du salarié. Il est également limité à 16 % du plafond annuel de la Sécurité sociale. Pour 2026, ce plafond d’abondement s’élève à 7 689,60 euros.
L’entreprise peut aussi prévoir, sous certaines conditions, un versement d’amorçage ou des versements périodiques sans exiger de contribution préalable du salarié.
Comment l’épargne est-elle investie ?
Le PERCO doit proposer au moins trois supports financiers présentant différents niveaux de risque. Parmi eux doit figurer au moins un fonds participant au financement de l’économie sociale et solidaire.
Le salarié peut généralement choisir entre plusieurs profils : prudent, équilibré ou dynamique. Les placements les plus prudents présentent un potentiel de rendement plus limité, tandis que les supports investis davantage en actions sont plus exposés aux fluctuations des marchés.
Sauf décision contraire du salarié, l’épargne est généralement placée dans le cadre d’une gestion pilotée. Le niveau de risque diminue progressivement à mesure que la date de départ à la retraite approche. Cette stratégie vise à protéger davantage le capital lorsque le salarié se rapproche du moment où il devra récupérer son argent.
Quand peut-on récupérer l’argent du PERCO ?
En principe, l’épargne reste bloquée jusqu’au départ à la retraite. À cette date, elle est normalement versée sous forme de rente viagère. Le règlement du plan peut également autoriser une sortie totale ou partielle en capital.
Une sortie anticipée reste possible dans plusieurs situations :
- décès du salarié, de son époux ou de son partenaire de Pacs ;
- invalidité du salarié ou de certains membres de sa famille ;
- expiration des droits à l’assurance chômage ;
- situation de surendettement ;
- acquisition de la résidence principale ;
- remise en état de la résidence principale après une catastrophe naturelle.
La demande liée à l’achat ou à la remise en état de la résidence principale doit être présentée dans les six mois suivant l’événement. Pour les autres motifs, aucun délai général n’est imposé, sous réserve de fournir les justificatifs demandés.
Quelle est la fiscalité du PERCO ?
Les primes d’intéressement et de participation placées dans les délais, ainsi que l’abondement de l’employeur, bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu dans les limites réglementaires. Elles restent néanmoins soumises à certains prélèvements sociaux.
Lors d’une sortie en capital, les sommes correspondant aux versements exonérés ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu. Les gains générés par les placements restent soumis aux prélèvements sociaux.
En cas de sortie sous forme de rente, celle-ci est imposée selon le régime des rentes viagères à titre onéreux. Seule une fraction de la rente est alors imposable, en fonction de l’âge du bénéficiaire au moment du premier versement.
Faut-il conserver ou transférer son PERCO ?
Le PERCO peut rester avantageux lorsqu’il bénéficie d’un abondement généreux et de frais limités. Le salarié doit cependant comparer ses caractéristiques avec celles du PER collectif, notamment la qualité des supports, les frais, les possibilités de transfert et la fiscalité des versements volontaires.
Le transfert vers un PER collectif n’est pas toujours automatique. Il peut être décidé par l’entreprise dans le cadre d’une transformation du plan. Avant toute opération, il convient d’examiner les garanties et les coûts du nouveau dispositif.
Le PERCO demeure ainsi un outil intéressant pour préparer sa retraite, en particulier lorsque l’employeur complète les versements. Même s’il n’est plus commercialisé depuis 2020, les plans existants continuent de fonctionner et conservent leurs avantages pour les salariés qui en bénéficient.
Article informatif mis à jour en juillet 2026. Les règles fiscales et sociales peuvent évoluer et doivent être vérifiées selon la situation du salarié.