Alors que 48% des managers sont des femmes, les comités de direction restent à 24% en 2026

Par Louise Caron

En 2026, l’écart frappe par sa netteté : les femmes représentent 48 % des managers, mais leur présence tombe à 24 % dans les comités de direction. La marche finale résiste encore.

Rien ne manque pourtant du côté des viviers. Derrière la parité en entreprise, l’étude Nomination montre que l’accès aux instances dirigeantes ne suit ni la féminisation du management ni le rythme promis par la loi de mars 2026. Depuis 2020, les progrès existent, mais restent trop lents. Et c’est là que le blocage apparaît.

Un plafond de verre toujours net entre management et Codir

Publié le 10 avril 2026 par Nomination, le baromètre observe 450 000 décideurs dans les entreprises françaises de plus de 20 salariés. Le constat reste rude : les femmes représentent 48 % des managers, mais seulement 24 % des membres de Codir.

Depuis 2020, la progression depuis 2020 n’a gagné que 4 points au sommet. Le problème n’est donc pas l’absence d’un vivier de talents, mais bien un plafond de verre qui freine l’accès aux responsabilités quand il s’agit d’entrer dans les cercles de pouvoir.

Quels secteurs avancent, lesquels restent à la traîne ?

D’une activité à l’autre, l’écart reste frappant. Les chiffres de Nomination montrent que la féminisation des postes de direction ne se prolonge pas automatiquement dans les Codir, ce qui dessine de nets écarts sectoriels selon les branches.

  • Le secteur associatif affiche 50 % de femmes aux postes de direction, contre 36 % en Codir.
  • L’administration et les collectivités montent à 46 % aux postes de direction, puis 31 % en Codir.
  • Dans la banque et finance, la part féminine passe de 36 % aux postes de direction à 27 % en Codir.
  • Les transports et la logistique reculent de 32 % aux postes de direction à 17 % en Codir.
  • La tech et le BTP ferment la marche, avec 16 % de femmes en Codir.
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Le haut du classement reste loin de la parité, et l’arrière du peloton encore plus. Entre les secteurs les plus ouverts et ceux qui ferment l’accès au sommet, l’écart dépasse 20 points dans certaines configurations.

Quand les fonctions se répartissent encore selon le genre

La hiérarchie ne se féminise pas partout de la même façon. Chez les décideurs recensés par Nomination, les femmes dominent certaines fonctions support, alors que les postes liés au chiffre, au commerce ou à la technique leur restent largement fermés.

  • Les ressources humaines comptent 71 % de femmes.
  • La communication atteint 67 %.
  • La RSE monte à 60 %.
  • La direction générale reste à 21 %.
  • La direction commerciale plafonne à 24 %.
  • Les systèmes d’information, au cœur des métiers techniques, tombent à 9 %.

Cette répartition pèse sur la composition des Codir. Tant que les filières qui mènent au pouvoir exécutif demeurent moins ouvertes, le passage des postes de direction aux instances suprêmes reste limité, même quand la présence féminine progresse ailleurs.

Capitaux publics, B2C, entreprises cotées : des écarts mesurés

Le type d’entreprise joue lui aussi sur la place laissée aux femmes dans les instances de pouvoir. Nomination note des écarts visibles selon l’actionnariat, l’exposition publique et la relation au marché.

Les groupes B2C affichent 10 points de plus que les acteurs B2B. L’avantage monte à 12 points pour les structures à capitaux publics et à 5 points pour les entreprises cotées, signe qu’une gouvernance plus exposée accélère les nominations féminines.

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La loi de mars 2026 mise à l’épreuve par les chiffres

Arrivée après la loi de mars 2026, l’étude publiée le 10 avril par Nomination sert de test grandeur réelle. Le texte renforce l’index d’égalité professionnelle, la transparence salariale et les obligations des entreprises sur leurs données sociales.

Le décalage reste net. Avec 24 % de femmes en Codir en 2026, 36 % au niveau directeur en 2025 et aucun secteur à parité, les chiffres rappellent que la contrainte légale ne produit pas d’effet instantané, malgré les annonces relayées depuis Paris.

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