Tchernobyl : l’AIEA avertit d’une situation « très très dangereuse »

Une équipe d’experts s’est rendue en Ukraine afin d’approvisionner en matériel et rétablir les systèmes de surveillance dans les centrales nucléaires du pays.  

L’organisation onusienne chargée de venir en aide à l’Ukraine

En déplacement à la centrale de Tchernobyl, le président de l’International Atomic Energy Agency (AIEA), Rafael Mariano Grossi a averti d’une situation « très très dangereuse ». Ce mardi 26 avril marque le 32ème anniversaire de ce que l’Histoire retient comme la pire catastrophe nucléaire jamais connue. Avec l’invasion de l’Ukraine, les forces russes ont occupé ce terrain sensible pendant 35 jours. Ce conflit engage de nouveau une situation de danger nucléaire.

Le déplacement de l’AIEA a pour but de « livrer de l’équipement » mais aussi de « mener des évaluations radiologiques » et de « rétablir les systèmes de surveillance ». Le président de l’AIEA a déclaré que la présence de l’organisation sur place était « de la plus haute importance ». L’opération vise non seulement à soutenir l’Ukraine mais aussi à « rétablir le contrôle total » de la zone en termes de sécurité. L’équipe d’experts peut « rapidement estimer les actions à entreprendre » mais aussi « où et comment » les entreprendre, a conclut Grossi. Même si la centrale n’est plus active, le niveau de radioactivité reste préoccupant. 

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Des pics de radioactivité causés par l’invasion russe

La présence de troupes russes dans la zone a entraîné une coupure de courant de 5 jours. Cette situation a contraint la centrale de Tchernobyl à se reposer sur des générateurs de secours. En effet, elle abrite d’anciens combustibles nucléaires qui nécessitent d’être refroidis en permanence. Sans compter le fait qu’un tel espace nécessite une surveillance constante du taux de radioactivité. Or au moment de l’invasion russe, ce taux semble avoir atteint des niveaux préoccupants. « Les niveaux [de radioactivité] ont augmenté à certains moments quand les Russes amenaient dans la zone de l’équipement lourd et quand ils sont partis » a rappelé Rafael Grossi. 

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Bruno Chareyron, de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRIIRAD), a confié ses inquiétudes à Reporterre. Il explique qu’à la suite de l’invasion russe, différents capteurs ont détectés des pics élevés de radioactivité. Certains ont mesuré des valeurs jusqu’à 500 fois supérieures aux relevés habituels. « On ne sait pas s’il s’agit d’une réelle augmentation, ou d’un problème de mesure », a-t-il précisé. « Mais si la hausse est avérée, elle serait très importante ». Mais à l’heure actuelle, le niveau de radioactivité semble « dans la normale » selon Rafael Grossi. Le président de l’AIEA a également confirmé que l’organisation suivait la situation « de façon quotidienne ».

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