La taille ne fait plus toujours la cadence. Une enquête menée auprès de plus de 500 Chief Digital Officers révèle un écart discret, mais tenace, entre entreprises françaises face aux usages récents de l’IA.
Les grands groupes disposent de moyens, de juristes, de data labs et de chaînes de validation solides. Ce cadre rassure, mais il ralentit. À l’inverse, une maturité digitale plus pragmatique permet aux ETI de tester vite, puis d’ajuster l’adoption de l’IA sans comité interminable. Le terrain tranche.
Des grands groupes mieux armés pour déployer l’IA à grande échelle
Le Digital Radar 2026 d’ekino, mené avec CSA auprès de plus de 500 Chief Digital Officers d’entreprises françaises de plus de 500 collaborateurs, confirme l’avance des grands groupes sur le passage à l’échelle. Leur déploiement transversal de l’IA atteint 59 %, contre 38 % pour les ETI.
Leur force tient moins à la vitesse qu’à la profondeur d’exécution. 65 % d’entre eux signalent un impact notable, contre 43 % des ETI, avec des budgets stabilisés, des équipes data aguerries et une gouvernance structurée qui réduit les angles morts techniques.
Pourquoi les ETI expérimentent plus vite les technologies récentes
Le même rapport dessine pourtant une surprise dès que l’on regarde les usages récents. Les ETI se montrent plus promptes sur l’IA agentique : 49 % l’utilisent déjà, contre 37 % des grands groupes, grâce à une capacité d’expérimentation plus directe.
Cette avance vient d’une chaîne de décision plus courte, où la proximité décisionnelle rapproche direction, métiers et équipes numériques. Leur patrimoine data paraît moins fragmenté, donc la dette technique freine moins les tests ; 14 % visent une transformation du modèle économique par l’IA, contre 5 % des grands groupes, et 23 % se disent très avancées sur la souveraineté des données, contre 18 %.
Quatre leviers pour passer des tests à l’industrialisation
Le passage du pilote au déploiement ne repose pas sur la seule curiosité technologique. Les ETI les plus efficaces resserrent le champ, confient les cas d’usage à une équipe dédiée, citée par 37 %, puis suivent des indicateurs lisibles.
Le financement et l’appui interne font la différence. Les CDO interrogés par ekino et CSA mentionnent un budget spécifique dans 27 % des cas, le soutien du dirigeant à 26 % et l’alignement avec les enjeux métiers à 25 %, afin que les prototypes débouchent sur des usages durables.