Les employeurs cherchent moins des lignes parfaites que des preuves concrètes d’envie. Quand les besoins d’aide explosent, le tri classique perd son pouvoir sur le terrain.
Le pari peut vous sembler simple, mais il change la porte d’entrée vers ces métiers. À Bry-sur-Marne et dans plusieurs communes, le Val-de-Marne expérimente un recrutement sans CV avec O2, France Travail et le Département, pour repérer des candidats par leur motivation, les former aux gestes professionnels, puis viser un CDI dans les services à domicile. Diplôme absent, parcours heurté, reconversion tardive, rien n’écarte d’emblée. Le CV sort du cadre.
Une pénurie de main-d’œuvre qui oblige à revoir les critères
Dans le Val-de-Marne, l’aide à domicile, l’entretien du logement et l’accompagnement des personnes âgées créent des besoins que les agences peinent à couvrir. Le vivier qualifié se resserre, révélant une pénurie de main-d’œuvre qui touche le quotidien des familles comme des intervenants.
Le réflexe du CV montre ici ses limites. Dans les services à la personne, les difficultés de recrutement poussent à regarder les aptitudes réelles, la disponibilité et la relation de confiance. Pour ces métiers en tension, l’expérience passée ne suffit plus à prédire une présence fiable au domicile.
Le Val-de-Marne mise sur la motivation plutôt que sur l’expérience
Du 20 avril au 12 juin 2026, le dispositif vise 36 recrutements en CDI dans le Val-de-Marne. Il ouvre la porte à des candidats motivés, dont des profils débutants ou éloignés de l’emploi, sans faire du parcours écrit le premier barrage.
- repérage fondé sur l’engagement et la disponibilité ;
- découverte concrète des missions au domicile ;
- préparation à une entrée en poste en juin 2026.
Le principe paraît simple, presque déroutant pour des employeurs habitués aux dossiers classiques. Le repérage s’appuie sur l’assiduité, l’envie d’apprendre et le savoir-être professionnel : ponctualité, respect du domicile, écoute, discrétion. Un CV léger ne ferme donc plus la discussion.
Formation, secourisme et accompagnement au cœur du parcours
Entre le 11 mai et le 4 juin 2026, les participants testent le métier avant l’embauche, au plus près des situations de domicile. La formation technique couvre les gestes d’entretien, l’organisation des visites et les repères liés à la relation avec le client.
- découverte des tâches d’entretien et d’aide au quotidien ;
- initiation au secourisme ;
- travail sur la posture professionnelle ;
- préparation aux entretiens et à la prise de poste.
Le parcours ne se limite pas aux gestes ménagers. L’initiation aux premiers secours complète un accompagnement collectif pensé pour préparer l’entretien, lever les freins pratiques et sécuriser l’intégration professionnelle en CDI. La promesse se veut concrète : entrer dans le poste sans découvrir seul ses exigences.
O2, France Travail et le Département coordonnent une réponse locale
Le montage rassemble des acteurs qui connaissent les besoins du territoire et les freins des demandeurs d’emploi. L’Entreprise Éphémère Solution sert de cadre, avec France Travail au financement de la préparation opérationnelle et le Département du Val-de-Marne pour l’ancrage local.
La marque employeuse apporte les postes et la projection vers l’embauche. O2, fondée en 1996, devenue entreprise à mission en 2024, revendique près de 600 agences en France et à l’international, et célèbre ses 30 ans en 2026. Une rencontre est annoncée le 22 mai à Bry-sur-Marne.
Un modèle qui interroge les pratiques de recrutement dans les métiers en tension
Après cinq éditions en région PACA et une en Seine-Saint-Denis, l’expérimentation arrive dans le Val-de-Marne avec une lecture très concrète du marché du travail. Les résultats annoncés par les Entreprises Éphémères approchent 80 % de retour à l’emploi dans les six mois.
Ce déplacement du regard change la discussion entre employeur et candidat. L’inclusion professionnelle passe par les compétences comportementales, la formation courte et un suivi après l’embauche. Avec 93 % de stagiaires déclarant recommander l’expérience, le dispositif cherche aussi à sécuriser les prises de poste.