À l’approche de l’été, les employeurs remettent en route la machine des renforts dans l’hôtellerie, l’agriculture, le commerce ou la logistique. Cette année, la mécanique grippe plus tôt que prévu.
Les affiches s’accumulent, les candidatures moins vite. Derrière des besoins estivaux toujours élevés, la pénurie de candidats laisse des équipes incomplètes et multiplie les postes non pourvus, même dans des métiers qui embauchaient sans trop peiner il y a peu, pour bien des employeurs. Et soudain, l’été paraît très loin
Les besoins explosent dans cinq secteurs clés
Le 30 mars 2026, à Paris, Staff & Go dresse une photographie très nette de l’été à venir. Sous l’effet des pics d’activité estivaux, cinq branches concentrent près de 467 600 projets, signe de besoins de main-d’œuvre massifs mais très dispersés d’une entreprise à l’autre.
L’hébergement-restauration mène avec 190 300 projets, devant l’agriculture à 171 700, puis le commerce de détail à 61 400, l’agroalimentaire à 25 300 et les transports-entreposage à 19 000. Le tissu reste fragmenté puisque 41 % des recruteurs visent moins de 10 postes, et 13 % entre 10 et 49.
- Hôtellerie et restauration : 190 300 projets
- Agriculture : 171 700 projets
- Distribution : 61 400 projets
- Industrie agroalimentaire : 25 300 projets
- Transports et entreposage : 19 000 projets
Pourquoi tant d’employeurs ne bouclent-ils pas leurs recrutements ?
Le décalage entre intentions et résultats ressort avec précision. Parmi les entreprises qui ont recruté des saisonniers, 53 % disent avoir tout pourvu. Les autres, soit 47 %, font face à des difficultés d’embauche qui freinent la campagne sans toujours la bloquer.
La panne totale reste minoritaire. Staff & Go relève surtout une couverture partielle des postes : 21 % n’atteignent que 75 % de leurs besoins, 13 % la moitié, 5 % un quart, quand 8 % ne recrutent personne. Cette lecture traduit une tension sur l’emploi diffuse plutôt qu’un arrêt complet.
La proximité reste le moteur des embauches
Au moment d’ouvrir des postes, les employeurs s’appuient en premier sur les viviers proches. Les anciens saisonniers fidélisés arrivent en tête à 49 %, devant les candidatures spontanées à 42 % et le bouche-à-oreille local à 38 %.
Cette hiérarchie montre quels canaux de recrutement tiennent quand l’été accélère. Derrière, la cooptation pèse 27 %, les réseaux sociaux 25 %, les sites d’emploi 22 %, France Travail 21 % et les plateformes ou applications 17 %, loin devant les cabinets, limités à 5 %.
| Voie utilisée | Part des entreprises |
|---|---|
| Réembauche | 49 % |
| Dépôts directs | 42 % |
| Réseau local | 38 % |
| Cooptation | 27 % |
| Réseaux sociaux | 25 % |
| Sites d’emploi | 22 % |
| France Travail | 21 % |
Que pèse vraiment l’administratif dans une embauche saisonnière ?
Les chiffres recueillis par Staff & Go montrent un poids très concret pour les équipes. Pour une seule embauche, 67 % des répondants consacrent plus de 30 minutes aux formalités d’embauche, et 33 % dépassent une heure, preuve d’une charge administrative loin d’être marginale.
Quand montent les pics de recrutement, le volume de contrats fait grimper la facture. Staff & Go estime qu’une entreprise qui recrute 100 saisonniers peut y passer jusqu’à 125 heures, soit près de trois semaines retirées au suivi RH, aux échanges avec les managers et au terrain.
- Moins de 10 minutes : 6 %
- De 10 à 30 minutes : 27 %
- De 31 à 60 minutes : 34 %
- De 61 à 90 minutes : 22 %
- Plus de 90 minutes : 11 %
Des erreurs concentrées sur les contrats et les formalités préalables
Les fragilités se concentrent sur quelques étapes bien repérées. La rédaction des contrats arrive en tête à 27 %, devant la DPAE et les formalités préalables à 22 %, deux moments où le risque d’oubli réglementaire monte vite quand les volumes s’accumulent.
Les sorties de saison réclament la même vigilance. La gestion des entrées et départs, avec les soldes de tout compte, représente 17 % des réponses, devant le suivi RH à 15 %, la collecte des pièces à 10 % et la gestion des mineurs à 9 %.
| Point de fragilité | Part des réponses |
|---|---|
| Contrats | 27 % |
| Déclaration préalable et démarches initiales | 22 % |
| Entrées et sorties de mission | 17 % |
| Suivi RH pendant la saison | 15 % |
| Pièces justificatives | 10 % |
| Gestion des salariés mineurs | 9 % |
Les mineurs peuvent-ils combler une partie du manque ?
La piste existe, mais elle reste étroite. Seules 25 % des entreprises recourent déjà à l’embauche de mineurs, tandis que 43 % citent en premier les contraintes légales et administratives, qui allongent les démarches et limitent la marge de manœuvre des employeurs.
Le frein ne tient pas qu’au droit. Pour 38 % des répondants, les missions proposées conviennent mal ; 35 % évoquent des horaires incompatibles, 29 % l’autonomie attendue, 28 % la disponibilité incomplète sur la saison et 23 % les besoins d’encadrement qu’il faut absorber.
Le cas ACA montre un allègement net de la charge RH
Le retour d’expérience de la SARL ACA donne une mesure concrète des gains. Au sein du groupe ACA, franchisé Intersport fort de 14 magasins, les saisonniers représentent jusqu’à 80 % des recrutements sur certaines périodes, avec des pics pouvant atteindre 150 embauches.
Julie Ferras, gestionnaire RH, décrit un dispositif appuyé sur l’automatisation RH. Le résultat tient à la fois à la conformité sociale mieux sécurisée et à une division du temps administratif par 7, avec moins d’erreurs sur les contrats, les déclarations préalables et les sorties.