Le diplôme perd de son pouvoir rassurant quand l’IA entre dans les calculs d’avenir. Avant même le premier contrat, une inquiétude étudiante s’installe.
Selon un sondage OpinionWay pour Chance, 61 % des 18-24 ans interrogés se disent inquiets, tandis que 50 % redoutent un remplacement de leur métier. Pour beaucoup, le marché du travail n’est plus seulement une promesse d’émancipation, mais un filtre technique posé sur leur futur professionnel. Avant l’entretien, le doute tranche.
Un sondage qui mesure l’inquiétude des 18-24 ans
À Paris, le 1er juin 2026, Chance a publié un sondage OpinionWay réalisé auprès de 513 répondants âgés de 18 à 24 ans. L’étude donne une photographie nette des étudiants français face à l’intelligence artificielle, au moment où leur avenir professionnel se dessine.
Les données de mai 2026 révèlent un malaise déjà installé. 61% des répondants se disent inquiets pour leur futur professionnel, 50% redoutent que l’IA remplace le métier visé, et 77% anticipent un marché plus compétitif pour les jeunes diplômés.
Le remplacement par l’IA hante déjà le choix du métier
Le signal le plus frappant tient en une proportion simple. Un étudiant sur deux associe le remplacement par l’IA à un risque concret pour le métier qu’il vise, bien avant d’avoir signé son premier contrat ou rencontré un recruteur.
Cette inquiétude pèse sur le choix du métier, avec un doute qui dépasse la curiosité technologique. Derrière la crainte professionnelle, les 18-24 ans questionnent la solidité de leur parcours, la valeur de leur diplôme et leur capacité à se projeter sans renoncer trop tôt.
Le premier emploi devient un seuil plus difficile à franchir
La barrière ne se situe pas seulement à la fin des études. Le premier emploi concentre les tensions, car 77% des répondants redoutent une concurrence accrue, dont 32% avec une réponse très nette. La recherche d’emploi paraît déjà plus rude pour 59% d’entre eux, avant même l’entrée dans la vie active.
Il y a une urgence sociétale à les soutenir.
Ludovic de Gromard, cofondateur de Chance.co
Des étudiants informés, mais trop peu formés aux usages concrets
Les répondants ne découvrent pas le sujet au dernier moment. 60% déclarent être suffisamment informés sur l’impact de l’IA dans leur futur métier, mais la formation aux outils reste trop fragile, puisque 51% ne se sentent pas préparés aux usages concrets.
Le décalage apparaît aussi dans le regard porté sur les cursus. 57% jugent les établissements en retard face aux enjeux liés à l’IA, tandis que 58% estiment leur formation peu adaptée aux réalités du marché du travail.
L’IA reste aussi un atout pour accéder au marché du travail
Le sondage ne décrit pas une génération fermée à l’intelligence artificielle. Pour 67% des étudiants, savoir utiliser ces technologies devient une compétence attendue afin de trouver un poste dans leur domaine, un avis exprimé très nettement par 29% des répondants.
Ce versant plus favorable compte dans la lecture des résultats. 63% pensent que les outils d’IA peuvent accélérer l’accès à l’emploi, en particulier si l’accompagnement suit. L’insertion professionnelle se joue donc entre peur du déclassement et apprentissage utile.
Chance.co lance First Chance avec le soutien de Google.org
Face à ce diagnostic, Chance.co annonce First Chance, destiné à 100 000 étudiants. Ce programme gratuit combine accompagnement, orientation professionnelle sur mesure et connexions solidaires vers le premier emploi, pour aider les jeunes à transformer leurs inquiétudes en démarches concrètes.
Google.org soutient l’initiative avec un financement de 10 M$. Chance.co prévoit un déploiement en France et dans 22 pays de la zone EMEA d’ici 2028, afin de faire changer d’échelle un dispositif pensé pour les 18-24 ans.